La Fondation contre le terrorisme : un oxymore guatémaltèque

José Ruben Zamora, ancien patron d’El Periodico, sort de prison après plus de deux ans de détention pour avoir osé défier une organisation qui se prétend apolitique mais terrorise le pays.

En ce matin ensoleillé du 18 février, José Ruben Zamora, cheveux blancs et lunettes de soleil, fait face aux caméras à Guatemala City. Libéré après deux ans et trois mois d’incarcération pour des accusations aussi crédibles qu’un discours d’extrême droite sur la liberté d’expression, il se prépare à déposer une requête pour demander la fermeture de la Fondation contre le terrorisme (FCT). Oui, vous avez bien lu : une fondation qui, sous couvert de promouvoir l’État de droit, a terrorisé et persécuté ceux qui osent critiquer le pouvoir. Ironique, n’est-ce pas ?

Ce qui se passe réellement

José Ruben Zamora, ancien patron du plus prestigieux journal du Guatemala, El Periodico, vient de sortir de prison. Assigné à résidence, il ne sait pas s’il retournera derrière les barreaux. Il a convoqué la presse pour dévoiler sa requête : « Le plus urgent est de demander officiellement la fermeture de la Fondation contre le terrorisme », dit-il, désignant la FCT comme « Fundaterror ». Cette ONG, qui se présente comme apolitique, a en réalité orchestré une campagne de terreur contre ceux qui luttent pour la justice.

Thelma Aldana, ex-procureure générale, n’hésite pas à qualifier la FCT d’organisation criminelle. « Elle prétend lutter contre le terrorisme alors qu’elle a mené la pire campagne de terreur contre la justice et la société », déclare-t-elle, tout en soulignant que la fondation a réussi à mettre au ban ceux qui ont tenté de lutter contre la corruption.

Pourquoi cela dérange

La FCT, qui se drape dans les habits de la vertu, est en réalité un symbole des dérives autoritaires. En fin de compte, elle incarne la contradiction flagrante d’un système qui prétend défendre la démocratie tout en muselant ceux qui osent s’opposer à lui. Les accords de paix de 1996, qui visaient à démanteler les forces paramilitaires, semblent avoir été réduits à néant par une fondation qui, sous prétexte de sécurité, terrorise la société civile.

Ce que cela implique concrètement

La situation au Guatemala est alarmante. La FCT a réussi à créer un climat de peur, décourageant toute tentative de réforme ou de lutte contre la corruption. Les voix qui s’élèvent contre l’injustice sont systématiquement réduites au silence, et ceux qui osent défier le statu quo sont souvent condamnés à l’exil ou à la prison.

Lecture satirique

Il est fascinant de constater comment la FCT, qui se présente comme un bastion de la lutte contre le terrorisme, a en réalité instauré un régime de terreur. C’est un peu comme si un loup se déguisait en agneau pour mieux dévorer le troupeau. Les promesses de sécurité et de justice sont autant de slogans vides, tandis que la réalité est celle d’une oppression systématique. Qui aurait cru qu’une fondation pouvait être à la fois un paravent et un instrument de terreur ?

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment aux États-Unis ou en Russie, où les gouvernements utilisent des prétextes similaires pour museler la presse et réprimer l’opposition. La FCT est le reflet d’une tendance mondiale inquiétante : la manipulation du langage pour justifier l’injustifiable.

À quoi s’attendre

Les conséquences de cette situation pourraient être désastreuses. Si la FCT continue d’opérer sans entrave, le Guatemala risque de sombrer davantage dans l’autoritarisme. Les voix dissidentes seront étouffées, et la corruption continuera de prospérer, laissant le pays dans un état de désespoir et de désillusion.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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