Koura-Koura : La Fierté de Kaya, Entre Tradition et Insécurité

À Kaya, le koura-koura, symbole de savoir-faire local, souffre d’une crise d’approvisionnement. Ironie du sort : la tradition se heurte à la réalité.

Dans la ville de Kaya, le koura-koura ne se résume pas à une simple friandise. Ce tourteau d’arachide, à la texture croquante, est un symbole de transmission familiale et de savoir-faire local. Mais derrière cette spécialité connue bien au-delà de la région, les productrices doivent aujourd’hui composer avec des difficultés d’approvisionnement de l’arachide.

Sous un hangar sombre marqué par la fumée des foyers, Sarata Savadogo pétrit avec énergie une pâte d’arachide avant de la façonner en petites étoiles qu’elle plonge dans l’huile chaude. En quelques minutes, les tourteaux prennent une couleur dorée et sont prêts à être vendus.

Depuis qu’elle a quitté l’école en 2014, cette activité constitue sa principale source de revenus. Elle assure elle-même toutes les étapes de production. “On paye les arachides, qu’on grille. Ensuite, on part moudre ça au moulin pour revenir préparer le koura-koura”, explique-t-elle, concentrée sur son travail.

Ce qui se passe réellement

Comme beaucoup de femmes à Kaya, Sarata a appris ce métier au sein de sa famille. Elle y voit à la fois une nécessité économique et une fierté culturelle. À ses côtés, sa belle-mère Aminata observe la préparation avec attention. À plus de 60 ans, elle ne fabrique presque plus, mais veille à transmettre les gestes et les astuces. “Avec le poids de l’âge, on a cédé la place à nos belles-filles. Nous sommes là pour vendre et leur montrer comment faire. Si on apprend ce travail aux enfants dès le bas âge, ils pourront toujours s’en sortir”, affirme-t-elle.

Selon elle, le métier exige patience et résistance physique, ce qui décourage certains jeunes. “La plupart ne veulent plus se donner à ce travail, parce que c’est difficile et fatigant. Mais ceux qui veulent vraiment travailler peuvent s’en sortir avec ça”, ajoute-t-elle.

Au fil des générations, les techniques évoluent. Les anciennes fabriquaient des tourteaux plus volumineux, tandis que les jeunes privilégient aujourd’hui des formats plus légers. “Quand c’est trop gros, l’intérieur peut se gâter. Si c’est léger comme je le fais, la cuisson est complète et ça peut se conserver plus d’un mois”, explique Sarata. [Cliquez ici pour visionner un sujet de la RTB (Radiodiffusion Télévision du Burkina) sur la production du koura-koura de Kaya.]

Pourquoi cela dérange

Malgré cet engouement, la filière du koura-koura est confrontée à un obstacle majeur : la rareté de l’arachide. L’insécurité dans plusieurs zones agricoles réduit les surfaces cultivées et perturbe les circuits d’approvisionnement. Sarata constate directement l’impact sur son activité. “Avec l’insécurité, il n’y a plus beaucoup de cultivateurs d’arachide. L’arachide est rare et chère. Avant, un sac coûtait 45 000 francs CFA [environ 70 euros]. Maintenant, il faut 70 000 voire plus… et parfois tu as l’argent sans trouver la marchandise”, déplore-t-elle.

Ce que cela implique concrètement

Cette hausse des prix ralentit la production et réduit les bénéfices. Certaines femmes produisent moins souvent, d’autres diminuent les quantités mises en vente. Malgré ces difficultés, le koura-koura reste profondément ancré dans la culture locale. Il accompagne les voyages, les visites familiales et les marchés, et continue de symboliser l’identité culinaire de Kaya.

Lecture satirique

Ah, la belle promesse de l’autosuffisance alimentaire ! Pendant que les discours politiques s’enflamment sur la nécessité de soutenir les producteurs locaux, la réalité est que ces mêmes producteurs se battent pour trouver de l’arachide. Entre promesses et réalité, le fossé est aussi large que le ventre d’un ministre en banquet. Les politiques semblent plus préoccupés par leur image que par le sort de ces femmes qui pétrissent l’avenir de leur communauté.

Effet miroir international

Et pendant que les femmes de Kaya luttent pour leur survie, ailleurs, des dirigeants autoritaires se pavanent sur la scène internationale, promettant monts et merveilles tout en laissant leur population se débattre dans l’insécurité et la pauvreté. Un parallèle troublant, n’est-ce pas ?

À quoi s’attendre

Si la situation ne change pas, il est à craindre que le koura-koura, symbole de résilience, devienne un souvenir lointain. Les générations futures pourraient ne connaître cette spécialité que par des récits, tandis que les politiques continueront à jongler avec des discours vides de sens.

Sources

Source : www.courrierinternational.com

Visuel — Source : www.courrierinternational.com
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire