La Pistache du Gard : Un Avenir Prometteur pour les Viticulteurs
Mise à jour le 2026-03-19 07:01:00 : Des viticulteurs du Gard se tournent vers la culture de la pistache, un fruit sec méditerranéen, pour diversifier leurs exploitations.
Depuis une dizaine d’années, une poignée de viticulteurs du Gard font le pari du fruit sec méditerranéen pour diversifier les cultures, en dépit d’un avenir pas encore tout tracé.
Les premiers bourgeons commencent doucement à se dévoiler en ce mois de mars. Sur des parcelles discrètes à Saint-Hilaire-d’Ozilhan, Morgan Miramant veille sur ses pistachiers.
Ce viticulteur d’Estézargues a acheté ses vignes en 2012. Mais la monoculture est pour lui une notion quasi inconcevable. « Les modes de vie changent, le climat aussi, il faut s’adapter. » Outre les quelques oliviers et amandiers, Morgan Miramant mise dès 2014 sur la pistache. Le fruit sec, que l’on peut retrouver sur les côtes byzantines, en Iran ou encore aux États-Unis, commence à repeupler des plantations du golfe du Lion. « Les plus productifs sont en Provence, mais dans l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, on commence à s’y mettre aussi. »
Un produit de gastronomie
Au vu des surfaces et du climat, la France ne peut prétendre, contrairement aux États-Unis ou à l’Iran, de produire les pistaches bon marché servies comme apéritifs. Dans le Languedoc, les cultures se destinent à la haute gastronomie, avec de grands crus de pistaches, ou comme ingrédients de recettes : glace, chocolats ou autres gâteaux. « Cela peut être un produit utilisé en cosmétique », note également Morgan Miramant. La région PACA fait office de fer de lance française pour la filière. Depuis 2021, un syndicat s’y est formé pour promouvoir la culture du fruit sec et des pépiniéristes s’y sont spécialisés dans le département du Var.
Des plants mâles sont nécessaires pour la production des fruits. Midi Libre – Paul Barraud
La réapparition des feuilles débute en mars. Midi Libre – Paul Barraud
Un « arbre qui se découvre »
Pour ses premières parcelles, l’agriculteur a misé sur plusieurs variétés : la Kerman, originaire de Perse et très connue sur le marché mondial, mais aussi le Térébinthe, l’endémique du climat méditerranéen, à qui l’on doit aussi l’essence de térébenthine.
Sur ses 47 hectares, Morgan Miramant aimerait à terme en consacrer 15 à ses pistachiers. Une nouvelle parcelle est en train de voir le jour. L’été dernier, il réalisait sa toute première récolte : « 10 kg, c’est un début ! » Première récompense d’un long travail de patience, il faut attendre environ six ans avant de voir des fruits sur un pistachier.
Une temporalité qui, au XXIe siècle, pourrait faire pâlir nombre d’exploitants. Morgan Miramant, lui, voit aussi nombre d’avantages : « Cet arbre coche toutes les cases et demande peu de temps d’entretien. À part durant ses trois premières années où il faut l’irriguer, il demande très peu d’eau, ça pousse sur les cailloux. Il ne craint pas la sécheresse et sa taille est très facile une fois qu’on la connaît. Ce sont des vertus à prendre en compte avec le changement climatique. On a des étés de plus en plus chauds et on va de plus en plus vers des années à deux saisons. »
Il ne faut pas, à l’inverse, omettre une bonne répartition entre essences mâles et femelles sur la parcelle, afin que le vent transportant ses spores puisse former les fruits. Le pistachier a besoin de jours de froids importants en hiver, ses besoins changent selon sa variété. « C’est un arbre qui se découvre au fil des ans. »
L’arachide, la « pistache de terre » forte utile
Autre idée survenue dans la tête de l’agriculteur Morgan Miramant : accompagner les pistachiers avec des plants d’arachides. La « pistache de terre » comme il la surnomme, « est une plante facile à faire pousser ». « Et elle apporte de l’azote aux sols, ce qui est un plus pour les cultures. » Pour les particuliers à la main verte, l’agriculteur ne peut que conseiller la petite plante de l’apéritif : « Un coton imbibé et la graine part toute seule ! »
Commerce de bouche et d’image
Il ne faudra cependant pas s’attendre à voir prochainement des pistaches 100 % gardoises se déguster sur les zincs. Tout comme Morgan Miramant, Stéphane Caupert est un viticulteur qui ose essayer. Sur ses parcelles à Gallician poussent également des pistachiers. Cependant, ce dernier, attaché à l’agriculture biologique et respectueuse, ne voit ici qu’un procédé presque expérimental : « On dit dans le milieu qu’il faut tous passer à la pistache, que c’est l’avenir de la profession. Mais on ne peut pas en faire une activité principale. Ce ne sera pas l’or blanc de la région. » Long temps de croissance, rendements faibles, concurrence rude… « On annonce aujourd’hui une pistache à 15 € le kilo, » ajoute Morgan Miramant. « Mais on ne précise pas qu’il y a aussi de la perte. »
Pour Stéphane Midi Libre – Paul Barraud
Pour se démarquer, les Gardois misent sur la qualité : une pistache à consommer comme ingrédient gustatif raffiné et ambassadeur d’un certain terroir. Tout comme Stéphane Caupert, Morgan Miramant mise sur des ventes à échelle locale, depuis l’exploitation ou chez de petits commerces des environs. « Entre le vin et l’huile d’olive, les clients pourraient repartir avec des sachets de pistache, ce serait un plus pour l’œnotourisme et le travail français. »
Mais de là à voir le pistachier remplacer la vigne, la certitude est moindre, « mais il faudra songer au remplacement à long terme, on boit moins de vin qu’autrefois. » Mais pour Morgan Miramant, ici aussi, il faudra faire preuve de patience avant de devenir un véritable avant-gardiste de la pistache. « Si ce n’est pas moi, ce seront mes filles qui en profiteront quand elles seront adultes. » L’homme n’a pourtant que 40 ans.
Ce qu’il faut savoir
Le fait : Les viticulteurs du Gard diversifient leurs cultures en se lançant dans la pistache.
Qui est concerné : Les viticulteurs de la région du Gard.
Quand : Depuis environ dix ans.
Où : Gard, France.
Contexte
La culture de la pistache dans le Gard est une réponse aux défis du changement climatique et à la nécessité de diversifier les cultures. Les viticulteurs cherchent à s’adapter à un marché en évolution.
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