La Vᵉ République en mode « Cocotte-Minute » : vers un illibéralisme à la française ?

La tripolarisation politique paralyse la France, et les promesses de gouvernance se heurtent à une réalité désenchantée.

Dans son dernier ouvrage, *Crise politique, crise de régime*, le constitutionnaliste Benjamin Morel nous plonge dans un état des lieux peu reluisant de la Vᵉ République. Alors que les acteurs politiques s’agitent comme des marionnettes désarticulées, la question se pose : qui, dans cette farce, a encore les clés du pays ?

Ce qui se passe réellement

Morel souligne que la tripolarisation de la vie politique française n’est pas un phénomène isolé. En effet, cette situation, que l’on pourrait croire conjoncturelle, s’inscrit dans une tendance plus large observée en Europe. Les blocs politiques se sont figés, rendant impossible la formation de majorités claires. Avec un mode de scrutin majoritaire à deux tours, la France se retrouve dans une impasse où les alliances sont devenues un luxe inabordable.

Un député socialiste, par exemple, sait qu’il ne peut compter que sur son électorat de gauche, car tout rapprochement avec le centre reviendrait à lui donner les clés de la gauche à Jean-Luc Mélenchon. Cette paralysie est d’autant plus inquiétante que le gouvernement ne dispose que d’un cinquième du Parlement, un chiffre qui ferait rougir n’importe quel régime démocratique.

Pourquoi cela dérange

La situation actuelle est d’une absurdité criante. Les promesses de gouvernance se heurtent à une réalité où le pouvoir exécutif est réduit à une coquille vide. Les tentatives de gouverner par ordonnances, déjà lourdes, rappellent les dérives autoritaires d’autres régimes. En somme, le gouvernement semble prêt à tout pour éviter de reconnaître son incapacité à agir.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : une incapacité à voter des budgets, à conduire des réformes, et une accumulation de blocages qui ne peuvent que mener à une dérive illibérale. Dans un tel contexte, la tentation de contourner les institutions pour « agir enfin » devient de plus en plus forte, ouvrant la porte à des pratiques que l’on pensait réservées à des régimes autoritaires.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que les politiques promettent de « réformer » le pays, on assiste à une véritable danse des canards où chacun essaie de tirer son épingle du jeu. Les discours politiques, déconnectés du réel, ressemblent de plus en plus à des slogans de campagne qui ne tiennent pas la route. En fin de compte, qui gouverne ? Les électeurs ou les élus ?

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives observées aux États-Unis ou en Russie, où les institutions sont souvent contournées au nom de l’efficacité. La France, avec sa Vᵉ République, semble emprunter un chemin similaire, où l’illibéralisme pourrait devenir la norme.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, la France pourrait bien se retrouver à la croisée des chemins, avec une VIᵉ République en gestation, non pas par nécessité constitutionnelle, mais par désespoir politique. La question demeure : qui aura le courage de changer la donne avant qu’il ne soit trop tard ?

Sources

Source : www.lepoint.fr

Visuel — Source : www.lepoint.fr
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