Un récit de fratrie, pas un mode d’emploi médical
Le livre Ensemble, on aboie en silence, publié en 2020, s’inspire de l’histoire de Gringe — Guillaume Tranchant — et de son frère Thibault. La fiction réalisée par Shirley Monsarrat reprend ce matériau intime, mais met en scène des personnages de fiction, dont un adolescent de 17 ans et son frère aîné. Elle raconte aussi ce que la maladie bouleverse autour de la personne concernée : les liens familiaux, les projets et la place de chacun dans la fratrie.
Ce point de vue peut parler aux adolescents qui voient un proche traverser des difficultés psychiques, ou aux jeunes qui ne savent pas comment évoquer leur propre mal-être. Mais une œuvre de fiction, même inspirée d’un témoignage, ne permet ni de reconnaître une maladie chez soi ou chez quelqu’un d’autre, ni de prévoir comment elle évoluera. Les expériences et les parcours sont différents d’une personne à l’autre.
Comprendre sans confondre ni stigmatiser
La schizophrénie ne signifie pas un « dédoublement de personnalité ». Les troubles schizophréniques peuvent se manifester de façons diverses et avoir des conséquences variables. Le site d’information en santé mentale Psycom rappelle aussi que les personnes concernées sont plus souvent victimes de violences qu’auteures de violences. Employer « schizo » comme une insulte ou réduire quelqu’un à son diagnostic entretient des clichés et peut renforcer la honte ou l’isolement.
La Haute Autorité de santé indique que les premiers épisodes psychotiques concernent principalement des adolescents et de jeunes adultes, même s’ils peuvent survenir à tout âge. Elle souligne qu’une évaluation prend en compte plusieurs éléments — dont la durée et l’intensité des symptômes et leurs effets sur la vie quotidienne, scolaire ou sociale. Un changement de comportement ou une période de mal-être ne suffit donc pas à établir un diagnostic : cette évaluation relève de professionnels de santé.
Que faire si l’on s’inquiète pour soi ou un proche ?
Un jeune qui se sent en difficulté peut en parler à un adulte de confiance, à son médecin, à un psychologue ou à un professionnel de santé scolaire ou universitaire. Pour un adolescent, les services de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et les Maisons des adolescents peuvent également être des points d’orientation. La HAS recommande une prise en charge coordonnée, adaptée à la situation et construite avec la personne concernée et ses proches.
Pour un ami ou un membre de la famille, écouter sans juger et proposer d’aider à prendre contact avec un professionnel peut être un premier pas. Il ne s’agit pas de poser soi-même un diagnostic ni de porter seul la responsabilité de la situation. En cas de pensées suicidaires ou d’inquiétude à ce sujet, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et accessible 24 h/24 et 7 j/7 en France. Il s’adresse aussi aux personnes préoccupées par un proche.
La fiction peut ainsi contribuer à faire tomber le silence, à condition de ne pas la confondre avec une représentation complète de la maladie. Pour les jeunes, l’enjeu est aussi de pouvoir demander de l’aide sans honte et sans être réduits à ce qu’ils traversent.
Repères vérifiés : la Haute Autorité de santé sur les premiers épisodes psychotiques ; Psycom sur les troubles schizophréniques et les idées reçues ; le 3114 pour la prévention du suicide.
Source : Jeunesse – L'Humanité
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