Khalil Epi : Quand l’électro tunisien danse avec les traditions

Khalil Epi, producteur de la scène électro arabe, a filmé les traditions musicales de la Tunisie pendant un an. Le résultat ? Un film-concert qui fait vibrer les âmes et les consciences, sans jamais oublier d’où il vient.

Le 7 avril 2026, au Bal Chavaux à Montreuil, une salve de youyous a marqué l’inauguration de cette nouvelle salle de concert, ancien cinéma Méliès. Sur scène, Khalil Epi, derrière ses machines, fait danser les sons et les images, tout en rendant hommage à son pays. « Je veux rendre un hommage sincère à celles et ceux qui m’inspirent quotidiennement », déclare-t-il, tandis que des visages tunisiens, souriants et émouvants, apparaissent sur les écrans.

Ce qui se passe réellement

Khalil Epi, reconnu pour ses projets comme *Aïta mon amour* et *Frigya*, a décidé de capturer l’essence musicale de la Tunisie. Avec son père comme complice, il a parcouru le pays pour filmer des traditions musicales allant des transes soufies aux chants bédouins. Son projet, intitulé *Aïchoucha*, rend hommage à sa grand-mère, première personne enregistrée sur son magnétophone à l’âge de quatre ans. Ce road trip musical révèle la richesse et la diversité des héritages tunisiens, tout en les modernisant grâce à l’électro.

Pourquoi cela dérange

Dans un monde où les traditions sont souvent réduites à des clichés touristiques, Khalil Epi remet en question cette vision. Son approche, qui mélange respect et innovation, dérange ceux qui préfèrent une vision figée des cultures. En réinterprétant ces musiques, il ne fait pas que les moderniser ; il les rend accessibles à une nouvelle génération, tout en préservant leur essence.

Ce que cela implique concrètement

Le film-concert de Khalil Epi ne se contente pas d’être un spectacle. Il invite à réfléchir sur la place de la tradition dans un monde en constante évolution. En célébrant la diversité musicale de la Tunisie, il offre une alternative aux discours politiques qui cherchent à uniformiser les cultures. Ce faisant, il rappelle que la tradition est vivante et qu’elle évolue avec son temps.

Lecture satirique

Alors que certains politiciens prônent un retour aux « valeurs traditionnelles », Khalil Epi prouve que ces valeurs peuvent coexister avec la modernité. Ironiquement, ceux qui veulent préserver la culture semblent souvent déconnectés de la réalité. La tradition, pour eux, devient un prétexte pour justifier des politiques répressives, tandis que Khalil, lui, l’utilise comme un tremplin pour l’innovation.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, les dérives autoritaires, qu’elles soient en Russie ou aux États-Unis, montrent une tendance à vouloir contrôler la culture et l’identité. Khalil Epi, en revanche, prouve que la culture peut être un espace de liberté et d’expression. Son travail rappelle que la musique, loin d’être un outil de propagande, peut être un vecteur de changement et de résistance.

À quoi s’attendre

Avec un tel projet, on peut s’attendre à ce que Khalil Epi continue à bousculer les normes et à inspirer d’autres artistes à faire de même. Son film-concert est une invitation à célébrer la diversité et à embrasser le changement, tout en honorant le passé.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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