Keiko Fujimori en tête après un vote chaotique au premier tour

Quatre candidats se disputent une place au second tour de la présidentielle au Pérou derrière Keiko Fujimori, arrivée en tête après un premier tour chaotique.

Keiko Fujimori, candidate du parti Fuerza Popular, glisse son bulletin dans l’urne de l’ONPE lors de l’élection présidentielle péruvienne à Lima.

Keiko Fujimori au moment de glisser son bulletin dans l’urne, dimanche 12 avril à Lima.

AFP

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La candidate de droite Keiko Fujimori arrive dimanche en tête des sondages à la sortie des urnes pour la présidentielle au Pérou, dans un scrutin marqué par l’échec de l’ouverture de bureaux de vote et une forte défiance envers les institutions.

Les instituts Ipsos et Datum prévoient un second tour le 7 juin entre elle et l’un des quatre autres candidats en lice pour la deuxième place, dont l’ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga et le candidat de gauche radicale Roberto Sanchez.

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Les bureaux de vote ont fermé à partir de 18h00 (01h00 lundi en Suisse), au terme d’une journée agitée, marquée par des retards et des accusations de fraude non étayées, au cours de laquelle au moins 63’000 personnes n’ont pas pu voter.

«Un cas de fraude électorale»

Des agents de la police anticorruption et des enquêteurs ont mené des opérations au siège de l’autorité électorale (ONPE), ainsi que dans l’entreprise chargée de distribuer les bulletins de vote, a annoncé la police.

«Ils n’ont pas réussi à livrer le matériel électoral à 15 bureaux de vote à Lima» qui sont restés fermés, a expliqué Piero Corvetto, chef de l’ONPE. «Il n’y a aucune possibilité de fraude», a-t-il assuré. «Il y a une garantie totale que les résultats refléteront fidèlement la volonté populaire», a-t-il insisté.

L’ancien maire de Lima Rafael Lopez Aliaga a cependant dénoncé «un cas de fraude électorale», estimant qu’il s’agissait d’«un délit grave, l’un des plus graves qui existent dans un régime démocratique».

35 candidats pour la présidentielle

«Le pouvoir exécutif a rempli strictement et de manière responsable son mandat constitutionnel de garantir l’ordre, la sécurité et la protection du matériel électoral», a affirmé la présidence péruvienne. «Ils n’ont pas garanti un processus clair (…) Il n’y a pas d’autre mot que fraude», a dit à l’AFP Karina Herrera, alors qu’elle manifestait devant les locaux de l’ONPE.

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Le scrutin, marqué par un nombre record de 35 candidats, s’est déroulé dans un contexte de flambée de la criminalité et de rejet de la classe politique. Plus de 27 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire président et parlementaires lors de ce vote obligatoire. Le scrutin marque le retour d’un Parlement bicaméral pour la première fois depuis 1990.

Le Pérou a connu huit présidents depuis 2016, dont la moitié destitués par le Parlement. La classe politique est discréditée par des scandales de corruption à répétition. Quatre anciens chefs d’État sont emprisonnés.

Rafael Lopez Aliaga deuxième

Les sondages de sortie des urnes confirment un paysage politique très fragmenté. Derrière Keiko Fujimori, plusieurs candidats se disputent la deuxième place. Rafael Lopez Aliaga recueille entre 11% et 12,8% des voix au coude-à-coude avec les candidats de gauche Roberto Sanchez (10% et 12,1%) et Hernando Nieto (10,7% et 11,6%), ainsi qu’avec le centriste Ricardo Belmont (10,5% et 11,8%).

Face à l’insécurité, les candidats ont rivalisé de propositions radicales, allant de prisons dans la jungle au rétablissement de la peine de mort. Les homicides ont plus que doublé depuis 2018, atteignant environ 2600 par an, tandis que les plaintes pour extorsion ont été multipliées par huit, selon la police.

Keiko Fujimori, héritière de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) condamné pour corruption et crimes contre l’humanité, s’est engagée dans un entretien à l’AFP à la veille du scrutin à «rétablir l’ordre» dès ses 100 premiers jours. L’actuel président de gauche par intérim, José Maria Balcazar, ne pouvait pas se présenter et sera remplacé par le nouveau président investi le 28 juillet prochain.

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Keiko Fujimori en tête après un vote chaotique au premier tour

Un scrutin chaotique pour un résultat prévisible : Keiko Fujimori, héritière d’un passé controversé, arrive en tête, tandis que le Pérou s’enlise dans la défiance envers ses institutions.

Le premier tour de l’élection présidentielle péruvienne a été un véritable festival de désorganisation. Keiko Fujimori, candidate de droite et fille de l’ancien président Alberto Fujimori, a réussi à se hisser en tête des sondages, mais pas sans que la journée ne soit marquée par des retards, des bureaux de vote fermés, et des accusations de fraude qui n’ont pas manqué d’éclabousser le processus électoral.

Ce qui se passe réellement

Quatre candidats se disputent une place au second tour derrière Fujimori, dont l’ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga et le candidat de gauche radicale Roberto Sanchez. Les instituts Ipsos et Datum prévoient un second tour le 7 juin. Cependant, ce premier tour a été entaché par l’échec de l’ouverture de nombreux bureaux de vote, laissant plus de 63 000 électeurs sur le carreau. La police anticorruption a même dû intervenir au siège de l’autorité électorale (ONPE) pour enquêter sur les manquements.

Piero Corvetto, chef de l’ONPE, a tenté de rassurer le public en affirmant qu’il n’y avait « aucune possibilité de fraude », mais ces mots sonnent un peu comme une promesse électorale : pleins de bonnes intentions, mais souvent déconnectés de la réalité.

Pourquoi cela dérange

La situation au Pérou est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte de méfiance généralisée envers les institutions. Les Péruviens ont déjà vu huit présidents depuis 2016, dont la moitié destitués pour corruption. La classe politique, déjà discréditée, ne peut pas se permettre de perdre davantage de crédibilité, mais voilà qu’elle s’illustre encore une fois par son incapacité à organiser un scrutin digne de ce nom.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de ce chaos électoral sont multiples. D’une part, elles renforcent l’idée que le système politique péruvien est en déliquescence. D’autre part, elles ouvrent la voie à des discours extrêmes, où la promesse de « rétablir l’ordre » devient une incitation à des mesures autoritaires. Fujimori, héritière d’un régime controversé, promet de restaurer la sécurité dans ses 100 premiers jours. Qui aurait cru qu’un retour à l’ordre pourrait être synonyme de retour à des pratiques discutables ?

Lecture satirique

Ironiquement, alors que Fujimori se positionne comme la solution à la crise, elle représente également une partie du problème. Son ascension est un parfait exemple de la manière dont les promesses politiques peuvent être déconnectées de la réalité. Les électeurs sont pris dans un cycle où chaque promesse de changement est souvent suivie d’une désillusion.

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas unique au Pérou. À travers le monde, des leaders autoritaires exploitent des situations de crise pour justifier des mesures extrêmes. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la montée des discours populistes et des politiques ultraconservatrices trouve un écho dans les promesses de Fujimori. Une ironie amère, n’est-ce pas ?

À quoi s’attendre

Avec un paysage politique aussi fragmenté, le second tour s’annonce explosif. Les candidats rivalisent de propositions radicales pour séduire un électorat désillusionné. La promesse de rétablir l’ordre pourrait bien se transformer en un appel à des mesures encore plus draconiennes, alors que la criminalité continue de grimper.

Sources

Source : www.tdg.ch

Pérou: Keiko Fujimori en tête d’une présidentielle chaotique
Visuel — Source : www.tdg.ch

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