L’Apocalypse à Ormuz : Quand Trump joue les prophètes
Alors que Donald Trump brandit la menace d’une apocalypse imminente pour l’Iran, les préparatifs militaires se poursuivent, laissant entrevoir une danse macabre sur le détroit d’Ormuz.
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Dans un monde où la diplomatie semble avoir pris des vacances prolongées, Donald Trump, en véritable chef d’orchestre de la guerre, menace l’Iran de représailles apocalyptiques si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert dès mercredi. Pendant ce temps, Israël et les États-Unis s’activent sur plusieurs fronts, transformant la région en un véritable terrain de jeu militaire. Qui aurait cru que la paix pouvait être aussi bruyante ?
Ce qui se passe réellement
Pendant que Donald Trump menace l’Iran de l’apocalypse s’il ne rouvre pas le détroit d’Ormuz dès mercredi, les négociations comme les préparatifs militaires se sont poursuivis sur plusieurs fronts, afin d’isoler de plus en plus l’Iran. Israël a notamment frappé nombre de points névralgiques sur le réseau ferré et les voies routières avec la destruction d’une petite dizaine de ponts, tandis que les Américains frappaient à nouveau des objectifs militaires sur l’île de Kharg, qui abrite les installations pétrolières de l’Iran. Cet ensemble de frappes semble préparer un possible débarquement terrestre, en coupant les voies permettant aux Iraniens d’envoyer des renforts dans le golfe Persique et d’aborder l’île de Kharg.
Les efforts français tombent à l’eau
Pendant ce temps à New York, après trois semaines d’intenses négociations, le Conseil de sécurité s’est réuni pour voter un projet de résolution pour demander la réouverture du détroit d’Ormuz et condamner les « pratiques inacceptables de l’Iran » pour essayer « d’asphyxier économiquement les peuples du monde », comme l’a déclaré le représentant de Bahreïn à l’ONU.
Sans succès. La Chine et la Russie ont voté contre la résolution, qui aurait exigé que l’Iran mette fin « immédiatement » à toutes les attaques qu’il mène contre les navires marchands ainsi qu’à toute entrave du passage en transit dans le détroit d’Ormuz.
Le texte, parrainé par Bahreïn et soutenu par les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, était pourtant, après trois semaines de travaux, moins offensif que ne le souhaitaient au départ les Etats du Golfe. Ces derniers voulaient obtenir l’ouverture du chapitre 7, qui autorise l’usage de la force pour garantir leur liberté de circulation dans le golfe Persique.
VIDEO – Le blocage du détroit d’Ormuz pourrait coûter très (très) cher
La France a plaidé pour la prudence et travaillé avec les Etats du Golfe à une version moins guerrière afin d’écrire un texte plus défensif qu’offensif, au risque d’être accusée par les belligérants américain et israélien de s’aligner sur Pékin et Moscou.
De fait, le président Emmanuel Macron juge « irréaliste » la seule option militaire pour assurer l’ouverture du détroit d’Ormuz. L’analyse de terrain réalisée par les militaires montre qu’en cas de militarisation du trafic maritime, les risques sont importants et qu’un très petit nombre de marines professionnelles sont capables d’y faire face, dont celle de la France, seule disponible à court terme dans le détroit d’Ormuz.
Au-delà des considérations de terrain, la France espérait qu’en atténuant la portée militaire de la résolution, elle aurait des chances d’être adoptée. En vain, Moscou et Pékin maintiennent la pression sur Washington.
« La France déplore la non-adoption d’un texte qui méritait l’appui de tous les Etats du Conseil de sécurité », a riposté Jérôme Bonnafont, ambassadeur à l’ONU, en condamnant les vétos de la Chine et de la Russie. La France continuera à travailler à une coalition internationale pour rétablir la liberté de navigation du détroit d’Ormuz pour rétablir le droit de la mer.
Un dangereux précédent
Si jamais l’Iran parvenait à imposer sa logique, à savoir imposer un péage et son contrôle sur le détroit d’Ormuz, cela ouvrirait une boîte de Pandore dans le monde entier, au risque de mettre encore des bâtons dans les roues de l’économie mondiale. Aucun pays n’y est favorable, à l’exception de Donald Trump qui a évoqué, lundi, la possibilité de prélever une redevance pour les Etats-Unis sur les navires qui traversent le détroit.
Parmi les autres détroits essentiels des échanges mondiaux, on trouve le détroit de Malacca qui voit passer environ 20 % du trafic mondial maritime et qui dépend de l’Indonésie, la Malaisie et Singapour. Il y a aussi le détroit Bab El-Mandeb, qui pourrait devenir un outil de guerre. En moyenne, 4,5 millions de barils de pétrole y passent encore chaque jour. Autour de ce détroit, on trouve Djibouti, le Yémen, l’Erythrée. On peut aussi évoquer le Bosphore et les Dardanelles, la route de sortie de la mer Baltique près du Danemark, le passage de Taïwan, etc.
Si on peut imaginer des mécanismes pour garantir le passage des engrais dans le détroit d’Ormuz afin de sauver la situation alimentaire mondiale, comme il avait été négocié dans la mer Noire pour sortir les blés ukrainiens, il n’est pas question d’aller vers des droits de passage maritime. Cela aurait un effet considérable sur le commerce international. En dépit des avertissements des Gardiens de la révolution qui menaçaient encore ce mardi d’appliquer un « nouvel ordre dans le golfe Persique ».
Déçu, Bahreïn a mis en garde : « L’inaction du Conseil de sécurité va encourager des conduites irresponsables. »
Pourquoi cela dérange
Les incohérences entre les discours de paix et les actions militaires sont frappantes. D’un côté, on prône la liberté de navigation, de l’autre, on prépare des frappes militaires. Qui a dit que la paix était synonyme de tranquillité ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences directes de cette escalade militaire pourraient être désastreuses, non seulement pour l’Iran, mais aussi pour l’économie mondiale. Un péage imposé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz pourrait entraîner une hausse des prix du pétrole et perturber les chaînes d’approvisionnement.
Lecture satirique
Alors que Trump se prend pour un prophète de l’apocalypse, les véritables enjeux sont bien plus terre-à-terre. Les promesses de liberté de navigation se heurtent à la réalité d’une militarisation croissante. Ironiquement, les pays qui prônent la paix sont souvent ceux qui brandissent les armes les plus bruyantes.
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires d’autres régimes, où le discours de paix est souvent utilisé comme un écran de fumée pour justifier des actions militaires. L’ironie est que ces discours sont souvent les mêmes qui condamnent les actions d’autres pays.
À quoi s’attendre
À court terme, on peut s’attendre à une intensification des tensions dans la région, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour l’économie mondiale. Les acteurs internationaux devront naviguer avec prudence dans ces eaux tumultueuses.


