La Tunisie : Entre corridors commerciaux et illusions politiques

La Tunisie, en quête de nouveaux horizons économiques, lance un corridor commercial vers l’Afrique subsaharienne, mais la réalité pourrait bien lui jouer des tours.

Lors du Forum d’affaires tuniso-nigérien, le ministre tunisien du Commerce, Samir Abid, a dévoilé un projet ambitieux : un corridor commercial avec la Libye, censé faciliter les échanges avec des pays comme le Niger, le Burkina Faso ou le Tchad. Un projet qui, à première vue, semble prometteur, mais qui, comme souvent, cache des limites notables.

Ce qui se passe réellement

Les exportations tunisiennes vers l’Afrique subsaharienne n’ont pas dépassé 2 milliards de dinars en 2024, soit environ 600 millions d’euros. Malgré ce bilan peu reluisant, la Tunisie espère que ce corridor avec la Libye stimulera les échanges continentaux. L’économiste tchadien Djimadoum Mandekor se montre optimiste : « C’est fait pour stimuler globalement le commerce intra-africain. » Mais, à quel prix ?

La Tunisie confirme sa prise de distance avec l’Europe

Ce virage vers l’Afrique marque un éloignement de l’Europe, ancien partenaire privilégié. Majid Bouden, avocat et économiste franco-tunisien, souligne que cette initiative est avant tout politique. « L’État tunisien a choisi de ne pas coopérer avec le Maroc et de s’aligner sur des positions hostiles à l’Union européenne. » Une stratégie qui pourrait bien s’avérer contre-productive.

Pourquoi cela dérange

La question qui se pose est : comment une nation dont les échanges sont déjà faibles peut-elle espérer renforcer ses relations commerciales avec des pays aux économies tout aussi fragiles ? La Tunisie semble jouer à un jeu dangereux, en misant sur des promesses qui, jusqu’à présent, n’ont pas été tenues.

Ce que cela implique concrètement

Pour que ce projet réussisse, la Tunisie doit rétablir la confiance avec ses partenaires africains, une tâche compliquée par des décisions politiques controversées, notamment sur la lutte contre l’immigration. Un défi de taille pour un pays qui peine déjà à s’affirmer sur la scène économique.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que la Tunisie se lance dans cette aventure, elle semble oublier que le commerce intra-africain représente à peine 3% du commerce mondial. Un peu comme si un nageur inexpérimenté décidait de plonger dans l’océan sans savoir nager. Les promesses de prospérité semblent plus être des slogans que des réalités tangibles.

Effet miroir international

Ce projet fait écho à d’autres initiatives similaires à travers le monde, où des gouvernements, souvent en perte de vitesse, tentent de redorer leur blason par des promesses de coopération. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également tenté de redéfinir leurs relations internationales sans véritable stratégie. La Tunisie ne fait que suivre un modèle déjà éprouvé, mais dont l’efficacité reste à prouver.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent présager un avenir incertain pour ce corridor commercial. Si la Tunisie ne parvient pas à établir des relations de confiance avec ses partenaires, ce projet pourrait rapidement devenir un mirage, laissant le pays dans une situation économique encore plus précaire.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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