Après avoir condamné, le 12 mars dernier, le groupe Yves Rocher pour manquement à son devoir de vigilance au sein de sa filiale turque, la justice française va-t-elle à nouveau frapper un grand coup contre le « cynisme » des multinationales en sanctionnant durement la société Lafarge, et huit de ses anciens cadres, poursuivis pour financement du terrorisme ? Malgré l’organisation d’une journée « justice morte », ce lundi 13 avril, pour protester contre la loi Darmanin sur la justice criminelle, c’est bien ce même jour que doit être rendue la décision du tribunal correctionnel dans cette affaire emblématique.
Table Of Content
- 4,7 millions d’euros versés à des groupes terroristes
- « Un choix purement économique, ahurissant de cynisme »
- Le média que les milliardaires ne peuvent pas s’acheter
- Ce qui se passe réellement
- 4,7 millions d’euros versés à des groupes terroristes
- « Un choix purement économique, ahurissant de cynisme »
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
4,7 millions d’euros versés à des groupes terroristes
L’entreprise française Lafarge, absorbée depuis par le géant suisse Holcim, est poursuivie pour le versement en 2013-2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d’euros (4,7 selon les calculs de l’accusation) à des groupes jihadistes armés afin de maintenir, malgré le chaos qui touchait la Syrie à cette période, l’activité de sa cimenterie de Jalabiya, située dans le nord du pays.
« C’est l’histoire d’un dérapage, d’un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l’industrie française, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée : mercantile », avait tonné le parquet national antiterroriste (Pnat) dans ses réquisitions en décembre dernier.
En conséquence, celui-ci avait requis à l’encontre de la multinationale l’amende maximale de 1,125 million d’euros ainsi qu’une confiscation partielle du patrimoine à hauteur de 30 millions d’euros. Presque un coup d’épée dans l’eau pour une entreprise qui a déjà versé aux États-Unis pas moins de 778 millions de dollars, après un accord de plaider-coupable signé en 2022.
« Un choix purement économique, ahurissant de cynisme »
Contre l’ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui nie farouchement avoir été au courant des versements illicites, le parquet a demandé six ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt différé mais sans exécution provisoire. Le Pnat estime que Bruno Lafont était bien informé et qu’il a « donné des directives claires » pour maintenir l’activité de l’usine, « un choix purement économique, ahurissant de cynisme ».
Le parquet avait aussi fustigé le « positionnement fuyant, pusillanime », voire « lâche » de l’accusé, quand il avait assuré à l’audience ne pas avoir lu cette note de 2013 évoquant la situation critique en Syrie, Égypte, Nigeria et Irak, mais « seulement la page consacrée au logiciel organisant les déplacements professionnels des salariés du groupe ». « Vous avez le choix de votre ligne de défense, mais elle ne vous honore guère et même, elle fait injure à votre intelligence », avait cinglé l’accusation. Pour les autres accusés de ce procès, des peines de 18 mois à huit ans de prison ont été requises.
Avant le jugement de ce lundi, les associations Sherpa et ECCHR, qui avaient accompagné les onze anciens salariés syriens de Lafarge dans leur dépôt de plainte il y a dix ans, ont souligné « l’importance de cette affaire et de la décision qui sera rendue pour la lutte contre l’impunité des multinationales ».
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Lafarge : Quand le cynisme des multinationales dépasse l’entendement
Après avoir condamné Yves Rocher pour manquement à ses obligations, la justice française va-t-elle enfin s’attaquer au cynisme de Lafarge, poursuivie pour financement du terrorisme ?
La justice française, après avoir fait preuve d’une rigueur exemplaire en condamnant le groupe Yves Rocher pour son laxisme en Turquie, s’apprête à rendre un verdict sur Lafarge, une entreprise qui a eu l’audace de financer des groupes jihadistes en Syrie. Tout cela pour maintenir la production de ciment dans un pays en guerre. Un choix « purement économique », selon le parquet, qui a requis une amende maximale. Mais, comme souvent, la réalité semble bien plus cynique que les mots.
Ce qui se passe réellement
Lafarge, désormais sous l’égide du géant suisse Holcim, est accusée d’avoir versé 4,7 millions d’euros à des groupes armés en 2013-2014 via sa filiale Lafarge Cement Syria. L’objectif ? Garder sa cimenterie de Jalabiya en activité, malgré le chaos ambiant. Le parquet national antiterroriste (Pnat) a qualifié cette situation de « dérapage » et de « dévoiement », soulignant que l’entreprise avait agi dans un but mercantile, peu importe les conséquences.
4,7 millions d’euros versés à des groupes terroristes
En somme, Lafarge a choisi de financer le terrorisme pour ne pas perdre de profits. Le Pnat a requis une amende de 1,125 million d’euros et une confiscation partielle de 30 millions d’euros. Une somme dérisoire pour une entreprise qui a déjà versé 778 millions de dollars aux États-Unis dans un accord de plaider-coupable. On pourrait presque croire que l’entreprise a un budget « cynisme » bien garni.
« Un choix purement économique, ahurissant de cynisme »
Bruno Lafont, l’ex-PDG de Lafarge, a nié être au courant des versements illicites. Pourtant, le parquet estime qu’il avait « donné des directives claires » pour maintenir l’activité de l’usine. Son argumentation, qui frôle le ridicule, évoque une note de 2013 qu’il n’aurait pas lue, se concentrant uniquement sur les déplacements professionnels. « Vous avez le choix de votre ligne de défense, mais elle ne vous honore guère », a rétorqué l’accusation. Une belle illustration du décalage entre la réalité et les discours des dirigeants d’entreprise.
Pourquoi cela dérange
Cette affaire met en lumière l’hypocrisie des multinationales qui, sous couvert de responsabilité sociale, n’hésitent pas à financer le terrorisme pour préserver leurs intérêts. La justice, en se contentant de sanctions financières dérisoires, semble complice de cette impunité. Les associations comme Sherpa et ECCHR rappellent que ce jugement est crucial pour lutter contre l’impunité des multinationales.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette affaire vont bien au-delà de Lafarge. Elles soulignent une tendance inquiétante : celle d’une justice qui, face à des géants économiques, semble souvent aveugle. Si la justice ne parvient pas à imposer des sanctions significatives, quel message cela envoie-t-il aux autres entreprises ? Que financer le terrorisme peut être rentable, tant que l’on a les moyens de payer les amendes.
Lecture satirique
Dans un monde idéal, les entreprises seraient tenues responsables de leurs actes. Mais dans le monde réel, il semble que le cynisme soit la norme. Les promesses de responsabilité sociale des entreprises s’effacent devant la réalité des chiffres. Lafarge, en finançant le terrorisme, a démontré que l’éthique est souvent mise de côté au profit du profit. Une belle leçon de cynisme, en effet.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires d’autres pays. Les multinationales, qu’elles soient françaises, américaines ou russes, semblent souvent jouer selon leurs propres règles, ignorant les conséquences de leurs actions. La question se pose : jusqu’où ira cette impunité ?
À quoi s’attendre
Si la tendance se maintient, nous pouvons nous attendre à ce que d’autres entreprises suivent l’exemple de Lafarge, convaincues qu’elles peuvent agir sans crainte de répercussions. La justice devra faire preuve de fermeté pour éviter que cette impunité ne devienne la norme.
Sources



