Les salariés de La Tribune ont bien en tête la signification du nom de leur journal. L’heure est à la revendication : 92 % des journalistes permanents et correspondants ont voté un préavis de grève reconductible à compter du lundi 13 avril prochain, en réaction au « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE) présenté le 17 mars dernier.
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Une mesure qui intervient dans le cadre de la création d’un « Pôle économique BFM La Tribune » au sein de filiale digitale du groupe RMC BFM, Next Interactive. Une fusion de rédaction qui prévoit le licenciement de 56 journalistes – avec correspondants et pigistes réguliers – pour ne créer que 32 postes, dont seulement une vingtaine correspondent à ceux…
La Tribune : Quand la Révocation Prend le Pas sur la Révocation
92 % des journalistes de La Tribune en grève pour dénoncer un plan de licenciement qui promet plus d’absurdités qu’il n’en résout.
Les salariés de La Tribune semblent avoir compris que le nom de leur journal n’est pas qu’un simple mot, mais un cri de ralliement. En effet, 92 % des journalistes permanents et correspondants ont voté un préavis de grève reconductible à partir du 13 avril, en réponse à un « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE) qui ressemble plus à un plan de dépeçage qu’à une véritable stratégie de sauvegarde. On pourrait presque croire que le PSE a été conçu par un comité de gestion de la dystopie.
Ce qui se passe réellement
Ce plan a été présenté le 17 mars et s’inscrit dans le cadre de la création d’un « Pôle économique BFM La Tribune » au sein de la filiale digitale du groupe RMC BFM, Next Interactive. La fusion de rédaction prévoit le licenciement de 56 journalistes, correspondants et pigistes réguliers, pour ne créer que 32 postes. En gros, on jette 56 talents à la mer pour en sauver 32, mais seulement une vingtaine d’entre eux auront un vrai boulot. La logique est implacable : moins de voix pour plus de bruit.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière une incohérence flagrante : comment peut-on parler de « sauvegarde » tout en sacrifiant des journalistes ? C’est un peu comme si un pompier, au lieu d’éteindre un incendie, décidait de l’alimenter pour « créer une ambiance chaleureuse ». La direction semble avoir oublié que le journalisme n’est pas un jeu de Monopoly où l’on peut simplement échanger des pions sans conséquences.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont déjà visibles : une rédaction affaiblie, des voix étouffées et une information de moins en moins diversifiée. Si l’on commence à licencier ceux qui posent des questions, où va-t-on ? Peut-être vers un monde où l’information est aussi palpitante qu’un discours politique ennuyeux.
Lecture satirique
Le discours de la direction, qui prétend vouloir « rationaliser » et « moderniser », est aussi crédible qu’un politicien promettant de réduire les impôts tout en augmentant les dépenses. La promesse de créer un « Pôle économique » est un peu comme dire qu’on va construire une maison en vendant les briques. La réalité, c’est que l’on se dirige vers un désert médiatique où la voix des journalistes est remplacée par des communiqués de presse soigneusement filtrés.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires à l’étranger, où la liberté de la presse est souvent sacrifiée sur l’autel de l’économie. Aux États-Unis, par exemple, certaines chaînes de télévision préfèrent le divertissement à l’information, tandis qu’en Russie, le contrôle des médias est devenu une norme. La Tribune, dans ce contexte, semble vouloir emprunter le même chemin, mais avec un soupçon de mauvaise foi en prime.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une érosion progressive de la qualité de l’information. Les lecteurs, eux, devront s’habituer à des contenus de moins en moins critiques et de plus en plus formatés. À ce rythme, la Tribune pourrait bientôt devenir un simple bulletin d’information d’entreprise, où l’objectivité est remplacée par la complaisance.
Sources




