La Chine sur la Lune : un défi à l’Amérique ou un simple coup de com’ ?

Alors que la Chine s’apprête à envoyer des astronautes sur la Lune, les États-Unis semblent plus préoccupés par leurs querelles internes que par cette nouvelle conquête spatiale.

INTRODUCTION : La course à la Lune, autrefois symbole de fierté nationale, semble aujourd’hui être un terrain de jeu pour les ambitions chinoises. Pendant que les États-Unis se battent pour savoir qui a le droit de dire quoi sur Twitter, la Chine avance, imperturbable, vers son objectif lunaire. Qui aurait cru qu’une nation, autrefois isolée, serait aujourd’hui en train de défier l’hégémonie américaine dans l’espace ?

Ce qui se passe réellement

Le programme habité chinois a été lancé en 1992, et depuis, la Chine a mené une quinzaine de missions habitées, avec le premier vol d’un astronaute, Yang Liwei, en 2003. En 2021, la station Tiangong a accueilli ses premiers occupants. Richard de Grijs, professeur à l’université Macquarie, souligne que l’approche chinoise, moins sujette aux changements politiques, présente des avantages en termes de prévisibilité.

  • A quand des astronautes chinois sur la Lune ?

« D’ici à 2030 », espère l’Agence spatiale chinoise CNSA. La Chine a déjà envoyé plusieurs robots sur la Lune et a rapporté des échantillons lunaires. Une mission habitée nécessite toutefois un matériel différent, actuellement en période de test. La Chine doit ainsi effectuer cette année le vol d’essai en orbite de son nouveau vaisseau Mengzhou (Navire des rêves), remplaçant du vieillissant Shenzhou.

Les ingénieurs élaborent aussi une nouvelle fusée, la Longue Marche-10, indispensable pour propulser le vaisseau vers la Lune. Elle a effectué un premier vol à basse altitude le 11 février. L’atterrisseur Lanyue (Etreindre la Lune), qui transportera les astronautes de l’orbite à la surface lunaire, pourrait effectuer son vol inaugural vers 2028-2029.

  • La Chine veut-elle vraiment une base lunaire ?

Oui. La Chine espère d’ici à 2035 avoir construit la version « basique » d’une base scientifique habitée, appelée « Station internationale de recherche lunaire ». Elle doit être édifiée près du pôle Sud lunaire, où la présence d’eau, sous forme de glace, est présumée.

La base devrait être construite avec des briques fabriquées sur place, à partir de sol lunaire, grâce à des imprimantes 3D. Testée sur Terre et sur Tiangong, la technique doit l’être sur la Lune durant la mission robotique Chang’e-8, prévue vers 2028. Une version élargie de la base est prévue vers 2040.

La Chine développe également une constellation de satellites autour de la Lune, dénommée « Queqiao », qui sera notamment chargée d’assurer des services nécessaires aux futures activités sur l’astre.

  • Est-ce une course avec les États-Unis ?

Oui et non. La Chine ne parle jamais de « course à la Lune » et de concurrence avec les États-Unis. « Ils ont de l’ambition pour leur programme spatial et voient la Lune comme la prochaine étape logique de leur progression. Pour sa valeur propre, non par rivalité. Cela ne changerait rien pour eux si les Américains n’y allaient pas », affirme Jonathan McDowell, astrophysicien et analyste spatial. « Mais si la Chine installe une base lunaire la première, ça représenterait un sérieux défi pour la capacité des États-Unis à faire de même. Car les zones propices près du pôle Sud lunaire sont très limitées », prévient-il.

Pour l’heure, la Chine « reste derrière les États-Unis » en matière de vols habités, juge Chen Lan, spécialiste du programme spatial chinois, qui note la supériorité des vaisseaux Dragon et Orion, utilisés par la NASA, par comparaison avec Shenzhou.

C’est possible. Après 2040, la base lunaire chinoise servira à « valider les technologies et capacités pour une mission habitée vers Mars », affirme la CNSA. Des responsables d’entreprises spatiales et des scientifiques chinois ont évoqué dans le passé la planète rouge comme une potentielle destination pour des astronautes. « Mais je ne pense pas que des projets concrets vers Mars voient le jour avant l’atterrissage sur la Lune et la première étape de la base lunaire », conjecture Chen Lan, spécialiste du programme spatial chinois.

Pourquoi cela dérange

La montée en puissance de la Chine dans le domaine spatial met en lumière l’incapacité des États-Unis à maintenir leur position de leader. Pendant que les politiciens américains se battent pour des questions internes, la Chine avance, construisant une base lunaire qui pourrait un jour servir de tremplin pour des missions vers Mars. Qui aurait cru que le pays qui était autrefois le paria de l’espace deviendrait le pionnier de l’exploration lunaire ?

Ce que cela implique concrètement

La conquête lunaire par la Chine pourrait redéfinir les équilibres géopolitiques. Si la Chine réussit à établir une base lunaire avant les États-Unis, cela pourrait non seulement renforcer son statut sur la scène internationale, mais aussi poser des questions sur la domination américaine dans l’espace. Les États-Unis, qui ont longtemps considéré l’espace comme leur terrain de jeu exclusif, pourraient se retrouver à devoir partager ce vaste domaine avec un nouvel acteur majeur.

Lecture satirique

Pendant que les États-Unis se battent pour savoir qui a le droit de parler de quoi sur les réseaux sociaux, la Chine, elle, construit des fusées. Ironiquement, le pays qui a longtemps été le vilain petit canard de l’espace semble maintenant jouer dans la cour des grands. Les promesses de conquête spatiale des États-Unis semblent de plus en plus déconnectées de la réalité, alors que la Chine avance à grands pas vers ses objectifs lunaires. Qui aurait cru que la vraie course à l’espace serait finalement entre les États-Unis et leur propre incapacité à se concentrer sur l’essentiel ?

Effet miroir international

Ce défi chinois à l’Amérique n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Pendant que certains pays se battent pour des droits fondamentaux, d’autres se concentrent sur la conquête de la Lune. La question se pose : qu’est-ce qui est vraiment important ? La conquête spatiale ou la conquête des droits de l’homme ?

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, nous pourrions voir des astronautes chinois sur la Lune d’ici 2030, avec une base lunaire opérationnelle d’ici 2035. Pendant ce temps, les États-Unis devront peut-être se réveiller et réaliser que l’espace n’est pas seulement un terrain de jeu, mais un champ de bataille géopolitique où chaque mouvement compte.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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