La Corrèze en résistance : quand Paris regarde la France avec des jumelles

La décision de limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes départementales suscite un tollé : mépris des territoires et déconnexion totale du réel.

Dans un pays où les décisions se prennent à Paris, loin des réalités locales, la Corrèze s’érige en bastion de la résistance. Édouard Philippe, Premier ministre, a décidé de réduire la vitesse sur les routes sans même consulter ceux qui connaissent le terrain. Comme si, depuis le confort du périphérique, il était possible de comprendre les besoins des automobilistes corréziens. La voiture, pour eux, n’est pas un accessoire, mais une nécessité. Et pourtant, la centralisation administrative semble avoir oublié cette petite nuance.

Ce qui se passe réellement

« On est entrés en résistance », déclare un élu local, pointant du doigt une mesure qui ne fait que symboliser l’ignorance de l’administration centrale. « C’est plus que symbolique car, de Paris, on regarde le pays réel avec des jumelles, sans le connaître », s’insurge-t-il. Édouard Philippe incarne le macronisme à son paroxysme : un mépris flagrant pour les corps intermédiaires. La France ne se résume pas à ce qui se passe à l’intérieur du périphérique. Les transports en commun, c’est formidable, mais pour ceux qui n’en ont pas, la voiture reste indispensable. Laisser l’administration centrale torpiller les territoires, c’est inacceptable.

Confiance

Il a fallu plusieurs mois pour que le législateur accorde aux Départements la possibilité de revenir à une circulation à 90 km/h. La Corrèze, avec le Cantal, est l’un des rares départements à s’opposer frontalement à cette réduction. « Tout ceci traduit simplement une absence de confiance et surtout du mépris envers les collectivités », déclare un élu. « Ils savent mieux ce qui est bon pour nous… Comment voulez-vous qu’un pays puisse fonctionner de la sorte ? »

La Corrèze et le Cantal sont les deux seuls départements à s’être opposés frontalement à cette réduction de la vitesse.

Pascal Coste, président du Département, a profité de ce débat pour examiner le réseau routier local. Sur 4 780 kilomètres, 25 tronçons dangereux ont vu leur vitesse abaissée à 70 km/h, tandis que le reste est resté à 90. Les 2 008 arrêtés signés ont été validés par les tribunaux, et aujourd’hui, la majorité des routes départementales permettent de rouler à 90 km/h.

Quelques économies

Le gouvernement de l’époque avait pour objectif de réduire l’accidentologie. Mais le président de la Corrèze a scruté les chiffres de la Sécurité routière : « 52 % des accidents sont liés à la pluie, or, quand il pleut, la limite de vitesse est à 80 km/h. La vitesse représente seulement 18 % des accidents. Si le Premier ministre nous avait demandé, on lui aurait expliqué. »

Pourquoi cela dérange

Cette situation met en lumière les incohérences d’une politique qui prétend agir pour la sécurité, tout en ignorant les réalités locales. La centralisation des décisions crée un fossé entre les besoins des citoyens et les mesures imposées par une élite déconnectée.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont claires : des routes moins sécurisées pour ceux qui dépendent de leur voiture, et un sentiment croissant de mépris envers une administration qui ne semble pas écouter. Les élus locaux se battent pour défendre les intérêts de leurs concitoyens, mais face à une bureaucratie sourde, leur voix peine à se faire entendre.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que les mêmes personnes qui prônent la sécurité routière sont celles qui, depuis leur bureau parisien, imposent des règles sans tenir compte des réalités du terrain. Promettre de réduire les accidents tout en ignorant les causes réelles, c’est un peu comme essayer de remplir un seau percé. Les contradictions sont flagrantes, et la déconnexion entre promesses et réalité est criante.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, où les décisions sont prises sans consultation des citoyens. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, le mépris pour les collectivités et les réalités locales semble être un trait commun des gouvernements qui se croient au-dessus des lois de la réalité.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, on peut s’attendre à une montée de la résistance locale face à des décisions de plus en plus déconnectées. Les citoyens, lassés d’être traités comme des sujets plutôt que comme des acteurs, pourraient bien décider de reprendre le volant de leur destin.

Sources

Source : www.sudouest.fr

Visuel — Source : www.sudouest.fr
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