Il a 10 ans, deux motos de course dans un camion personnalisé avec ses logos et ses réseaux sociaux affichés, un père devenu mécanicien et un rituel immuable avant chaque départ : s’isoler, fermer les yeux, repasser mentalement chaque virage du circuit. Les week-ends sont à la moto, les vacances aussi, et ses meilleurs amis se trouvent dans les paddocks. Avant chaque course, son père, Iwan, vérifie les freins, les couronnes, les roues et retient son souffle. « Si j’ai mal vissé quelque chose et qu’il a un problème, je m’en voudrai à vie », explique-t-il. Sa mère, elle, reste positive. « Il prend du plaisir à chaque départ. Si tu restes négatif ou que tu angoisses, tu ne fais que de mauvaises choses ».
Table Of Content
- Une pointe de vitesse à 125 km/h
- Le championnat de France en ligne de mire
- Rouler pour Monaco
- Marc Marquez comme idole
- Ce qui se passe réellement
- Une pointe de vitesse à 125 km/h
- Le championnat de France en ligne de mire
- Rouler pour Monaco
- Marc Marquez comme idole
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Une pointe de vitesse à 125 km/h
L’histoire d’amour entre Évan Prot et la moto a commencé à deux ans et demi, sur une petite moto électrique dans le jardin familial. Puis une deuxième, plus puissante. Puis le motocross, que le jeune monégasque a rapidement écarté. « J’avais un bon niveau, mais ça ne me plaisait pas. » Aujourd’hui, sur la piste, le Monégasque peut atteindre une vitesse de pointe en ligne droite de 125 km/h.
La piste, en revanche, a tout emporté. À partir de 2024, Évan dispute une saison complète en Ligue de Provence, avant de tester le championnat de France sur une course à Alès en fin d’année 2025. En 2026, c’est le saut dans le grand bain avec un premier championnat de France complet sur six étapes. Une compétition qui a officiellement débuté le week-end dernier.
Pour comprendre à quel point la moto est une évidence pour lui, il y a l’anecdote des Dolomites. Évan a alors 8 ans. Le Moto Club de Monaco, dont le papa fait partie, organise un road trip d’environ 2 500 kilomètres en quatre jours en Italie. Iwan prévient alors son fils, qui tient à l’accompagner : ce n’est pas une sortie adaptée pour les enfants. Évan vient quand même et ne quittera pratiquement pas la moto de son père durant toute la sortie. « Il mangeait même sur la moto. C’est lui qui nous demandait de vite repartir », raconte avec amusement Christophe Greco, président du Moto Club de Monaco. « Il est vraiment piqué à la moto. Il ne s’agit pas d’une pression de ses parents. C’est juste dans son ADN ».
Le championnat de France en ligne de mire
Le Mini OGP, c’est la discipline de référence pour les jeunes pilotes de vitesse entre 7 et 12 ans. Des motos de 115 cc spécialement conçues pour leur gabarit, bridées et à réglages limités — l’idée étant que ce soit le talent du pilote, et non la machine, qui fasse la différence sur la piste. Le championnat de France se dispute sur six étapes dans toute la France, avec deux courses par week-end. À chaque manche, les points s’accumulent pour un classement général tranché en fin de saison, en septembre.
Derrière chaque week-end de course, il y a une organisation qui ressemble à une petite écurie professionnelle. La famille a investi dans un camion où la moto voyage en permanence, avec tout le matériel nécessaire. Iwan assure lui-même l’essentiel de la mécanique, ne faisant appel à un professionnel que pour le contrôle général avant les courses. Budget estimé pour une saison complète : entre 30 000 et 40 000 euros. Les entraînements ont lieu le week-end, sur les circuits alentour. Pour les déplacements, les trois membres de la famille font le voyage ensemble à chaque étape. « Le petit a besoin de ses parents. C’est normal », insiste sa maman.
La préparation physique, elle, reste le point à combler. À Monaco, aucune structure ne propose d’entraînements sportifs adaptés aux enfants de cet âge. « Ce serait tellement mieux s’il était coaché, avec quelqu’un qui lui montre les bons mouvements, les bonnes techniques », regrette la maman d’Évan. « La masse musculaire, ça compte dans cette discipline. » La KF78 Académie, la structure qui encadre Évan en compétition, lui fournit un suivi technique et assure la préparation mentale des jeunes pilotes lors des week-ends de course.
Jean François Ottonello / Nice-matin
Rouler pour Monaco
Sur sa combinaison aux couleurs de la KF78 Académie, plusieurs logos sont présents dont celui du Moto Club de Monaco, et celui d’un partenaire monégasque. Un détail qui compte. Sur les classements officiels du championnat de France, sa nationalité et son club sont affichés. « Il est fier de rouler aux couleurs de Monaco », dit son père.
Christophe Greco ne cache pas l’enjeu d’accompagner un jeune talent monégasque. Dans l’histoire du sport moto Rouge et Blanc, aucun pilote n’a jamais atteint le MotoGP — faute de circuit, faute d’infrastructure, faute de moyens. Des jeunes talents sont passés par là, avant d’abandonner. « On a un talent, il est monégasque, il a 10 ans, tous les feux sont au vert », résume-t-il.
Le club compte 262 licenciés et dix-sept pilotes sportifs, dont des figures reconnues : David Casteu, vétéran du Dakar avec onze participations à son actif, et Melvin Viola, champion d’Europe de Supermoto en catégorie S2, qui court sous les couleurs monégasques bien que résident en France. Mais sur les dix-sept pilotes sportifs, Évan est le seul Monégasque. « Ce n’est pas juste parce qu’il est le seul. C’est parce qu’on croit en lui », insiste Christophe Greco.
Marc Marquez comme idole
En 2027, Évan passera en catégorie 160 cc — des machines plus puissantes, des adversaires plus âgés, et un nouveau palier à franchir. L’objectif : intégrer la Mini GP World Series FIM, la compétition européenne, et qui rassemble les meilleurs jeunes pilotes de chaque pays. « Ce que j’aimerais, c’est déjà aller à la finale de Valence en Espagne, organisée juste avant la course de MotoGP. » Et après ? « Le MotoGP. » Son pilote préféré, sans hésitation ni réflexion : « Marc Marquez. »
À 10 ans, Évan Prot n’a pas encore gagné. Troisième au championnat de France après la première manche, il vise un top 5 en fin de saison. Mais la trajectoire, elle, semble déjà tracée.
« La moto, c’est dans son ADN » : à 10 ans, ce pilote monégasque trace déjà sa route et rêve de MotoGP
Un jeune prodige de la moto, soutenu par ses parents, mais à quel prix ? Entre promesses et réalités, l’avenir de la vitesse est-il vraiment à la hauteur des attentes ?
À 10 ans, Évan Prot, avec ses deux motos de course et son camion aux couleurs criardes, est déjà en route pour devenir la prochaine star du MotoGP. Mais derrière cette image de jeune prodige se cache une réalité bien plus complexe, où la passion familiale se heurte aux exigences d’un sport coûteux et exigeant.
Ce qui se passe réellement
Il a 10 ans, deux motos de course dans un camion personnalisé avec ses logos et ses réseaux sociaux affichés, un père devenu mécanicien et un rituel immuable avant chaque départ : s’isoler, fermer les yeux, repasser mentalement chaque virage du circuit. Les week-ends sont à la moto, les vacances aussi, et ses meilleurs amis se trouvent dans les paddocks. Avant chaque course, son père, Iwan, vérifie les freins, les couronnes, les roues et retient son souffle. « Si j’ai mal vissé quelque chose et qu’il a un problème, je m’en voudrai à vie », explique-t-il. Sa mère, elle, reste positive. « Il prend du plaisir à chaque départ. Si tu restes négatif ou que tu angoisses, tu ne fais que de mauvaises choses ».
Une pointe de vitesse à 125 km/h
L’histoire d’amour entre Évan Prot et la moto a commencé à deux ans et demi, sur une petite moto électrique dans le jardin familial. Puis une deuxième, plus puissante. Puis le motocross, que le jeune monégasque a rapidement écarté. « J’avais un bon niveau, mais ça ne me plaisait pas ». Aujourd’hui, sur la piste, le Monégasque peut atteindre une vitesse de pointe en ligne droite de 125 km/h.
La piste, en revanche, a tout emporté. À partir de 2024, Évan dispute une saison complète en Ligue de Provence, avant de tester le championnat de France sur une course à Alès en fin d’année 2025. En 2026, c’est le saut dans le grand bain avec un premier championnat de France complet sur six étapes. Une compétition qui a officiellement débuté le week-end dernier.
Pour comprendre à quel point la moto est une évidence pour lui, il y a l’anecdote des Dolomites. Évan a alors 8 ans. Le Moto Club de Monaco, dont le papa fait partie, organise un road trip d’environ 2 500 kilomètres en quatre jours en Italie. Iwan prévient alors son fils, qui tient à l’accompagner : ce n’est pas une sortie adaptée pour les enfants. Évan vient quand même et ne quittera pratiquement pas la moto de son père durant toute la sortie. « Il mangeait même sur la moto. C’est lui qui nous demandait de vite repartir », raconte avec amusement Christophe Greco, président du Moto Club de Monaco. « Il est vraiment piqué à la moto. Il ne s’agit pas d’une pression de ses parents. C’est juste dans son ADN ».
Le championnat de France en ligne de mire
Le Mini OGP, c’est la discipline de référence pour les jeunes pilotes de vitesse entre 7 et 12 ans. Des motos de 115 cc spécialement conçues pour leur gabarit, bridées et à réglages limités — l’idée étant que ce soit le talent du pilote, et non la machine, qui fasse la différence sur la piste. Le championnat de France se dispute sur six étapes dans toute la France, avec deux courses par week-end. À chaque manche, les points s’accumulent pour un classement général tranché en fin de saison, en septembre.
Derrière chaque week-end de course, il y a une organisation qui ressemble à une petite écurie professionnelle. La famille a investi dans un camion où la moto voyage en permanence, avec tout le matériel nécessaire. Iwan assure lui-même l’essentiel de la mécanique, ne faisant appel à un professionnel que pour le contrôle général avant les courses. Budget estimé pour une saison complète : entre 30 000 et 40 000 euros. Les entraînements ont lieu le week-end, sur les circuits alentour. Pour les déplacements, les trois membres de la famille font le voyage ensemble à chaque étape. « Le petit a besoin de ses parents. C’est normal », insiste sa maman.
La préparation physique, elle, reste le point à combler. À Monaco, aucune structure ne propose d’entraînements sportifs adaptés aux enfants de cet âge. « Ce serait tellement mieux s’il était coaché, avec quelqu’un qui lui montre les bons mouvements, les bonnes techniques », regrette la maman d’Évan. « La masse musculaire, ça compte dans cette discipline. » La KF78 Académie, la structure qui encadre Évan en compétition, lui fournit un suivi technique et assure la préparation mentale des jeunes pilotes lors des week-ends de course.
Jean François Ottonello / Nice-matin
Rouler pour Monaco
Sur sa combinaison aux couleurs de la KF78 Académie, plusieurs logos sont présents dont celui du Moto Club de Monaco, et celui d’un partenaire monégasque. Un détail qui compte. Sur les classements officiels du championnat de France, sa nationalité et son club sont affichés. « Il est fier de rouler aux couleurs de Monaco », dit son père.
Christophe Greco ne cache pas l’enjeu d’accompagner un jeune talent monégasque. Dans l’histoire du sport moto Rouge et Blanc, aucun pilote n’a jamais atteint le MotoGP — faute de circuit, faute d’infrastructure, faute de moyens. Des jeunes talents sont passés par là, avant d’abandonner. « On a un talent, il est monégasque, il a 10 ans, tous les feux sont au vert », résume-t-il.
Le club compte 262 licenciés et dix-sept pilotes sportifs, dont des figures reconnues : David Casteu, vétéran du Dakar avec onze participations à son actif, et Melvin Viola, champion d’Europe de Supermoto en catégorie S2, qui court sous les couleurs monégasques bien que résident en France. Mais sur les dix-sept pilotes sportifs, Évan est le seul Monégasque. « Ce n’est pas juste parce qu’il est le seul. C’est parce qu’on croit en lui », insiste Christophe Greco.
Marc Marquez comme idole
En 2027, Évan passera en catégorie 160 cc — des machines plus puissantes, des adversaires plus âgés, et un nouveau palier à franchir. L’objectif : intégrer la Mini GP World Series FIM, la compétition européenne, et qui rassemble les meilleurs jeunes pilotes de chaque pays. « Ce que j’aimerais, c’est déjà aller à la finale de Valence en Espagne, organisée juste avant la course de MotoGP. » Et après ? « Le MotoGP. » Son pilote préféré, sans hésitation ni réflexion : « Marc Marquez. »
À 10 ans, Évan Prot n’a pas encore gagné. Troisième au championnat de France après la première manche, il vise un top 5 en fin de saison. Mais la trajectoire, elle, semble déjà tracée.
Pourquoi cela dérange
Ce jeune prodige, soutenu par ses parents, évolue dans un monde où la passion se heurte à des réalités financières et logistiques. Alors que la famille investit des sommes considérables dans son rêve, on ne peut s’empêcher de se demander si cette quête de vitesse ne cache pas une pression insidieuse sur un enfant de 10 ans.
Ce que cela implique concrètement
Les sacrifices financiers et émotionnels de la famille Prot soulèvent des questions sur l’avenir de ce jeune pilote. La passion peut-elle vraiment compenser le manque de structures adaptées pour les jeunes talents à Monaco ?
Lecture satirique
Dans un monde où l’on prône la réussite à tout prix, Évan Prot devient le symbole d’une génération sacrifiée sur l’autel de la performance. Les discours politiques vantant l’importance du sport pour la jeunesse semblent bien loin des réalités vécues par les familles qui doivent se battre pour offrir un avenir à leurs enfants.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, des jeunes comme Évan se battent pour réaliser leurs rêves dans des systèmes qui favorisent l’élitisme et la compétition à outrance. Pendant ce temps, les politiques autoritaires, qu’elles soient en Russie ou aux États-Unis, exploitent ces récits pour promouvoir une image de réussite sans tenir compte des sacrifices nécessaires.
À quoi s’attendre
Si rien ne change, on peut s’attendre à voir d’autres jeunes talents se perdre dans les méandres d’un système qui valorise la performance au détriment du bien-être. Évan Prot est peut-être le premier d’une longue liste de pilotes à devoir choisir entre passion et pression.
Sources



