La Fondation contre le terrorisme : un oxymore guatémaltèque
José Ruben Zamora, ancien patron d’El Periodico, sort de prison pour dénoncer une ONG qui terrorise au nom de la loi. Ironie du sort ou tragédie nationale ?
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En ce matin ensoleillé du 18 février, José Ruben Zamora, cheveux blancs et lunettes de soleil, s’avance vers les caméras à Guatemala City. L’ancien patron du plus prestigieux journal du pays vient de sortir de prison après plus de deux ans d’incarcération pour des accusations plus que douteuses. Assigné à résidence, il se retrouve face à un dilemme : retourner dans sa cellule ou se battre pour la vérité. Et quel meilleur endroit pour cela que devant le ministère de l’Intérieur ? Zamora s’apprête à déposer une requête pour demander la fermeture de la Fondation contre le terrorisme (FCT), une ONG qui, sous couvert de promouvoir l’État de droit, a terrorisé et persécuté ceux qui osent défier le pouvoir.
Ce qui se passe réellement
La FCT, ou « Fundaterror » comme l’appellent les Guatémaltèques, se présente comme une ONG apolitique. En réalité, elle a orchestré une campagne de terreur contre ceux qui, comme l’ex-procureure générale Thelma Aldana, ont tenté de lutter contre la corruption. Aldana, aujourd’hui exilée à Washington, affirme que la FCT est une organisation criminelle qui prétend combattre le terrorisme tout en terrorisant la justice et la société.
Cette histoire est profondément ancrée dans le passé du Guatemala. Après une guerre civile dévastatrice, les accords de paix ont cherché à démanteler les forces paramilitaires. Cependant, en 2004, une mission de l’ONU a constaté l’impuissance face à la violence persistante. La FCT a prospéré dans ce climat d’impunité, mettant au ban ceux qui osent s’opposer à elle.
Pourquoi cela dérange
La contradiction est flagrante : une fondation qui se veut protectrice de l’État de droit mais qui agit comme un véritable bras armé de l’autoritarisme. Comment peut-on prétendre lutter contre le terrorisme tout en terrorisant les défenseurs de la justice ? C’est un peu comme si un loup se déguisait en agneau pour mieux dévorer le troupeau.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette situation sont désastreuses. La FCT a réussi à marginaliser ceux qui luttent pour la transparence et la justice, créant un climat de peur et de méfiance. Les journalistes, les avocats et les activistes sont désormais des cibles, et la liberté d’expression est mise à mal.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir une organisation qui se proclame « contre le terrorisme » mener une campagne de terreur. Cela rappelle ces gouvernements qui, tout en prônant la démocratie, s’illustre par des atteintes aux droits humains. La FCT, en somme, est le parfait exemple de la promesse politique déconnectée de la réalité.
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas unique au Guatemala. Dans des pays comme les États-Unis ou la Russie, des institutions prétendent défendre la sécurité tout en sapant les fondements mêmes de la démocratie. La FCT pourrait presque servir de modèle à ces gouvernements qui se cachent derrière des discours de sécurité pour justifier des dérives autoritaires.
À quoi s’attendre
Si la situation continue ainsi, on peut s’attendre à une intensification de la répression contre les voix dissidentes. Zamora, en dénonçant la FCT, ouvre une brèche, mais il reste à voir si d’autres suivront son exemple ou s’ils choisiront de se taire par peur des représailles.