Aksil Ouali
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13 Avril 2026•Mise à jour: 13 Avril 2026
AA / Alger / Aksil Ouali
Le parlement algérien a achevé le processus d’adoption de la loi criminalisant le colonialisme français en Algérie (1830-1962).
La dernière étape avant la promulgation de ce texte était le vote des membres du sénat, chambre haute du parlement, qui ont validé, dimanche soir, la nouvelle mouture du texte.
Celle-ci a été élaborée par une commission paritaire, composée des membres des deux chambres, qui a revu le contenu d’une quinzaine d’articles objet de désaccord.
Dans une déclaration à l’issue de l’adoption, le ministre des Moudjahidine, Abdelmalek Tacherift, a qualifié ce texte de « réponse suprême du peuple algérien, à travers ses représentants, au colonisateur d’hier et à ses fanatiques, dont les prédécesseurs ont commis contre notre terre et notre peuple des crimes qui horrifient la mémoire humaine et resteront une malédiction historique hantant les occupants ».
Après avoir rappelé que « le droit à la mémoire est imprescriptible », le ministre a réitéré que « l’Algérie victorieuse garantit le recouvrement des droits par la solidité de la législation et l’ancrage de l’État de droit ».
Il a également salué les efforts de la commission paritaire et sa contribution à « renforcer la formulation de ce texte législatif afin d’en faire un arsenal juridique solide et un rempart pour la mémoire nationale, à l’abri de toute interprétation ».
Pour rappel, la commission paritaire, s’est focalisée, dans son rapport, sur « la précision des terminologies, la levée de toute ambiguïté éventuelle et l’harmonisation entre les différents articles, en conformité avec la démarche visant à consacrer la position souveraine de l’État algérien dans le dossier de la mémoire », ce texte traduisant « le passage de la revendication de reconnaissance officielle des crimes coloniaux du registre de l’engagement moral ou symbolique vers un cadre juridique et institutionnel clair ».
Elle a également veillé à « encadrer les responsabilités historiques et juridiques de manière à refléter la gravité des violations commises pendant la période coloniale et à établir une approche juridique solide fondée sur la reconnaissance de la vérité, l’équité et la préservation des droits, conformément à la position officielle constante de l’Etat concernant le traitement du dossier de la mémoire ».
A la clôture de la séance, le président du Conseil de la nation a mis en avant l’importance de cette loi qui « n’était pas une manœuvre politique, mais une nécessité nationale », a-t-il affirmé, considérant que son adoption constitue « un hommage de l’Algérie victorieuse aux sacrifices et aux hauts faits de ses martyrs et moudjahidine ».
L’adoption de cette loi intervient dans un contexte marqué par une crise diplomatique aiguë entre l’Algérie et la France qui dure depuis l’été 2024. Les relations entre les deux pays sont également minées par le contentieux historique, lié à la période coloniale.
L’Algérie se dote d’une loi contre le colonialisme : un acte de mémoire ou un coup de com’ ?
Le parlement algérien a adopté une loi criminalisant le colonialisme français, mais derrière cette noble intention, se cache peut-être une manœuvre politique bien plus cynique.
INTRODUCTION : Alors que le monde semble avancer à grands pas, l’Algérie choisit de faire un bond en arrière en adoptant une loi qui criminalise le colonialisme français. Une belle déclaration d’intention, n’est-ce pas ? Mais à y regarder de plus près, cette initiative pourrait bien être un écran de fumée pour masquer des réalités bien moins reluisantes.
Ce qui se passe réellement
Le parlement algérien a achevé le processus d’adoption de la loi criminalisant le colonialisme français en Algérie (1830-1962). La dernière étape avant la promulgation de ce texte était le vote des membres du sénat, chambre haute du parlement, qui ont validé, dimanche soir, la nouvelle mouture du texte. Celle-ci a été élaborée par une commission paritaire, composée des membres des deux chambres, qui a revu le contenu d’une quinzaine d’articles objet de désaccord. Dans une déclaration à l’issue de l’adoption, le ministre des Moudjahidine, Abdelmalek Tacherift, a qualifié ce texte de « réponse suprême du peuple algérien, à travers ses représentants, au colonisateur d’hier et à ses fanatiques, dont les prédécesseurs ont commis contre notre terre et notre peuple des crimes qui horrifient la mémoire humaine et resteront une malédiction historique hantant les occupants ». Après avoir rappelé que « le droit à la mémoire est imprescriptible », le ministre a réitéré que « l’Algérie victorieuse garantit le recouvrement des droits par la solidité de la législation et l’ancrage de l’État de droit ». Il a également salué les efforts de la commission paritaire et sa contribution à « renforcer la formulation de ce texte législatif afin d’en faire un arsenal juridique solide et un rempart pour la mémoire nationale, à l’abri de toute interprétation ». Pour rappel, la commission paritaire s’est focalisée, dans son rapport, sur « la précision des terminologies, la levée de toute ambiguïté éventuelle et l’harmonisation entre les différents articles, en conformité avec la démarche visant à consacrer la position souveraine de l’État algérien dans le dossier de la mémoire », ce texte traduisant « le passage de la revendication de reconnaissance officielle des crimes coloniaux du registre de l’engagement moral ou symbolique vers un cadre juridique et institutionnel clair ». Elle a également veillé à « encadrer les responsabilités historiques et juridiques de manière à refléter la gravité des violations commises pendant la période coloniale et à établir une approche juridique solide fondée sur la reconnaissance de la vérité, l’équité et la préservation des droits, conformément à la position officielle constante de l’Etat concernant le traitement du dossier de la mémoire ». À la clôture de la séance, le président du Conseil de la nation a mis en avant l’importance de cette loi qui « n’était pas une manœuvre politique, mais une nécessité nationale », a-t-il affirmé, considérant que son adoption constitue « un hommage de l’Algérie victorieuse aux sacrifices et aux hauts faits de ses martyrs et moudjahidine ». L’adoption de cette loi intervient dans un contexte marqué par une crise diplomatique aiguë entre l’Algérie et la France qui dure depuis l’été 2024. Les relations entre les deux pays sont également minées par le contentieux historique, lié à la période coloniale.
Pourquoi cela dérange
Cette loi, bien qu’elle semble être un acte de justice historique, soulève des questions. Pourquoi maintenant ? Est-ce vraiment pour honorer la mémoire des victimes ou pour détourner l’attention des problèmes internes ? La rhétorique du ministre Tacherift, qui parle de « réponse suprême » et de « malédiction historique », semble plus adaptée à un discours de campagne qu’à une véritable démarche législative.
Ce que cela implique concrètement
Sur le papier, cette loi pourrait renforcer la mémoire nationale et établir un cadre juridique pour traiter les crimes coloniaux. Mais dans la pratique, qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Une loi sans application concrète risque de devenir un simple symbole, une belle vitrine pour un gouvernement qui peine à résoudre les problèmes quotidiens de ses citoyens.
Lecture satirique
Ah, le droit à la mémoire, « imprescriptible », comme le dit si bien le ministre. Mais qu’en est-il du droit à une vie décente pour les Algériens d’aujourd’hui ? Pendant que le gouvernement s’attaque aux fantômes du passé, les véritables défis du présent sont soigneusement évités. Une belle manière de gagner du temps, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres régimes autoritaires qui utilisent la mémoire historique comme un outil de contrôle. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, les gouvernements semblent avoir un talent particulier pour transformer des questions de mémoire en instruments de propagande. L’Algérie, elle, ne fait que suivre cette triste tendance.
À quoi s’attendre
À court terme, cette loi pourrait renforcer le nationalisme algérien et exacerber les tensions avec la France. À long terme, elle pourrait devenir un sujet de débat stérile, sans véritable impact sur la vie des Algériens, si le gouvernement ne s’attaque pas aux problèmes structurels qui minent le pays.
Sources




