La Chine et l’Iran : un duo inattendu au cœur du chaos moyen-oriental
Le renseignement américain accuse une entreprise chinoise d’aider l’Iran à cibler des frappes, tandis que des ingénieurs chinois partagent des conseils militaires en ligne. Qui joue réellement à quoi dans ce jeu dangereux ?
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À quel jeu joue la Chine au Moyen-Orient ? Le renseignement américain semble convaincu qu’au moins une société chinoise d’imagerie satellite aide l’Iran à identifier des cibles à bombarder, comme l’a rapporté ABC, la télévision publique australienne, le 5 avril. En outre, des Chinois zélés prodiguent sur Internet leurs conseils à l’Iran, parfois techniquement très pointus, pour contrer la force de frappe américano-israélienne. Avec ou sans la bénédiction de Pékin ?
Ce qui se passe réellement
Des « aides » qui « mettent en danger la vie d’Américains », a affirmé à ABC une source proche du Pentagone. D’après le média public australien, une entreprise chinoise en particulier semble être dans le collimateur du renseignement militaire américain : Mizar Vision. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, ce spécialiste des photos satellites améliorées grâce à l’intelligence artificielle a publié des clichés de plusieurs bases de la région abritant des avions de combat américains.
Leur outil d’IA permet d’identifier et de suivre rapidement le mouvement des troupes, des navires ou encore d’avions à travers une multitude d’images satellites, souvent achetées à d’autres spécialistes du secteur. Dans le cas de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, des images publiées par Mizar Vision sur les réseaux sociaux ont fourni le détail des forces américaines mobilisées au Moyen-Orient juste avant les premiers bombardements, souligne le Washington Post.
Le jeu trouble de Mizar Vision
Mizar Vision, fondée en 2021 à Hangzhou – la Silicon Valley chinoise – ne dépend pas directement de l’État. Mais comme beaucoup d’entreprises privées en Chine, « il y a souvent des liens avec l’armée ou l’État à travers des employés ou des membres des instances dirigeantes », précise Andrea Ghiselli, spécialiste des relations internationales à l’université d’Exeter. L’État chinois détiendrait en outre une petite participation au capital de Mizar Vision, assure ABC.
Un guide « citoyen » pour abattre un F-35 ?
Le lien avec le pouvoir central est encore plus ténu dans le cas des citoyens avides de partager sur les réseaux sociaux leur expertise en matière de technologie militaire américaine. C’est notamment le cas de « Laohu Talks World », un internaute chinois devenu une célébrité sur WeChat et Douyin, pour son tutoriel vidéo expliquant comment abattre un F-35 américain sans disposer du nec plus ultra des technologies de défense anti-aérienne.
La vidéo, vue plusieurs millions de fois, a été mise en ligne peu avant qu’un chasseur américain soit effectivement abattu par l’Iran. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un F-35, mais d’un F-15E, le tutoriel n’en a pas moins valu à son auteur, qui affirme être ingénieur, d’être surnommé le « prophète » chinois ayant montré la voie aux Iraniens.
Pourquoi cela dérange
Ce soutien « citoyen » à l’Iran soulève des questions sur les véritables intentions de la Chine. Si ces conseils et images satellites permettent réellement à l’Iran de mieux se défendre, Pékin voit son grand rival américain « s’embourber au Moyen-Orient », s’épuiser militairement et devenir de plus en plus hostile à l’Otan. Une situation qui pourrait bien servir les intérêts chinois, tout en sapant l’image de domination militaire des États-Unis.
Ce que cela implique concrètement
Les autorités chinoises ont tout à gagner de ce soutien « citoyen ». Si les conseils et images satellites permettent réellement à l’Iran de mieux se défendre, cela pourrait inciter Washington à revoir sa stratégie au Moyen-Orient, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour la stabilité régionale.
Lecture satirique
Dans un monde où les États-Unis se vantent de leur supériorité militaire, voilà que des ingénieurs chinois, en mode « DIY », se transforment en consultants militaires pour l’Iran. Qui aurait cru que la Silicon Valley chinoise serait le nouveau QG des stratèges anti-américains ? Pendant ce temps, les États-Unis continuent de jouer les gendarmes du monde, tout en se faisant piétiner par des vidéos virales sur les réseaux sociaux. Ironie du sort, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Ce phénomène rappelle les dérives autoritaires d’autres pays, où la désinformation et la manipulation de l’information sont monnaie courante. Si la Chine utilise des « citoyens » pour contourner les sanctions et soutenir un régime comme celui de l’Iran, cela soulève des inquiétudes quant à la montée de la désinformation à l’échelle mondiale.
À quoi s’attendre
Il est probable que la tension entre les États-Unis et la Chine continue de croître, avec des implications directes pour la sécurité mondiale. Si les États-Unis ne parviennent pas à s’adapter à cette nouvelle réalité, ils pourraient se retrouver dans une position encore plus vulnérable.



