La France ambitionne une baisse des émissions des gaz à effet de serre d’environ 4% par an entre 2024 et 2028, un plan climatique peu concluant à ce stade d’après un récent bilan publié ce mercredi 8 avril.

La réduction des gaz à effet de serre de la France s’est limitée à 1,5% en 2025, largement en dessous du rythme nécessaire à l’atteinte des objectifs climatiques du pays, selon les chiffres actualisés du Citepa, publiés ce mercredi 8 avril.

Cette décélération des progrès en matière de lutte contre le changement climatique s’inscrit dans une tendance plus générale parmi plusieurs pays riches, alors que la planète continue à tutoyer les records en matière de chaleur et que la volonté politique en matière d’écologie marque le pas dans plusieurs pays.

Un bilan « déplorable »

Le recul des émissions en France marque un net recul par rapport aux baisses observées en 2022 et 2023, où le rythme était deux à quatre fois plus rapide. « La tendance à la baisse des émissions se maintient, bien qu’à un rythme ralenti », indique le Citepa dans un communiqué, précisant qu’un tel rythme « reste insuffisant » pour l’atteinte des objectifs de la feuille de route climatique de la France (SNBC-3).

Présentée en décembre et toujours en attente de publication officielle, cette nouvelle stratégie climatique ambitionne une baisse des émissions d’environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

En France, « les reculs sur les politiques publiques de transition écologique se paient cash avec des émissions de gaz à effet de serre qui ont baissé trois fois moins vite que les objectifs climatiques nationaux en 2024 et 2025 », souligne Anne Bringault, directrice des Programmes du Réseau Action Climat (RAC), qui rassemble les principales organisations de défense de l’environnement. La responsable juge « déplorable » le bilan « des gouvernements successifs depuis 2024 » et appelle à une « réaction forte » des pouvoirs publics.

Pour 2025, le Citepa, organisme de référence chargé du suivi des émissions de la France, estime que le total national des émissions, hors puits de carbone, a atteint 364 millions de tonnes équivalent CO2, soit – 1,5% par rapport à 2024. Une précédente estimation, basée sur des données prévisionnelles et publiée en janvier, faisait état d’un recul de 1,6% l’an dernier, après une baisse de 1,8% en 2024.

« De nombreux efforts » attendus dans le transport

Alors que la guerre au Moyen-Orient a remis dans les esprits la question de la dépendance aux énergies fossiles et l’importance d’une transition énergétique, la France comme d’autres pays développés, peine, après avoir enclenché sa décarbonation, à s’attaquer à des secteurs plus sensibles ou coûteux comme les transports ou les raffineries.

L’an dernier, l’industrie de l’énergie a vu ses émissions repartir légèrement à la hausse après les replis de 2023 et 2024. Ces « réductions importantes (…) étaient fortement associées à l’évolution du mix énergétique pour la production d’électricité. Le mix étant désormais très décarboné, les gains potentiels s’amoindrissent pour le secteur », explique le Citepa.

En parallèle, la reprise des activités de raffinage, particulièrement marquée au quatrième trimestre, a fait augmenter les émissions de ce secteur de 10% sur l’année. Le recul des gaz à effet de serre dans les transports n’est que de 1,4% en 2025, alors qu’il représente à lui seul 34% des émissions. « De nombreux efforts sont attendus dans ce secteur », rappelle le Citepa.

Emission de gaz à effet de serre: la France est-elle bonne élève?
Emission de gaz à effet de serre: la France est-elle bonne élève?

Le secteur qui contribue le plus à la baisse des émissions françaises est celui de l’industrie manufacturière, dont les émissions reculent de 3,5% sous l’effet du repli de certaines activités particulièrement émettrices, comme la métallurgie et le ciment, et de la diminution de la consommation de combustibles fossiles.

Le ralentissement français fait écho aux chiffres publiés récemment par l’Allemagne, dont la baisse des émissions a stagné l’an dernier, le ministère allemand de l’Environnement jugeant « trop lents » les progrès réalisés.

Aux États-Unis, les émissions sont même reparties à la hausse (+2,4%) en 2025 après deux années de baisse, entraînées par un hiver particulièrement rude et l’essor de l’intelligence artificielle, selon un rapport publié le 13 janvier par le centre de réflexion et d’analyse Rhodium Group.

La France, championne des promesses climatiques… en marche arrière !

La France vise une réduction de 4% des émissions de gaz à effet de serre par an d’ici 2028, mais le bilan de 2025 montre une baisse de seulement 1,5%. Ironie du sort : les promesses s’évanouissent dans la chaleur ambiante.

Alors que la planète suffoque sous des températures records, la France, dans un élan de bravoure climatique, se targue d’un objectif ambitieux : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 4% par an entre 2024 et 2028. Mais, surprise ! Le dernier rapport du Citepa, publié le 8 avril, révèle que la réalité est bien moins glorieuse. En 2025, la baisse n’a été que de 1,5%, un chiffre qui ferait rougir d’envie un escargot en pleine course.

Ce qui se passe réellement

Le bilan est sans appel : la France, qui espérait une baisse significative, a vu ses efforts ralentir à un rythme d’escargot. En effet, les baisses d’émissions observées en 2022 et 2023 étaient deux à quatre fois plus rapides. « La tendance à la baisse se maintient, bien qu’à un rythme ralenti », précise le Citepa. Un rythme « insuffisant » pour atteindre les objectifs de la feuille de route climatique (SNBC-3). Anne Bringault du Réseau Action Climat ne mâche pas ses mots : le bilan des gouvernements successifs depuis 2024 est « déplorable ».

Pourquoi cela dérange

La France, qui se veut leader en matière de transition écologique, se retrouve à la traîne, et ce, malgré des promesses flamboyantes. La réalité est que les reculs sur les politiques publiques de transition écologique se paient cash. Les émissions ont baissé trois fois moins vite que les objectifs climatiques nationaux en 2024 et 2025. Une belle manière de dire que les discours politiques sont souvent déconnectés des réalités.

Ce que cela implique concrètement

Pour 2025, le total national des émissions a atteint 364 millions de tonnes équivalent CO2, soit une baisse de 1,5% par rapport à 2024. Pendant ce temps, l’industrie de l’énergie a vu ses émissions repartir légèrement à la hausse, et le secteur des transports, qui représente 34% des émissions, n’a enregistré qu’une baisse de 1,4%. Les promesses de transition énergétique semblent donc s’évanouir comme un mirage dans le désert.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les discours politiques se transforment en contes de fées. Les promesses de réduction des émissions sont souvent aussi solides qu’un château de cartes. Pendant que les gouvernements se congratulent pour leurs « efforts », la réalité nous rappelle que le chemin vers la neutralité carbone en 2050 est semé d’embûches. La France, championne des promesses, semble oublier que les actes doivent suivre les mots.

Effet miroir international

Et pendant que la France fait du surplace, d’autres pays, comme les États-Unis, voient leurs émissions repartir à la hausse. Un rapport du Rhodium Group indique une augmentation de 2,4% en 2025, illustrant ainsi que la lutte contre le changement climatique est un défi mondial, où les promesses sont souvent balayées par des réalités plus pressantes.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se maintient, il est à craindre que la France ne parvienne pas à atteindre ses objectifs climatiques. Les « nombreux efforts » attendus dans le secteur des transports et d’autres secteurs critiques pourraient bien rester des vœux pieux, à moins d’une réaction forte et immédiate des pouvoirs publics.

Sources

Source : www.bfmtv.com

Bilan déplorable
Visuel — Source : www.bfmtv.com
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire