La Grèce et son TikTok de la censure : un pas vers le futur ou un saut dans l’absurde ?

La Grèce s’apprête à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans à partir de 2027, une décision jugée « difficile, mais nécessaire » par son premier ministre. Mais à quel prix ?

Mercredi, le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé, dans une vidéo diffusée sur TikTok (ironie, quand tu nous tiens), son intention d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans à partir du 1er janvier 2027. Une mesure qui, selon lui, est « difficile, mais nécessaire ». Mais ne serait-ce pas un peu comme essayer de mettre un sparadrap sur une jambe de bois ?

Ce qui se passe réellement

La loi, qui doit être votée prochainement, s’appliquera aux plateformes favorisant le défilement continu des contenus, telles que Facebook, Instagram, TikTok et Snapchat. En revanche, les messageries comme Messenger et WhatsApp, ainsi que YouTube, seront exemptées. Mitsotakis, dans sa sagesse, a déclaré : « La science est claire : lorsqu’un enfant reste des heures devant des écrans, son cerveau ne se repose pas. » Merci, docteur Mitsotakis, mais il aurait été plus utile de le dire aux parents plutôt qu’aux enfants sur TikTok.

Pressions sur l’Union européenne

Dans une lettre à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, Mitsotakis a plaidé pour un « cadre européen unifié » d’ici fin 2026. Il propose une « majorité numérique » à 15 ans, avec des vérifications d’âge tous les deux ans. Une belle promesse, mais qui va réellement contrôler ces vérifications ? Les plateformes, qui ont déjà du mal à gérer leurs propres algorithmes, vont-elles devenir des gardiens de l’âge ?

Des pays comme l’Australie et l’Indonésie ont déjà adopté des mesures similaires, mais la question demeure : ces interdictions sont-elles vraiment efficaces ou ne sont-elles qu’un pansement sur une plaie béante ?

« Protéger la santé mentale » et « la démocratie »

Dans un élan de communication, Mitsotakis a choisi TikTok pour faire cette annonce, s’adressant directement aux jeunes. « Je sais que certains d’entre vous vont être fâchés. […] Notre but n’est pas de vous éloigner de la technologie, mais de lutter contre la dépendance à certaines applications qui nuit à votre innocence et à votre liberté », a-t-il déclaré. Une belle intention, mais est-ce vraiment en interdisant l’accès qu’on va préserver la liberté ?

Pourquoi cela dérange

Cette mesure soulève des incohérences. D’un côté, on veut protéger les enfants des dangers des réseaux sociaux, et de l’autre, on utilise ces mêmes réseaux pour faire passer le message. Cela ressemble à une tentative de contrôle déguisée en protection. Les parents, quant à eux, sont invités à prendre leurs responsabilités, mais que dire de l’absence de solutions concrètes pour les aider ?

Ce que cela implique concrètement

Si cette loi est adoptée, les jeunes de moins de 15 ans seront privés d’accès à certaines plateformes, mais cela ne résoudra pas le problème de la dépendance numérique. Au contraire, cela pourrait créer un effet de curiosité malsaine, incitant les jeunes à contourner les restrictions.

Lecture satirique

En somme, la Grèce se positionne comme un pionnier dans la lutte contre les réseaux sociaux, tout en utilisant ces mêmes outils pour faire passer ses messages. C’est un peu comme si un fumeur prêchait contre le tabagisme tout en tirant sur sa cigarette. La contradiction est flagrante, et la promesse de protéger la santé mentale des enfants semble plus être un slogan qu’une réalité tangible.

Effet miroir international

Cette initiative grecque fait écho à des politiques autoritaires ailleurs dans le monde, où la censure est souvent justifiée par la nécessité de protéger les citoyens. Mais à quel prix ? La démocratie et la liberté d’expression sont-elles sacrifiées sur l’autel de la sécurité ?

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une normalisation de la censure sous couvert de protection. Les jeunes, au lieu d’apprendre à naviguer dans un monde numérique complexe, pourraient être laissés dans l’ignorance, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses à long terme.

Sources

Source : www.ledevoir.com

Visuel — Source : www.ledevoir.com
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