On a les cocoricos qu’on peut. L’observatoire des déchets relié au Syvadec, dans son rapport relatif à l’année 2025, se félicite ainsi, concernant les filières de collecte sélective (verre, papier, emballages et biodéchets), d’un « niveau consolidé de participation au tri autour de 90 kg par habitant ». On ne peut qu’admirer l’imagination fertile du rédacteur du texte pour tenter de valoriser la totale stagnation de l’effort de tri dans l’île !

La Corse est très en retard sur le reste de la France ; elle est ridicule à côté de ce qui est réalisé dans la très proche Sardaigne ; mais cela n’empêche pas le Syvadec de se vanter d’un « niveau consolidé de l’effort de tri ». Un peu comme si un cancre qui accumule avec régularité, année après année, les mauvaises notes, se félicitait « d’une note consolidée » de deux sur vingt !

Aucun progrès n’a été fait depuis 2021. Chaque année a reproduit le même chiffre de 90 kg par habitant de l’année précédente. Or, l’effort de tri des collectivités se manifeste avant tout par les apports volontaires des usagers aux différents points de collecte.

Si, malgré cette stagnation désastreuse, le taux de tri général a connu une légère amélioration en 2025, 41% contre 38% un an auparavant, on le doit avant tout à la réduction à la source du volume total par habitant des déchets produits (-3,3%), effet de la politique générale en France pour la réduction des emballages.

Ce taux de 41% est par ailleurs un résultat particulièrement médiocre. La Communauté de Communes de Calvi-Balagna, qui atteint un taux de tri de 67%, le double de la plupart des autres communautés de communes, est en soi un indicateur objectif du minimum qui pourrait être fait, et donc de l’incapacité du Syvadec à impulser la moindre dynamique globale sur l’île.

Dans la Sardaigne voisine, le taux moyen de tri est de 76,5%, bien plus haut donc que la meilleure des performances de toutes les collectivités de Corse. En Sardaigne, seules 8 communes font moins bien que 65%, pendant que 161 communes dépassent 80% de tri. Que penser alors des « performances » obtenues ici en Corse ailleurs qu’en Balagna : Sartenais-Valincu 30%, Pieve d’Ornanu 32%, Centre Corse 33%, Marana-Golu 35%, Alta Rocca 36%, CAPA 38%, Sud-Corse 39%, CAB 40%, Cap Corse 42% ? C’est bien la carence totale d’une politique corse générale, dont le Syvadec avait vocation à être le principal moteur, qui est en cause. Et celui-ci continue, imperturbable, à justifier la fuite en avant vers les « fausses solutions », comme le sera le méga-centre de tri qui est en train d’être installé à Monte, et qui est destiné à devenir l’équivalent, à l’échelle de la Corse entière, du téléporté d’Aiacciu.

C’est quand même inouï de constater à quel point la Corse est mal lotie en termes de décisions stratégiques. Les dizaines millions d’euros englouties dans ce projet auraient largement suffi pour structurer à l’échelle de la Corse une stratégie du tri qui aille au bout d’une logique vertueuse. En dix ans, il n’y a pas eu de mise en place de la tarification différenciée destinée à récompenser la population qui coopère avec les priorités régionales du tri ; pas de création d’un service structuré apportant un véritable accompagnement technique et logistique aux Communautés de Communes ; pas de contrats d’objectifs qui permettent de récompenser, ou de sanctionner, les collectivités à travers la tarification des volumes envoyés en décharge. En fait, avec le lancement du centre de tri de Monte, dont la rentabilité est incertaine et liée à un volume minimum des tonnages traités, c’est-à-dire non triés à la source, le Syvadec a délibérément tourné le dos aux priorités définies par la Collectivité de Corse, et il a mis la Corse en contradiction avec toutes les directives européennes.

A l’heure du renouvellement de sa gouvernance au lendemain des élections municipales, peut-on espérer un changement de direction ? Les six ans passés l’ont montré : c’est à travers ce syndicat de communes que la politique réelle des déchets de la Corse est menée, y compris contre la volonté de la Collectivité de Corse. Un changement serait certainement bienvenu !

La Corse, championne du tri… dans l’illusion !

Le Syvadec se félicite d’un « niveau consolidé » de tri, mais la stagnation est criante. La réalité est bien moins glorieuse.

En 2025, l’observatoire des déchets du Syvadec nous gratifie d’un rapport où il se vante d’un « niveau consolidé de participation au tri autour de 90 kg par habitant ». Un bel exemple d’imagination fertile pour masquer une stagnation totale de l’effort de tri sur l’île ! En effet, la Corse semble s’être arrêtée dans le temps, se contentant d’un chiffre figé depuis 2021. C’est un peu comme si un élève qui accumule les mauvaises notes se vantait d’une « note consolidée » de deux sur vingt, tout en espérant que cela impressionne ses parents.

Ce qui se passe réellement

La Corse est à la traîne par rapport au reste de la France, et la comparaison avec la Sardaigne voisine est tout simplement humiliante. Tandis que le Syvadec se pavane avec son « niveau consolidé », la réalité est que le taux de tri général a à peine grimpé à 41% en 2025, contre 38% l’année précédente. Cette légère amélioration est principalement due à une réduction des déchets produits, et non à un effort de tri accru. La Communauté de Communes de Calvi-Balagna, avec un taux de tri de 67%, démontre que des résultats bien meilleurs sont possibles. Mais que dire des autres ? Sartenais-Valincu à 30%, Pieve d’Ornanu à 32%… La liste des performances pitoyables est longue.

Pourquoi cela dérange

La carence d’une politique générale de tri est évidente. Le Syvadec, censé être le moteur de l’effort de tri, justifie des projets comme le méga-centre de tri à Monte, qui ne fait que masquer l’inefficacité de l’ensemble du système. En dix ans, aucune tarification différenciée n’a été mise en place pour encourager les citoyens à trier. Au lieu de cela, des millions d’euros sont engloutis dans des projets douteux, sans réelle stratégie derrière.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : la Corse reste à la traîne, et les directives européennes sont ignorées. Le Syvadec, en tournant le dos aux priorités de la Collectivité de Corse, met en péril l’avenir écologique de l’île. Les citoyens, quant à eux, sont laissés pour compte, sans incitations ni accompagnement.

Lecture satirique

Le discours politique, plein de promesses et de bonnes intentions, semble déconnecté de la réalité. Les responsables se félicitent de résultats médiocres, tout en négligeant les véritables enjeux. C’est un peu comme si un chef d’État annonçait des réformes spectaculaires tout en continuant à ignorer les problèmes fondamentaux de son pays. La Corse, avec son Syvadec, semble jouer dans la même cour que ces dirigeants qui préfèrent les discours aux actes.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les gouvernements se vantent de succès fictifs tout en négligeant les véritables préoccupations de leurs citoyens. La Corse, dans son immobilisme, pourrait presque servir de modèle à ces États qui préfèrent l’apparence à l’efficacité.

À quoi s’attendre

Avec le renouvellement de la gouvernance après les élections municipales, peut-on espérer un changement de cap ? Les six dernières années ont montré que le Syvadec est un acteur clé, mais pas nécessairement un bon élève. Un changement serait non seulement bienvenu, mais nécessaire pour sortir de cette spirale de stagnation.

Sources

Source : www.facebook.com

Bilan déchets 2025 du... - François Alfonsi (Officiel)
Visuel — Source : www.facebook.com
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