La GRC en mode déni : quand la discrimination devient une question de « service public »
Le gouvernement canadien conteste une décision du Tribunal des droits de la personne, arguant que la discrimination n’est pas un « service » à part entière. Une belle pirouette pour éviter de rendre des comptes.
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INTRODUCTION : Dans un monde où la justice devrait être une priorité, le gouvernement fédéral semble avoir trouvé une nouvelle définition de la responsabilité. En contestant une indemnisation accordée aux victimes de discrimination par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), il nous rappelle que parfois, la réalité dépasse la fiction, et que le déni est un art bien maîtrisé.
Ce qui se passe réellement
Le gouvernement fédéral estime que le Tribunal canadien des droits de la personne a accordé à tort une indemnisation aux plaignants et aux témoins qui ont allégué avoir été victimes de discrimination de la part de la GRC dans le cadre d’une enquête sur des allégations d’abus sexuels historiques. Le tribunal a ordonné à la GRC de revoir ses politiques concernant les plaignants autochtones, une décision qui fait suite à une plainte déposée en 2017 par des membres de la Première Nation de Lake Babine. Les plaignants ont affirmé que l’enquête menée entre 2012 et 2014 était une pratique discriminatoire au sens de la Loi canadienne sur les droits de la personne.
Le tribunal a accordé 7500 $ aux plaignants, mais le gouvernement conteste cette décision, arguant que les enquêtes policières ne constituent pas un « service » visé par la loi. En d’autres termes, la GRC ne serait pas responsable de ses actions, car, selon le procureur général, mener une enquête criminelle relèverait des « fonctions fondamentales de maintien de l’ordre ».
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière une incohérence flagrante : d’un côté, la loi interdit la discrimination, et de l’autre, le gouvernement cherche à se dérober à ses responsabilités en qualifiant les enquêtes policières de services non concernés. C’est un peu comme dire que la sécurité publique n’est pas une priorité, mais un simple « service » dont on peut se passer.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette décision sont inquiétantes. En refusant de reconnaître la discrimination comme un problème sérieux, le gouvernement envoie un message clair : les victimes de discrimination, en particulier celles des communautés autochtones, peuvent continuer à être ignorées et marginalisées. Cela ne fait qu’alimenter un cycle de méfiance envers les institutions censées protéger les citoyens.
Lecture satirique
Ah, la GRC, ce bastion de la justice canadienne ! Qui aurait cru qu’une enquête criminelle pourrait être considérée comme un « service » au même titre qu’un café à emporter ? Le gouvernement, dans sa quête de déresponsabilisation, nous rappelle que les promesses de justice ne sont que des mots en l’air, surtout quand il s’agit de rendre des comptes à ceux qui ont déjà souffert.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs dans le monde, où les gouvernements tentent de minimiser les abus en se retranchant derrière des arguments juridiques. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la tendance à ignorer les droits des minorités au nom de l’ordre public est un phénomène inquiétant qui mérite d’être dénoncé.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une érosion encore plus grande de la confiance envers les institutions canadiennes. Les victimes de discrimination pourraient être laissées pour compte, tandis que le gouvernement continue de jongler avec des définitions floues pour éviter de faire face à ses responsabilités.


