Kolda : La Connectivité, Nouveau Mirage de l’Équité Territoriale

Aliou Sall promet un Sénégal connecté, mais à quel prix ? Entre promesses technologiques et réalités rurales, le fossé semble plus large que jamais.

En clôture de sa deuxième journée de tournée, le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Aliou Sall, a fait escale à l’Espace numérique ouvert (Eno) de Kolda. Ce n’est pas juste un bâtiment, mais un symbole, une « porte d’entrée » vers un avenir numérique flamboyant. Mais derrière cette ambition technologique, les réalités rurales semblent encore bien loin des promesses d’équité territoriale.

Ce qui se passe réellement

Le soleil décline sur les toits de Kolda, étirant les ombres sur la terre latéritique du Fouladou. Aliou Sall, avec sa « fierté tranquille », évoque un Sénégal où la connectivité serait le nouveau levier de l’équité. En franchissant le seuil de l’Eno, il ne vient pas seulement inaugurer des murs, mais valider une « déclaration de principes ». Sous le bourdonnement des climatiseurs, l’ambiance est aux antipodes des champs de coton environnants.

« Le numérique n’appartient pas seulement à ceux qui ont les moyens de s’équiper », martèle le ministre devant une assistance captive. Il évoque des visages de cette révolution : l’agriculteur scrutant les cours du marché, la commerçante en quête de microfinance, ou ce jeune Koldois sans ordinateur, rêvant de coder le Sénégal de demain. Mais la connectivité seule ne nourrit pas son homme.

Pourquoi cela dérange

Alors que le ministre brandit le bilan d’une journée marathon avec trois engagements tenus en vingt-quatre heures, on ne peut s’empêcher de se demander : qu’en est-il des promesses passées ? « Ce n’est pas de la communication, c’est de l’action publique », dit-il. Mais où sont les résultats concrets ? La lenteur des chantiers étatiques est un sujet de moquerie, et ces engagements semblent plus être des slogans que des réalités tangibles.

Ce que cela implique concrètement

La promesse de former plus de formateurs et de créer des programmes sur-mesure pour la région est louable, mais elle soulève des questions. Qui financera ces initiatives ? Les ponts vers le secteur privé local sont-ils réellement solides ou ne sont-ils que des illusions ? La connectivité sans compétence est, comme le dit le ministre, « une porte sans clé », mais qui détient la clé ?

Lecture satirique

Le ministre rêve d’un Sénégal où un jeune de Kolda puisse se battre à armes égales avec un jeune de Dakar. « Pas en théorie, mais en réalité », ajoute-t-il. Ironie du sort, la réalité semble encore bien éloignée de cette utopie. La promesse d’un avenir numérique radieux contraste avec le quotidien de ceux qui n’ont même pas accès à un ordinateur. Le Fouladou est connecté, mais à quoi bon si les compétences ne suivent pas ?

Effet miroir international

En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les discours des dirigeants autoritaires à travers le monde. Comme en Russie ou aux États-Unis, les promesses de progrès technologique sont souvent utilisées pour masquer les inégalités croissantes. La connectivité devient un outil de propagande, un moyen de faire briller une façade alors que les véritables problèmes demeurent non résolus.

À quoi s’attendre

Alors que la fraîcheur nocturne s’installe sur la Casamance, le sentiment d’une marche irréversible flotte dans l’air. Mais cette marche est-elle vraiment vers un avenir meilleur ? Ou simplement vers un nouveau mirage ? Les promesses de connectivité et d’équité territoriale risquent de rester des mots vides si des actions concrètes ne suivent pas.

Sources

Source : fr.allafrica.com

Visuel — Source : fr.allafrica.com
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