Kaolack : L’Université du Sine Saloum, un modèle de pédagogie… à la sauce bureaucratique

Une conférence à l’USSEIN pour partager les succès du projet BASIS, mais la réalité des champs agricoles semble encore bien éloignée des amphithéâtres.

Vendredi dernier, le campus de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN) à Sing-Sing a été le théâtre d’une conférence nationale. L’objectif ? Partager les résultats du projet BASIS, qui vise à « renforcer les études agricoles en Afrique subsaharienne ». Une belle promesse, n’est-ce pas ? Mais derrière les discours enjoués, la question demeure : cette initiative est-elle vraiment à la hauteur des enjeux agricoles de la région ?

Ce qui se passe réellement

Le projet BASIS, fruit d’une collaboration internationale entre six universités du Togo, du Sénégal et de l’Ouganda, se vante d’avoir mis en stage plus de 200 étudiants de l’USSEIN et de l’Université Gaston Berger (UGB) dans diverses exploitations agricoles. Un chiffre qui fait rêver, mais qui ne cache-t-il pas une réalité plus complexe ?

Avec un budget d’environ 22 millions de francs CFA, l’USSEIN a pu acquérir des drones dernier cri pour surveiller les cultures. Mais à quoi bon des drones si les étudiants ne sont pas préparés à affronter les défis du terrain ? Un changement de paradigme, disent-ils, mais est-ce que cela ne ressemble pas plutôt à un changement de décor ?

Pourquoi cela dérange

Dans un monde où la formation agricole doit répondre aux besoins réels du terrain, le projet BASIS prône une pédagogie basée sur l’apprentissage pratique. Mais comment peut-on parler d’insertion professionnelle quand les étudiants passent plus de temps à manipuler des drones qu’à comprendre les réalités agricoles ? La promesse d’une formation orientée vers l’employabilité semble se heurter à une bureaucratie qui préfère les gadgets à l’enseignement de compétences concrètes.

Ce que cela implique concrètement

Les étudiants sont censés être en contact avec des professionnels avant de s’asseoir dans les amphithéâtres. Mais cette approche ne risque-t-elle pas de créer une génération de diplômés déconnectés des réalités du terrain ? La réalité agricole est rude, et les drones ne remplaceront jamais l’expérience pratique sur le terrain.

Lecture satirique

Le vice-recteur de l’USSEIN, le professeur Khalifa Ababacar Sylla, a déclaré que le projet a permis d’inverser les choses. Mais à quel prix ? Les étudiants sont-ils devenus des pilotes de drones au lieu de cultivateurs avertis ? La promesse d’une formation pratique semble se transformer en une farce où l’on préfère les belles images à la réalité du travail agricole.

Effet miroir international

En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques agricoles des États-Unis ou de la Russie, où les discours promettent des révolutions agricoles tout en laissant les agriculteurs sur le carreau. Une ironie cruelle, n’est-ce pas ?

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, on peut s’attendre à une génération d’agriculteurs formés à piloter des drones, mais qui peinent à cultiver la terre. La question reste : qui récoltera vraiment les fruits de cette initiative ?

Sources

Source : fr.allafrica.com

Visuel — Source : fr.allafrica.com
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