L’Algérie : Quand la diplomatie se transforme en chasse aux fantômes

Plus de 110 millions de dollars récupérés, mais à quel prix ? Entre promesses et réalité, la traque des fonds détournés semble être un véritable parcours du combattant.

Le 5 avril, lors d’un Conseil des ministres qui aurait pu être un simple rendez-vous administratif, l’Algérie a annoncé la restitution prochaine de plus de 110 millions de dollars, soit 94 millions d’euros, grâce à des accords avec la Suisse et l’Espagne. Une belle victoire pour la diplomatie algérienne, qui, à défaut de ramener les fonds en un claquement de doigts, semble se contenter de quelques miettes. Mais, ne nous y trompons pas, cette avancée est le fruit d’un processus aussi laborieux qu’un marathon bureaucratique.

Ce qui se passe réellement

Cette restitution est le résultat d’un examen d’une vingtaine de dossiers, dont seulement quatre ont été « définitivement traités ». Ces fonds, spoliés par le régime de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, ont été transférés vers des destinations exotiques, comme des paradis fiscaux en Suisse et au Luxembourg. Le président actuel, Abdelmadjid Tebboune, a même annoncé la restitution d’un hôtel cinq étoiles en Espagne, propriété d’Ali Haddad, le « président du cartel financier » de l’ancien régime. Un vrai feuilleton à rebondissements !

Pourquoi cela dérange

Ce qui est dérangeant, c’est la lenteur de ce processus. Pendant que les Algériens attendent la restitution de leur argent, la diplomatie algérienne se transforme en un spectacle de marionnettes, où les véritables acteurs du pillage restent souvent dans l’ombre. La traque des membres du « gang » qui a pillé le Trésor public semble plus être une chasse aux fantômes qu’une véritable opération de justice.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette lenteur sont multiples. D’un côté, la population algérienne, qui espérait un retour rapide de ces fonds pour améliorer son quotidien, se retrouve face à des promesses qui s’éternisent. De l’autre, la réputation de la diplomatie algérienne est mise à mal, car les accords avec des pays comme la Suisse et l’Espagne ne suffisent pas à masquer l’inefficacité du système judiciaire local.

Lecture satirique

Il est ironique de voir la diplomatie algérienne se vanter d’une « activité soutenue » dans la traque des fonds détournés, alors que le pays est encore en proie à des problèmes économiques majeurs. On pourrait presque croire que les membres du gang se cachent derrière des murs invisibles, rendant leur capture aussi probable que celle d’un mirage dans le désert. Pendant ce temps, les discours politiques résonnent comme des promesses électorales : pleins de bonnes intentions, mais souvent déconnectés de la réalité.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec d’autres régimes autoritaires. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, la lutte contre la corruption est souvent plus un slogan qu’une réalité. Les promesses de transparence et de justice se heurtent à des systèmes qui, comme en Algérie, semblent préférer le statu quo à l’action.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que cette traque des fonds détournés continue d’être un sujet de discours, mais peu d’actions concrètes. Les Algériens devront donc s’armer de patience, car la route vers la justice semble encore semée d’embûches.

Sources

Source : www.courrierinternational.com

Visuel — Source : www.courrierinternational.com
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