La Syrie, royaume du captagon : entre promesses et désillusions

Sous Bachar al-Assad, la Syrie s’est muée en narco-État, où le captagon, un dérivé d’amphétamine, règne en maître. Alors que le nouveau régime prétend lutter contre cette addiction, la réalité est tout autre.

Quand le soleil se couche sur Damas, la ville aux coupures d’électricité constantes s’enfonce dans un calme apparent. Pourtant, à l’abri des regards, quelques clubs continuent d’ouvrir leurs portes la nuit tombée. Dans la vieille ville, le Barbershop, coiffeur pour hommes la journée, se convertit en bar-boîte le soir. Pour quelques dizaines de dollars l’entrée, que seuls quelques privilégiés peuvent se permettre de débourser en Syrie, les clients pénètrent dans un univers techno où l’alcool coule à flots. En quelques minutes, on peut se procurer une pilule de captagon, un dérivé d’amphétamine. De quoi tenir éveillé toute la nuit, et prolonger l’insomnie bien plus loin encore. On oublierait presque que, tout près de là, des combattants du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham patrouillent dans les rues damascènes.

Ce qui se passe réellement

À l’origine, le captagon est un médicament, commercialisé dans les années 1960 par la firme allemande Degussa Pharma Gruppe, principalement prescrit pour traiter le trouble du déficit de l’attention et la narcolepsie. Mais après la répression des manifestations pacifistes de 2011, le commerce de captagon est devenu un modèle économique dirigé par le régime syrien, enrichissant l’entourage proche du pouvoir. Selon une étude de la Banque mondiale, le captagon est devenu « le secteur le plus rentable de l’économie syrienne », rapportant entre 1,9 et 5,6 milliards de dollars par an.

Longtemps associée à la guerre, la consommation de captagon en Syrie dépasse aujourd’hui largement les champs de bataille. Présentée par les médias comme la « drogue de Daesh », cette amphétamine circule désormais dans les amphithéâtres universitaires, les couloirs des bureaux et les villages reculés.

Pourquoi cela dérange

La situation actuelle met en lumière les incohérences du nouveau régime. Alors qu’il prétend lutter contre la production de drogue, les usines de captagon se sont réorganisées, échappant à tout contrôle. Les promesses de démantèlement des laboratoires ne sont que poudre aux yeux, et la réalité est que la consommation continue de croître, alimentée par un marché noir florissant.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont désastreuses : une jeunesse shootée, laissée à elle-même, et un système de santé à bout de souffle. Les centres de désintoxication sont quasi inexistants, et la stigmatisation des toxicomanes persiste. Les usagers se retrouvent souvent dans des prisons, sans suivi ni soins appropriés.

Lecture satirique

Le nouveau régime, qui se veut le champion de la lutte contre la drogue, semble plus préoccupé par son image que par la réalité. Les discours politiques sont déconnectés des véritables enjeux, et les promesses de centres de désintoxication ne sont que des mots vides, face à une crise qui s’aggrave.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, où les gouvernements utilisent la répression comme réponse à des problèmes sociaux. Les États-Unis, avec leur propre histoire de guerre contre la drogue, pourraient en tirer des leçons, mais il semble que la répétition des erreurs soit un sport international.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, la Syrie pourrait devenir un véritable laboratoire de la dépendance, avec des générations entières piégées dans un cycle infernal. La promesse d’un avenir meilleur semble s’éloigner, remplacée par une réalité sombre et désespérée.

Sources

Source : journal-labreche.fr

Visuel — Source : journal-labreche.fr
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