Kikwete à l’UA : Quand la Tanzanie fait rire (jaune)
Le Chadema s’insurge contre la nomination de Jakaya Kikwete à l’UA, un choix qui, selon eux, n’est pas digne d’une organisation censée promouvoir la démocratie.
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En Tanzanie, le principal parti d’opposition, le Chadema, a décidé de faire entendre sa voix. Dans une lettre officielle adressée à l’Union africaine, ils expriment leur « profonde préoccupation » suite à la nomination de l’ancien président Jakaya Kikwete comme Haut représentant pour la corne de l’Afrique et la mer Rouge. Une décision qui, à première vue, semble aussi judicieuse qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Ce qui se passe réellement
Le Chadema ne mâche pas ses mots. Dans leur lettre, ils accusent Kikwete d’avoir entravé l’élaboration de la Constitution tanzanienne et de rester complice du régime actuel, dirigé par Samia Suluhu Hassan, dont le gouvernement est soupçonné d’être responsable de violences récentes. John Kitoka, directeur des affaires étrangères du parti, n’hésite pas à rappeler que Kikwete est un « allié très proche » de la présidente, qui, elle, n’a pas hésité à répondre aux manifestations par des balles réelles et des gaz lacrymogènes.
Pourquoi cela dérange
La nomination de Kikwete à l’UA, une organisation censée défendre les droits humains et la démocratie, semble être une farce. Comment peut-on confier un rôle aussi crucial à quelqu’un qui a, selon ses détracteurs, contribué à la répression des droits fondamentaux dans son propre pays ? C’est un peu comme nommer un pyromane à la tête des pompiers.
Ce que cela implique concrètement
Ce choix de l’UA pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la crédibilité de l’organisation. En plaçant un ancien président aux mains sales à un poste clé, l’UA envoie un message clair : les droits humains et la démocratie peuvent être sacrifiés sur l’autel de la realpolitik.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que l’UA, qui se veut le champion de la démocratie en Afrique, choisit un homme dont le bilan est plus que douteux. Cela rappelle étrangement les promesses de certains dirigeants occidentaux qui, tout en prônant la démocratie, ferment les yeux sur les abus de leurs alliés. Un peu comme si l’on demandait à un voleur de surveiller une bijouterie.
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à l’échelle mondiale. Que ce soit aux États-Unis, où certains anciens présidents continuent de peser sur la scène politique, ou en Russie, où la répression des opposants est devenue la norme, la nomination de Kikwete à l’UA semble s’inscrire dans une tendance inquiétante : celle de la normalisation des régimes autoritaires.
À quoi s’attendre
Si l’UA ne réagit pas rapidement, elle risque de perdre toute légitimité. Le Chadema, quant à lui, continue de se battre pour exister dans un paysage politique où l’opposition est systématiquement muselée. Le mois prochain marquera un an de détention de son leader, Tundu Lissu, accusé de trahison, un crime passible de la peine de mort en Tanzanie. Une situation qui pourrait bien devenir le symbole d’une lutte pour la démocratie sur le continent.
