La Syrie, un narco-État en pleine déroute
Sous Bachar al-Assad, la Syrie s’est muée en un narco-État où le captagon, un dérivé d’amphétamine, règne en maître. La destruction médiatisée des usines par le nouveau pouvoir n’a fait que masquer une réalité bien plus sombre.
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Quand le soleil se couche sur Damas, la ville, déjà accablée par des coupures d’électricité incessantes, s’enfonce dans un calme trompeur. Pourtant, à l’abri des regards, quelques clubs nocturnes continuent de vibrer. Le Barbershop, coiffeur le jour, se transforme en bar-boîte la nuit. Pour quelques dizaines de dollars, une entrée que seuls quelques privilégiés peuvent se permettre, les clients pénètrent dans un univers techno où l’alcool coule à flots. En quelques minutes, une pilule de captagon, ce dérivé d’amphétamine, est à portée de main. De quoi tenir éveillé toute la nuit, et prolonger l’insomnie bien au-delà. À quelques pas, des combattants de Hayat Tahrir al-Sham patrouillent, rappelant que la fête a un prix.
Ce qui se passe réellement
Le captagon, à l’origine un médicament des années 1960, a été détourné par le régime syrien pour devenir un modèle économique. Selon un rapport de l’Union européenne, ce commerce enrichit l’entourage du pouvoir, permettant de financer la répression. Maher al-Assad, frère de Bachar, supervise une grande partie de ce trafic. Les estimations indiquent que le captagon pourrait rapporter entre 1,9 et 5,6 milliards de dollars par an, presque l’équivalent du PIB de la Syrie.
La consommation de captagon dépasse désormais les champs de bataille. Présentée comme la « drogue de Daesh », elle circule largement dans les amphithéâtres universitaires et les bureaux. Omar, 28 ans, témoigne : « J’ai commencé à en prendre à 23 ans pour booster mes performances. » Mais ce qui commence comme un stimulant devient rapidement une dépendance. « J’ignorais à quel point cette merde était addictive », confie-t-il.
Pourquoi cela dérange
La situation en Syrie est une farce tragique. Le nouveau régime prétend lutter contre la production de drogue, mais les usines se sont simplement réorganisées, échappant à tout contrôle. Pendant ce temps, les consommateurs sont laissés à eux-mêmes, sans aucune politique de prévention. La promesse d’un soutien aux addicts est une illusion, tout comme la destruction des usines, qui n’a fait que déplacer le problème.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont désastreuses. La consommation de drogues a explosé, avec une augmentation de 300 % chez les jeunes depuis le début de la guerre. Le système de santé, déjà à bout de souffle, est incapable de faire face à cette épidémie. Les hôpitaux sont en ruine, et les soins aux toxicomanes sont inexistants.
Lecture satirique
Le discours politique est un véritable numéro de magie : « Regardez, nous détruisons les usines ! » Mais en réalité, les usines se cachent dans l’ombre, gérées par des réseaux mafieux. La lutte contre la drogue devient une farce, une pièce de théâtre où les acteurs principaux sont les mêmes qui profitent du système. Les promesses de réformes sont aussi crédibles que des mirages dans le désert.
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Les États-Unis, avec leur guerre contre la drogue, ont souvent créé plus de problèmes qu’ils n’en ont résolus. La Syrie, sous un régime autoritaire, semble suivre le même chemin, où la répression et l’inefficacité s’entrelacent.
À quoi s’attendre
À court terme, rien ne changera. La production de captagon continuera, alimentée par un système qui prospère sur la misère. Les promesses de centres de désintoxication resteront des mots vides, tant que le régime ne sera pas prêt à affronter la réalité de sa propre création.



