La Dette Publique : Le Grand Cirque des Économistes

La France, avec une dette atteignant 115 % du PIB, se retrouve à jongler avec des chiffres qui feraient pâlir un acrobate. Pendant ce temps, nos économistes se battent pour savoir qui aura le dernier mot sur la façon de sauver nos finances publiques.

Dans les bureaux feutrés du Cercle des Économistes, à deux pas de l’Arc de Triomphe, le président de l’OFCE, Xavier Ragot, a tiré la sonnette d’alarme. Ce n’est pas tous les jours qu’un économiste keynésien se transforme en Cassandre, mais il semblerait que la fête des aides publiques touche à sa fin. « Sur les finances publiques, on ne peut plus continuer comme cela », a-t-il déclaré, comme si la réalité ne lui était pas déjà tombée dessus depuis des années.

Ce qui se passe réellement

Ragot, qui a fait partie du cabinet d’Arnaud Montebourg, n’est pas hostile au bouclier tarifaire mis en place après l’invasion de l’Ukraine. Mais il s’inquiète : « À la fin de la crise, il faut reprendre l’argent. On a du mal à arrêter de donner. » Résultat : 80 milliards d’euros de dépenses entre 2022 et 2024, creusant notre déficit à 5,8 % du PIB en 2024. Une belle performance pour un pays qui prétend vouloir équilibrer ses comptes.

Et que dire de la hausse des taux d’intérêt ? « On n’emprunte plus à 1 % comme il y a quelques années. Aujourd’hui, c’est 3,5 % », s’inquiète Ragot. Un chiffre qui fait réfléchir, surtout quand on sait que le taux d’intérêt payé par la France est supérieur à son taux de croissance. « Ce n’est pas soutenable », résume son collègue Alain Trannoy. Qui aurait cru que l’argent ne pousse pas sur les arbres ?

Pourquoi cela dérange

Les coupes dans les dépenses sont inévitables, mais nos parlementaires semblent préférer faire des économies sur l’État et les services publics plutôt que sur les prestations sociales. Avec plus de 700 milliards d’euros distribués, les prestations sociales explosent, notamment à cause de la revalorisation des retraites. « Les retraites représentent la principale marge de manœuvre pour rétablir les comptes », admet Ragot, tout en sachant que toucher à ce sujet est aussi risqué qu’un numéro de trapèze sans filet.

Ce que cela implique concrètement

Imposer des sacrifices aux 15,4 millions de retraités, une population qui vote beaucoup, semble être un suicide politique. Les précédentes tentatives pour faire contribuer les retraités ont échoué, et la hausse de la CSG a coûté cher à Emmanuel Macron. Un vrai casse-tête pour nos dirigeants, qui préfèrent sans doute se concentrer sur des sujets moins explosifs.

Lecture satirique

Alors que nos économistes se battent pour savoir qui a raison, la réalité est que la France est en train de sacrifier sa jeunesse pour payer ses aînés. « Il faudrait lancer un grand débat public sur les prestations sociales », espère Ragot. Mais qui oserait aborder ce sujet brûlant en période électorale ? La promesse d’un débat sur la baisse des prestations sociales semble aussi crédible qu’un politicien promettant de ne jamais mentir.

Effet miroir international

En regardant au-delà de nos frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques autoritaires qui, elles aussi, jonglent avec des chiffres et des promesses. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours politiques déconnectés de la réalité semblent être la norme. Mais ici, en France, nous avons notre propre cirque à gérer.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle continue, Ragot prédit un risque de « nécrose de l’économie française ». Si l’État continue de rogner sur l’enseignement supérieur et la recherche, notre croissance future sera compromise. En d’autres termes, si nous continuons à sacrifier notre jeunesse, nous pourrions bien nous retrouver à applaudir un spectacle de marionnettes, où les fils sont tirés par des intérêts bien éloignés du bien commun.

Sources

Source : www.challenges.fr

Visuel — Source : www.challenges.fr
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