La finance à l’ère de l’IA : entre promesses et bulles financières

L’IA promet monts et merveilles, mais les investisseurs rient jaune face aux risques d’une bulle financière imminente.

Dans un auditorium du Pavillon Dauphine, les investisseurs se gaussent de la réponse de ChatGPT, qui évoque une finance dopée à l’IA. Entre les transformations radicales qu’implique cette technologie et la crainte d’une spéculation effrénée, l’ombre d’une bulle financière plane. L’IA soulève des questions cruciales : comment capter les revenus de sa croissance exponentielle ? Eric Bequet de BNP Paribas Cardif résume la situation : « Pour l’IA, il y a ceux qui ont investi au tout début et qui ne savent pas quand vendre, et puis il y a ceux qui n’osent pas investir. » Les « 7 magnifiques » ne résument pas la tech et l’innovation, mais ils illustrent bien la confusion ambiante.

Ce qui se passe réellement

Le marché de la Tech, notamment digital et software, a été profondément affecté ces dernières années. Alexis Riou de Crédit Mutuel Innovation constate que la DeepTech est « un peu à contre-courant ». Mais est-elle vraiment une valeur refuge ? Rien n’est moins sûr. On observe un retour à la rationalité chez les investisseurs, avec des durées de levées de fonds plus longues et une sélectivité accrue. Virginie Le Mee Dubas de Matmut souligne une décorrélation inquiétante : « Les capitalisations boursières des sociétés tech représentent 35% de la valorisation globale pour 1% de contribution au PIB mondial. »


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Nouvelles opportunités

Les investisseurs se tournent vers des projets d’infrastructure numérique et de gestion des données. Chez Crédit Mutuel Innovation, on ne mise pas sur l’IA elle-même, mais sur des sociétés qui l’utilisent. Au sein de BNP Paribas Cardif, on cherche des fabricants de puces en Corée et des entreprises françaises pour accompagner la transformation numérique. Le groupe Matmut, quant à lui, investit dans des technologies alignées avec ses valeurs, comme une application de détection de cancers de la peau. Caceis, de son côté, a créé sa propre IA Factory pour maîtriser les risques et les coûts.


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Souveraineté numérique

Le stockage des données soulève des questions de souveraineté numérique. Actuellement, 70% des données sont aux États-Unis. François Wohrer de la Caisse des Dépôts – Banque des Territoires, optimiste, évoque l’émergence de champions français dans les data centers. « Il vaut mieux que nos données soient localisées sur le sol français plutôt que sur le sol américain », dit-il, tout en soulignant les défis environnementaux liés à cette industrie. Virginie Le Mee Dubas rappelle que l’humanité a déjà produit près de 120 zetta octets de données, et que des technologies de stockage moins énergivores sont nécessaires.

Mais concilier investissements technologiques et responsabilité environnementale n’est pas une mince affaire. Eric Bequet de BNP Paribas Cardif prévient : « Il va falloir réguler les usages et essayer de contrôler les habitudes. » La balle est renvoyée dans le camp du législateur, qui devra trancher entre souveraineté numérique et développement des objets connectés.


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Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont flagrantes : d’un côté, on prône l’innovation technologique, de l’autre, on fait face à une spéculation boursière débridée. Les promesses de croissance rapide s’accompagnent d’une réalité où l’économie réelle peine à suivre.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : une bulle financière pourrait éclater, laissant de nombreux investisseurs dans l’incertitude. La dépendance aux États-Unis pour le stockage des données pose également un risque stratégique pour la souveraineté numérique de la France.

Lecture satirique

Le discours politique autour de l’IA est souvent déconnecté de la réalité. Les promesses de croissance et d’innovation cachent des risques considérables. Les investisseurs, tout en riant jaune, doivent naviguer dans un océan d’incertitudes.

Effet miroir international

À l’étranger, des politiques autoritaires exploitent également la technologie pour renforcer leur contrôle. Les États-Unis, avec leur domination sur les données, rappellent à quel point la souveraineté numérique est cruciale.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent présager une régulation accrue des technologies, mais aussi une vigilance nécessaire face aux dérives potentielles d’une spéculation incontrôlée.

Sources

Source : www.agefi.fr

Visuel — Source : www.agefi.fr
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