La commande privée à l’arrêt

Investissements dégradés, trésoreries en bout de course, perte de plus de 10 000 emplois, déficit de compétences amorcé, manque à gagner issu des contributions sociales et des recettes fiscales, problématique des assurances ou encore une consommation « en retrait de 15 % » en 2025. En préambule de la conférence de presse consacrée au bilan de l’année passée de l’Autorité de la concurrence de Nouvelle-Calédonie (ACNC), mardi 31 mars, Stéphane Retterer, son président, a dressé un tableau peu flatteur du contexte économique, largement détérioré. Précisant que les entreprises, qui subissent une grave crise, sont confrontées « au risque d’absence d’accord institutionnel« . Ces dernières ont d’ailleurs lancé un cri d’alerte en fin de semaine dernière.

Et si le pacte de refondation, vecteur de commande publique, a été présenté par l’État il y a quelques jours, « il ne va pas démarrer avant six mois« , estime Stéphane Retterer, qui affirme qu’en matière de commande privée, « tout est arrêté« . Et ça, « il n’y a que la confiance qui peut la relancer« .

Premières répercussions de la guerre au Moyen-Orient

Sophie Charlot, rapporteure générale chargée du service d’instruction, indique que l’ACNC est « alerté par les professionnels » sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les chaînes logistiques – frets maritime et aérien – et les coûts de revient. « Beaucoup d’entreprises nous ont indiqué qu’elles vont devoir augmenter leurs prix« , ajoute Stéphane Retterer. De fait, l’instance de contrôle « sera particulièrement attentive, notamment pour prévenir tout comportement opportuniste« . Dès ce mercredi 1er avril, les automobilistes en subissent les premiers effets du conflit, avec l’augmentation du prix du carburant à la pompe.

Mobil racheté par un groupe polynésien

Parmi ses champs d’intervention, l’Autorité de la concurrence veille à ce que la recomposition, la concentration ou la reconstruction des entreprises ne fasse pas augmenter les prix ou ne joue pas sur la qualité des produits, des services et de la diversité de l’offre. Les secteurs abordés en 2025 ont été le carburant, le matériel électrique, la surveillance, les travaux routiers… Le président de l’ACNC a évoqué « un projet de rachat et de concentration qui sort un peu de l’ordinaire« , celui de Mobil par un acheteur extérieur à la Nouvelle-Calédonie, un groupe polynésien, Siu, qui possède déjà Mobil en Polynésie française.

Jardiland, Bricopro et Centrakor au Motor Pool

Des décisions en matière d’équipements commerciaux, essentiellement de bazar, de décoration, de quincaillerie et de bricolage, ont également été prononcées – dont certaines en début d’année. Trois magasins, Jardiland, Bricopro et Centrakor, sont autorisés à s’implanter au Motor Pool, l’enseigne Décorama au 5e Km, Mr. Bricolage peut rouvrir à Ducos et Gifi à Apogoti, et l’extension des enseignes Vega à Ducos et Les Briconautes à Païta est accordée.

Pour Stéphane Retterer, cela traduit « plus qu’un frémissement. Il s’agit d’un vrai investissement de certains groupes, mais cela reste l’apanage de ceux plus forts économiquement.« 

Absence de sang neuf

C’est ce qu’a pu observer Sophie Charlot, le fait que « le paysage des investisseurs reste figé« . Certes, de nouvelles enseignes apparaissent et des reconstructions s’effectuent, mais « on n’enregistre pas réellement d’investisseurs nouveaux, ce qui limite la dynamique concurrentielle« , développe la rapporteure. Les acteurs en place restent peu ou prou les mêmes. « Le marché se concentre par nécessité de survie, mais perd un peu en vitalité. On remarque une absence de sang neuf. C’est ce qui nous alerte un peu. »

Ce sera donc un point de vigilance pour le service de l’instruction en 2026 : prendre garde « à ce que les mouvements de restructuration et de concentration ne servent pas à verrouiller les marchés, et à ce que la reconstruction ne vienne pas créer de possibles oligopoles ou monopoles demain« .

Les priorités 2026-2027

Il y en a trois. La transparence dans la grande distribution, d’abord, à travers la réalisation d’un avis sur la formation des prix et des marges, commandé par le gouvernement en mai 2025. Il s’agit de « clarifier le fonctionnement de ce secteur, pour garantir le fait que la concurrence s’exerce de manière loyale au bénéfice du pouvoir d’achat« , détaille Sophie Charlot. Ensuite, les transports, frets maritime et aérien. L’ACNC va notamment rendre un avis, avant la fin du semestre, sur l’aconage, qui peut influer sur les prix pour le consommateur. Enfin, une attention sera portée sur les contrats de distribution, le plus important étant celui dans le domaine de l’automobile.

L’Autorité compte également contribuer « à la réflexion sur les aides publiques aux entreprises« , dans l’idée de « redonner une place au privé« . Des travaux doivent être proposés en ce sens d’ici la fin de l’année.

Un audit de plusieurs mois qui doit évaluer la pertinence et l’efficacité des protections de marché a aussi été lancé en avril 2025, le gouvernement souhaitant réformer le modèle actuel. Pour Stéphane Retterer, l’enjeu est « d’améliorer le fonctionnement de ce système » en trouvant « un équilibre entre, d’un côté, développer la concurrence pour permettre d’avoir des entreprises compétitives et ainsi éviter les rentes de longue date et, de l’autre, promouvoir une protection par rapport à des importations, de Chine par exemple, contre lesquelles il est impossible de rivaliser« .

Une somme de 5,45 millions de francs de sanctions a été infligée par l’Autorité de la concurrence l’an dernier à la société Mercure – grossiste notamment en tabac – pour non-respect des règles de facturation ; à HTDT pour avoir mis en exploitation, sans notification préalable, le magasin « Neamart » à Nouméa, ainsi qu’à la Mutuelle du Nickel, pour le non-respect d’engagements pris en 2022 relatifs à l’ouverture d’un magasin d’optique à La Foa.

→ L’Autorité a rendu cinq avis l’année dernière, dont un sur le projet de délibération relative à la réglementation des annonces judiciaires et légales, un sur l’avant-projet de loi du pays modifiant le Code de commerce, ou encore un autre sur la concurrence dans le secteur des agences de tourisme et de voyages, concernant l’intervention de la province Sud par le biais de Sud Tourisme. L’avis rappelle notamment le cadre dans lequel doivent évoluer ces structures semi-publiques, afin d’éviter, par exemple, que certaines pratiques ne créent des distorsions de concurrence.

L’ACNC a signé une convention sur les télécommunications avec l’exécutif fin 2024, visant à « améliorer » le fonctionnement du secteur et celui de l’OPT, explique Stéphane Retterer. Un avis rendu par l’instance prévoyait deux dispositions : la création d’une autorité de régulation indépendante et la recommandation, au gouvernement, de supprimer l’obligation de souscrire un abonnement de téléphonie fixe pour avoir accès à Internet. Cette mesure, qui favorise le pouvoir d’achat des consommateurs – il en coûte 440 millions de francs à l’OPT par an -, est entrée en vigueur le 1er décembre.

L’ensemble des décisions de l’Autorité de la concurrence de Nouvelle-Calédonie sont accessibles sur leur site Internet.

La Nouvelle-Calédonie : Entre promesses et désillusions économiques

Investissements en chute libre, 10 000 emplois perdus, et des promesses d’un pacte de refondation qui ne démarrent pas avant six mois. Bienvenue dans le monde merveilleux de l’économie calédonienne !

Ce qui se passe réellement

La situation économique de la Nouvelle-Calédonie est alarmante. Lors d’une conférence de presse le 31 mars, Stéphane Retterer, président de l’Autorité de la concurrence de Nouvelle-Calédonie (ACNC), a dressé un tableau peu flatteur : des investissements dégradés, des trésoreries à bout de souffle, et une consommation qui devrait reculer de 15 % d’ici 2025. Les entreprises, en proie à une grave crise, sont confrontées à un risque d’absence d’accord institutionnel. Un cri d’alerte a été lancé, mais qui semble tomber dans l’oreille d’un sourd.

Et que dire du pacte de refondation, censé être le sauveur de la commande publique ? Retterer nous rappelle que « tout est arrêté » et que « seule la confiance peut relancer la machine ». Une belle promesse, mais la confiance, c’est un peu comme le carburant : ça coûte cher et ça s’évapore vite.

Premières répercussions de la guerre au Moyen-Orient

Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient commencent à se faire sentir. Sophie Charlot, rapporteure générale, a alerté sur les impacts sur les chaînes logistiques. Les entreprises, déjà à l’agonie, vont devoir augmenter leurs prix. Les automobilistes, eux, ont déjà eu le plaisir de découvrir une hausse des prix du carburant dès le 1er avril. Une blague de mauvais goût, ou une réalité amère ?

Mobil racheté par un groupe polynésien

Dans un monde où la concentration des entreprises est la norme, l’ACNC veille à ce que cela ne se traduise pas par une hausse des prix. Mais avec des projets comme le rachat de Mobil par un groupe polynésien, on peut se demander si la diversité de l’offre ne va pas en prendre un coup. Retterer évoque un « projet qui sort un peu de l’ordinaire ». C’est le moins qu’on puisse dire !

Jardiland, Bricopro et Centrakor au Motor Pool

Des décisions d’implantation de nouveaux magasins sont annoncées, mais cela ne fait que renforcer l’idée que seuls les plus forts survivent. Retterer parle d’un « vrai investissement », mais on se demande si cela ne cache pas une concentration du marché au détriment des petits acteurs.

Absence de sang neuf

Sophie Charlot a observé que le paysage des investisseurs reste figé. Pas de nouveaux entrants, pas de dynamisme. Le marché se concentre par nécessité de survie, mais perd en vitalité. Une situation qui alerte, mais qui semble être ignorée par ceux qui devraient agir.

Les priorités 2026-2027

L’ACNC a trois priorités : la transparence dans la grande distribution, les transports, et les contrats de distribution. Mais avec un audit en cours pour évaluer les protections de marché, on peut se demander si cela ne sera qu’une autre promesse en l’air. Retterer évoque un « équilibre » à trouver, mais l’équilibre, c’est souvent un mot à la mode qui cache des inégalités.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont frappantes. D’un côté, on promet de relancer l’économie, de l’autre, on observe une concentration des marchés qui risque de verrouiller l’accès à la concurrence. Les discours politiques semblent déconnectés de la réalité, et les citoyens en paient le prix.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : hausse des prix, perte d’emplois, et un marché qui se ferme. Les petites entreprises, déjà fragilisées, risquent de disparaître, laissant place à des oligopoles.

Lecture satirique

Le discours politique est rempli de promesses qui sonnent creux. « La confiance relancera l’économie », disent-ils, tandis que les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une belle ironie pour un gouvernement qui semble plus préoccupé par les apparences que par les réalités.

Effet miroir international

En observant la situation en Nouvelle-Calédonie, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec des politiques autoritaires ailleurs dans le monde. Promesses non tenues, concentration des pouvoirs, et un mépris flagrant pour le bien-être des citoyens. Un triste reflet de ce qui se passe dans des pays comme la Russie ou même aux États-Unis.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, la Nouvelle-Calédonie pourrait se retrouver dans une spirale descendante. Les petites entreprises continueront de souffrir, et la concentration du marché pourrait mener à des situations monopolistiques.

Sources

Source : www.lnc.nc

Autorité de la concurrence :'Le paysage des investisseurs reste figé'
Visuel — Source : www.lnc.nc
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