La ferme de Quincé est un étrange mélange. Le chant des oiseaux se mêle au bruit continu du trafic routier de la rocade. Les petits pois et les blettes poussent à deux pas du bitume. Cet écrin de verdure est coincé entre un immense centre commercial, des immeubles flambant neufs et le boulevard périphérique qui encercle Rennes. C’est ici que deux maraîchers cultivent la plus urbaine des fermes de la capitale bretonne.

« On entre dans la saison où tout s’accélère. On fait beaucoup de plantations. On a commencé à planter les tomates sous la serre. La semaine prochaine, on mettra les poivrons et les aubergines. On essaye d’avoir une grande diversité sur une petite surface. On veut avoir une démarche productive », raconte Lucas. Cet ancien ingénieur agronome est l’un des deux maraîchers qui s’occupent de la parcelle d’un peu plus d’un hectare située dans le quartier Beauregard.

Projet hybride

Depuis l’installation il y a cinq ans, l’association 35 Volts qui pilote ce projet hybride mélangeant agriculture, guinguette festive, lieu de rencontre et scène culturelle a redonné vie au passé maraîcher des lieux. « Jusque dans les années 1990, il y avait des cultures ici », rappelle Adrien Champas. Issu du milieu culturel, il est l’un des fondateurs de l’association exploitant la ferme de Quincé. Grâce à un solide réseau de bénévoles, la structure est quasiment à l’équilibre financièrement. Et ce, sans subventions municipales ni aucune aide des chambres d’agriculture. « On ne rentre pas dans les cases des instances agricoles donc on ne bénéficie pas des aides de la PAC. Il a fallu inventer un modèle. »

Les recettes de la guinguette viennent compléter les revenus du potager. Car la vente des légumes aux restaurants et aux habitants du quartier ne suffit pas à couvrir les deux salaires et les frais de fonctionnement. L’an dernier, 17.000 personnes sont venues siroter un verre dans ce lieu pourtant bien caché. Le week-end dernier, elle a fait le plein pour sa réouverture.

« On ne prétend pas nourrir la ville avec notre petite surface. Mais on veut produire, vendre nos légumes en circuit court. Cette ferme, c’est un moyen de montrer aux habitants ce que l’on peut faire pousser, de faire goûter. On rend l’agriculture visible pour un public urbain qui est de plus en plus déconnecté de son alimentation », assure Adrien Champas. Dans les serres, les petits-pois commencent à pousser, les blettes affichent de belles feuilles et les pommes de terre attendent d’être récoltées.

« C’est bien plus qu’un lieu de production »

Propriétaire de la ferme, la ville de Rennes aurait sans doute pu tout raser mais a préféré y installer une activité agricole, avec l’ambition de rapprocher les citadins du jardin. « L’agriculture urbaine est un atout pour la santé, pour l’environnement, pour le lien social, pour la qualité de l’eau. Elle ne va pas rendre les villes autonomes mais elle montre un nouveau modèle agricole avec des activités hybrides », estime Ludovic Brossard, conseiller municipal de Rennes délégué à l’alimentation durable et à l’agriculture urbaine.

Sur un peu plus d'un hectare, deux maraîchers et de nombreux stagiaires et bénévoles s'activent pour produire un maximum de légumes.
Sur un peu plus d’un hectare, deux maraîchers et de nombreux stagiaires et bénévoles s’activent pour produire un maximum de légumes.  - C. Allain/20 Minutes

En plus d’être une vitrine, cette ferme se transforme petit à petit en lieu de formation. Alors que les agriculteurs sont de moins en moins nombreux, il y a urgence à former une nouvelle génération de paysans. « A la campagne, les maraîchers ne peuvent pas ouvrir leur ferme comme on le fait, et c’est bien normal. On a des bénévoles, des services civiques, des stagiaires. Quand les gens mettent les mains dans la terre, ça crée des vocations. On aura besoin de cette main-d’œuvre pour renouveler les générations », assure Adrien Champas. Celle-ci viendra-t-elle des enfants qui viennent boire une grenadine au milieu des serres.

La Ferme de Quincé : Un Potager au Milieu du Bitume, ou l’Ironie de l’Agriculture Urbaine

Entre le chant des oiseaux et le vrombissement des voitures, la Ferme de Quincé se dresse comme un symbole de l’absurde : une oasis verte en plein chaos urbain, où l’on cultive des légumes tout en sirotant des cocktails.

Dans un monde où les politiques agricoles semblent souvent déconnectées de la réalité, la Ferme de Quincé à Rennes nous rappelle que l’agriculture urbaine n’est pas qu’un simple gadget à la mode. Ici, deux maraîchers, Lucas et Adrien, s’efforcent de cultiver des tomates et des poivrons sur un hectare coincé entre un centre commercial et un périphérique. Qui aurait cru qu’un tel projet pourrait voir le jour au cœur d’une ville où le bitume règne en maître ?

Ce qui se passe réellement

Depuis cinq ans, l’association 35 Volts anime ce projet hybride, mêlant agriculture, guinguette festive et scène culturelle. « Jusqu’aux années 1990, il y avait des cultures ici », rappelle Adrien. Mais aujourd’hui, la Ferme de Quincé ne bénéficie d’aucune subvention municipale, car elle ne rentre pas dans les cases des instances agricoles. Un modèle inventé de toutes pièces, sans aide de la PAC, qui fait sourire : qui aurait cru que l’on pourrait cultiver des légumes sans l’aval de l’État ?

Les recettes de la guinguette, où 17 000 personnes se sont pressées l’an dernier, viennent compléter les revenus du potager. « On ne prétend pas nourrir la ville », assure Adrien, mais au moins, ils rendent l’agriculture visible pour un public de plus en plus déconnecté de son alimentation. Une belle ironie, n’est-ce pas ?

Pourquoi cela dérange

La Ferme de Quincé représente une incohérence flagrante dans un monde où les discours politiques vantent l’importance de l’agriculture durable tout en négligeant les initiatives locales. Alors que les grandes surfaces continuent de proliférer, ces maraîchers tentent de prouver qu’il est possible de cultiver en ville, mais à quel prix ?

Ce que cela implique concrètement

Cette ferme ne se contente pas de produire des légumes ; elle devient un lieu de formation pour une nouvelle génération de paysans. « Quand les gens mettent les mains dans la terre, ça crée des vocations », affirme Adrien. Mais cette belle ambition ne cache-t-elle pas une réalité plus sombre ? La nécessité de former des agriculteurs dans un contexte où les terres agricoles disparaissent à une vitesse alarmante.

Lecture satirique

Les discours politiques sur l’agriculture urbaine sont souvent déconnectés de la réalité. Pendant que certains promettent monts et merveilles, d’autres, comme la Ferme de Quincé, doivent se battre pour exister. « L’agriculture urbaine est un atout pour la santé », dit-on, mais quand il s’agit de soutenir des projets concrets, le silence est assourdissant. Une belle promesse, mais où sont les actes ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, des pays comme les États-Unis et la Russie montrent que les discours politiques peuvent être éloignés des réalités du terrain. Pendant que certains gouvernements prônent des politiques agricoles durables, d’autres continuent de favoriser l’agriculture intensive, au détriment de l’environnement et des petits producteurs. La Ferme de Quincé est un microcosme de ces contradictions.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se maintient, nous pourrions voir davantage d’initiatives comme celle-ci, mais également une intensification des conflits entre l’urbanisation galopante et les besoins alimentaires. La Ferme de Quincé pourrait-elle devenir un modèle à suivre, ou simplement un exemple de ce qui pourrait disparaître si l’on ne prend pas garde ?

Sources

Source : www.20minutes.fr

« On rend l’agriculture visible »… Dans cette ferme au cœur de Rennes, on mélange la guinguette et les courgettes
Visuel — Source : www.20minutes.fr
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