Disparitions au Mexique : Quand le gouvernement joue à l’autruche

Le gouvernement mexicain rejette un rapport accablant de l’ONU sur les disparitions forcées, tout en affirmant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ironique, n’est-ce pas ?

Le 2 avril, le gouvernement mexicain a décidé de faire l’autruche face à un rapport du Comité des Nations unies sur les disparitions forcées (CED). Ce document, qui a été renvoyé à l’Assemblée générale de l’ONU, accuse des agents de l’État de complicité dans ces disparitions, qualifiées de « crimes contre l’humanité ». Mais, bien sûr, Mexico nie tout en bloc. Qui aurait cru qu’un gouvernement pourrait être impliqué dans des actes aussi sombres ?

Ce qui se passe réellement

Selon le rapport, « Au Mexique, les disparitions sont commises avec la participation, l’acquiescement et l’omission, à de multiples niveaux, de fonctionnaires ». En d’autres termes, le gouvernement semble avoir un petit problème de transparence. Le rapport évoque même la découverte en 2025 d’un camp d’entraînement lié au Cartel Jalisco Nouvelle Génération, où des centaines de personnes disparues auraient été exterminées dans des « crématoriums » artisanaux. Les autorités locales étaient apparemment au courant depuis 2019, mais qui a besoin d’une enquête quand on peut simplement balayer tout ça sous le tapis ?

Le gouvernement, dans un élan de déni, a déclaré que le rapport était « tendancieux » et ne tenait pas compte des « améliorations » apportées au système judiciaire. C’est vrai, pourquoi se soucier des faits quand on peut se concentrer sur la communication ?

Le dernier état des lieux du gouvernement recense 130.178 personnes disparues depuis 2006, un chiffre qui a explosé de huit fois entre 2017 et 2025. Et pour couronner le tout, il y a plus de 72.000 cadavres non identifiés dans le pays. Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien !

Pourquoi cela dérange

Ce qui est dérangeant, c’est la dissonance entre les discours politiques et la réalité. Le gouvernement prétend travailler sur des réformes, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les promesses de changement semblent aussi réelles que les disparitions elles-mêmes.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette tragédie sont dévastatrices. Les familles des disparus sont laissées dans l’angoisse, tandis que les collectifs de recherche, qui font le travail que l’État refuse de faire, deviennent des cibles. Deux femmes, toutes deux nommées Cecilia, ont récemment payé le prix fort pour leur engagement. C’est un véritable jeu de société macabre, où les pions sont des vies humaines.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment le gouvernement mexicain parvient à jongler avec des chiffres alarmants tout en clamant que tout est sous contrôle. C’est un peu comme si un pompier prétendait éteindre un incendie tout en ajoutant de l’essence. Ironiquement, le rapport de l’ONU pourrait être le meilleur outil de communication dont le gouvernement n’ait jamais rêvé, lui permettant de se présenter comme la victime d’une conspiration internationale.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires dans le monde, où la vérité est souvent la première victime. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, la manipulation de l’information et le déni des réalités sont des stratégies bien rodées. Mais au Mexique, cela prend une tournure tragique, où les vies humaines sont sacrifiées sur l’autel de l’indifférence.

À quoi s’attendre

À moins que le gouvernement ne change radicalement de cap, il est peu probable que la situation s’améliore. Les collectifs de recherche continueront à se battre, mais à quel prix ? Les promesses de réforme risquent de rester lettre morte tant que la réalité des disparitions forcées ne sera pas confrontée.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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