Le 6 octobre 2026, l’autorité finlandaise chargée des permis et de la surveillance a demandé à Google de suspendre certains travaux préparatoires sur deux projets de centres de données, à Muhos et Kajaani. La décision intervient alors que les évaluations de leurs effets sur l’environnement ne sont pas achevées. Elle ne vise pas l’ensemble du programme annoncé par Google en septembre, mais pourrait retarder le calendrier des deux chantiers concernés.

Ce qui change

L’investissement de 13 milliards d’euros annoncé par Google le 9 septembre porte sur des centres de données et des infrastructures associées en Finlande. Les sites de Muhos et Kajaani font partie de ce programme, qui comprend aussi un projet à Vaala. C’est uniquement la préparation des deux premiers sites qui est visée par la demande de suspension de l’agence finlandaise, la LVV.
Selon la radiotélévision publique Yle, les opérations concernées incluent notamment le déboisement, le décapage des sols et l’aménagement de routes ou de zones de stockage. La mesure doit rester en vigueur jusqu’à la fin des procédures d’évaluation environnementale. Elle n’interdit pas les activités préparatoires considérées comme limitées, telles que les études de sol, les mesures et la planification.
Pourquoi les travaux sont suspendus
Une évaluation des incidences sur l’environnement sert à repérer et examiner les effets possibles d’un projet avant que celui-ci ne transforme durablement son site. Dans ce dossier, la LVV estime que les travaux réalisés peuvent modifier l’environnement de manière significative et que leurs effets doivent être étudiés dans le cadre de cette procédure.
Google a confirmé à Yle que des arbres avaient été abattus sur environ 330 hectares à Muhos et un peu moins de 200 hectares à Kajaani. Le groupe affirme avoir agi de bonne foi, selon son interprétation des règles applicables, mais a aussi reconnu ne pas avoir respecté ses propres exigences. Le 13 octobre, son directeur pour la Finlande, Antti Järvinen, a présenté des excuses publiques, rapporte Yle.
Ce qui est établi et ce qui reste incertain
La demande de suspension de la LVV et la confirmation de Google sur les surfaces concernées sont rapportées par Yle. L’entreprise a indiqué que les travaux préparatoires avaient été interrompus après la demande de l’agence. Une enquête préliminaire de la police a également été signalée : elle doit déterminer s’il existe des motifs de soupçonner une infraction. Ce stade ne constitue ni une condamnation ni une conclusion sur la responsabilité pénale de l’entreprise.
La durée de l’arrêt et ses conséquences sur le calendrier des centres de données ne sont pas établies. La LVV a évoqué la possibilité que plusieurs mois soient nécessaires avant une éventuelle reprise des travaux concernés. À la date de publication, aucune décision définitive n’annonce l’abandon des projets ni une sanction finale.
Ce que cela change pour les utilisateurs
Un centre de données héberge des serveurs qui permettent de faire fonctionner des services en ligne, notamment le stockage à distance et certaines applications d’intelligence artificielle. La suspension de travaux sur deux sites ne signifie pas que les services Google existants vont être interrompus : aucune conséquence de ce type n’a été annoncée. À court terme, l’enjeu concerne plutôt les chantiers locaux, leur calendrier et l’examen de leurs effets environnementaux.
Pour les habitants et les collectivités concernés, la suite dépendra de l’achèvement des évaluations et des décisions des autorités. Le dossier illustre aussi une question concrète pour les grands projets numériques : les travaux de préparation peuvent eux-mêmes modifier un site avant même la construction des bâtiments et doivent donc être examinés dans leur contexte réglementaire.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies
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