La Russie envoie du pétrole à Cuba : un acte de bravoure ou un coup de dés désespéré ?
La Russie, sous sanctions occidentales, prépare l’envoi d’un deuxième pétrolier vers Cuba, un acte qui pourrait faire trembler le blocus américain. Mais à quel prix ?
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Alors que le monde s’interroge sur les véritables motivations de la Russie, le ministre de l’énergie, Sergueï Tsiviliov, a annoncé fièrement que Cuba, « entièrement coupée du reste du monde », allait recevoir un second navire, après l’arrivée d’un premier pétrolier. Un véritable exploit, n’est-ce pas ? Briser un blocus avec un tanker ! Qui aurait cru que la Russie deviendrait le Robin des Bois des Caraïbes ?
Ce qui se passe réellement
La Russie prépare l’envoi d’un deuxième pétrolier sous sanctions occidentales à destination de Cuba, après l’arrivée mardi d’un premier navire sur les côtes de l’île sous blocus américain, a annoncé jeudi le ministre russe de l’énergie, Sergueï Tsiviliov, cité par les agences d’Etat. « Cuba est sous blocus complet. Elle a été entièrement coupée [du reste du monde]. D’où est venue la livraison de pétrole ? Un navire russe a brisé ce blocus. Un second est en train d’être chargé », a déclaré M. Tsiviliov à des journalistes russes.
Le pétrolier russe Anatoly-Kolodkin, qui transporte 730 000 barils de brut, est arrivé mardi à Matanzas, à environ 90 kilomètres à l’est de La Havane. Il s’agit de la première cargaison de pétrole reçue par Cuba depuis le 9 janvier. Le vice-premier ministre cubain, Oscar Pérez-Oliva, en visite de travail en Russie, a déclaré mercredi que La Havane et Moscou avaient entamé des discussions visant à « stabiliser l’approvisionnement en carburant » de l’île et exploré les possibilités de collaboration dans le secteur énergétique.
« Nous avons progressé dans les négociations concernant l’accroissement de la participation des entreprises russes à l’exploration et à la production pétrolières dans notre pays » et « aux projets de production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables », a déclaré M. Pérez-Oliva à RT après une rencontre avec des responsables et des chefs d’entreprise russes à Saint-Pétersbourg. « Nous ne laisserons pas les Cubains dans la difficulté », a affirmé Sergueï Tsiviliov devant les journalistes russes, faisant écho aux déclarations récentes du Kremlin et de la diplomatie russe.
Le président américain, Donald Trump, avait considéré qu’une telle livraison n’aurait « aucun impact ». « Cuba est finie (…), qu’ils reçoivent ou non une cargaison de pétrole, ça n’aura aucune importance », avait-il déclaré. Selon des analystes, il faudra près d’un mois pour raffiner le brut que vient de fournir le pétrolier russe et livrer le gazole, ce qui devrait couvrir les besoins de Cuba pendant près de deux semaines.
Pourquoi cela dérange
La situation soulève des questions sur la viabilité de cette aide. Est-ce vraiment un geste altruiste ou une tentative désespérée de Moscou de maintenir son influence dans la région ? La promesse de « ne pas laisser les Cubains dans la difficulté » semble un peu ironique quand on considère que la Russie elle-même est en proie à des sanctions sévères. Qui aide vraiment qui ici ?
Ce que cela implique concrètement
En attendant, Cuba se retrouve à la merci de ce pétrole russe, qui, selon les analystes, ne suffira qu’à couvrir ses besoins pendant deux semaines. Une solution temporaire pour un problème structurel. Cela ressemble à un pansement sur une plaie béante, n’est-ce pas ?
Lecture satirique
Le discours de Tsiviliov pourrait presque être pris au sérieux si l’on ne savait pas que la Russie elle-même est en train de naviguer dans des eaux troubles. « Nous ne laisserons pas les Cubains dans la difficulté » sonne comme une promesse d’un père Noël en fin de carrière, distribuant des cadeaux à ceux qui sont déjà à la traîne. Pendant ce temps, Trump, avec son flair habituel, balaye d’un revers de main l’impact de cette livraison, comme si Cuba n’était qu’un détail sur la carte géopolitique mondiale.
Effet miroir international
Ce scénario rappelle les manœuvres d’autres régimes autoritaires, qui, tout en prêchant la solidarité, cherchent avant tout à renforcer leur propre pouvoir. La Russie, en jouant les sauveurs, n’est-elle pas en train de se transformer en un miroir déformant des politiques américaines ?
À quoi s’attendre
Dans les mois à venir, il sera intéressant de voir si cette aide se transforme en un partenariat durable ou si Cuba se retrouve à nouveau dans l’ombre, attendant désespérément un autre pétrolier. Une chose est sûre : les promesses de Moscou ne valent pas toujours le prix du pétrole.



