Sorti en salles le 21 octobre, La Gradiva, premier long-métrage de Marine Atlan, suit une classe de lycéens en voyage scolaire près de Naples. Le film, qui mêle découverte des vestiges antiques et turbulences adolescentes, a reçu des critiques très élogieuses dans plusieurs médias. Récompensé à Cannes, il a aussi figuré parmi les cinq films finalistes pour représenter la France aux Oscars, avant que le choix ne se porte sur Minotaure, d’Andreï Zviaguintsev.

Un voyage scolaire au cœur du récit

Le film accompagne vingt élèves et leur professeure de latin lors d’une excursion consacrée notamment aux ruines de Pompéi, ensevelies par l’éruption du Vésuve il y a environ 2 000 ans. À Naples, les visites, les sorties nocturnes et les moments de groupe deviennent le cadre d’une expérience où se mêlent curiosité, joie, désir, colère et désillusions.
Trois adolescents occupent une place centrale. Toni, interprété par Colas Quignard, est un élève turbulent qui entend profiter du séjour pour enquêter sur ses origines italiennes. Son lien avec James, son meilleur ami, est mis à l’épreuve. Suzanne, jouée par Suzanne Gerin, peine de son côté à trouver sa place dans la classe et s’insurge contre les rapports de domination qu’elle associe à James, incarné par Mitia Capellier-Audat.
La rencontre entre les lycéens d’aujourd’hui et une ville chargée d’histoire constitue l’un des ressorts du récit. Les critiques du Monde et de Télérama ont notamment relevé la manière dont le film fait dialoguer l’Antiquité et les préoccupations des adolescents. Le décor napolitain n’est ainsi pas seulement un arrière-plan touristique : il accompagne les découvertes et les tensions du groupe.
Des préoccupations contemporaines, une forme singulière
Les comptes rendus mettent aussi en avant la façon dont La Gradiva s’attache aux usages et aux inquiétudes de la jeunesse actuelle. Le Parisien souligne la place de sujets comme Parcoursup, les applications de rencontre et la conscience politique des lycéens. Franceinfo relève, pour sa part, la présence du déterminisme social et de questionnements liés à l’adolescence.
La musique participe à cette inscription dans le présent : le morceau Kongolese sous BBL de Theodora figure dans la bande-son. Libération s’intéresse également à la langue du film et aux façons de parler des jeunes, qu’il présente comme un élément important de son portrait de génération.
Le film dure 2 h 25 et s’appuie sur des acteurs non professionnels. Marine Atlan, qui travaillait jusque-là comme directrice de la photographie, a indiqué à l’AFP que sa réalisation avait demandé deux ans de casting. Elle a aussi raconté avoir entendu des réserves sur la durée et sur une forme jugée trop étrange ou trop lente. Le budget, a-t-elle précisé, était inférieur à trois millions d’euros.
Un premier film primé à Cannes
Avant sa sortie en salles, La Gradiva a remporté le Grand Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes. Sa présence parmi les cinq finalistes pour représenter la France aux Oscars a constitué une autre étape marquante, même si la sélection finale est revenue à Minotaure.
L’accueil critique a surpris Marine Atlan, qui a confié à l’AFP trouver cet engouement « un peu irréel ». Pour la réalisatrice, les retours positifs montrent que des formes cinématographiques moins conventionnelles peuvent toucher le public, malgré les doutes exprimés pendant la fabrication du film.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Valentin Etancelin







