Opposés au projet de la loi dite « SURE » (sanction utile, rapide et effective), les avocats du barreau de Valenciennes (Nord) seront à Paris le 13 avril lors de la journée « justice morte ». Ils ont également reconduits leur préavis de grève.
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Depuis le 3 avril 2026, plusieurs tribunaux fonctionnent au ralenti. En ce qui concerne le barreau de Valenciennes, les avocats participeront à la journée nationale « justice morte » ce 13 avril à Paris. Mais ce n’est pas tout : le préavis de grève, qui devait s’arrêter demain lundi, a été prolongé.
En cause, le projet de la loi dite « SURE » (pour « sanction utile, rapide et effective »), porté par Gérald Darmanin, le Garde des Sceaux.
Le batonnier de Valenciennes, Jean Thévenot, ne décolère pas. Contacté par France 3 Hauts-de-France, il insiste d’emblée sur « la gravité de la situation » et précise que depuis plusieurs jours, les avocats « n’assurent même plus la défense des libertés ».
Le texte de loi, porté par Gérald Darmanin, ne passe décidément pas. « Même s’il dit que la commission des lois a validé son projet, c’est faux, il y a des amendements qui ont été retenus », précise Jean Thévénot.
L’arrêt de la défense des libertés ? On n’a jamais fait ça. La profession est en train de sonner le tocsin. On va y revenir bien sûr, mais on veut pointer la gravité des choses.
Jean Thévénot, bâtonnier de Valenciennes
L’assemblée générale s’est tenue vendredi et a voté la poursuite de la mobilisation. Elle souhaite « le retrait » du projet de loi, « son principe étant, en lui-même, délétère ».
Ce projet de loi vise à accélérer les procédures criminelles par l’introduction d’un procédé de « plaider-coupable ». L’auteur d’un crime, qui reconnaît sa culpabilité, serait alors jugé sans plaidoirie et pourrait obtenir une réduction de sa peine. Le gouvernement souhaite ainsi réduire les délais de jugement et désengorger les juridictions, alors qu’environ 6 000 affaires criminelles sont en attente, partout en France.
Des avocats du barreau de Valenciennes rassemblés devant le tribunal.
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© Ali Benbournane / France Télévisions / Illustration
Elargir cette méthode aux domaines criminels pose cependant question au sein des avocats. Philippe Simonet, le bâtonnier du barreau de Lille, craignait ainsi dans nos colonnes « une fragilisation des droits de la défense et une rupture majeure ». Il continuait : « Il n’y a pas de vraie négociation de la peine, c’est une justice soi-disant négociée mais surtout expéditive ».
Les avocats déplorent également le manque de concertation alors que le ministère de la Justice affirme, de son côté, que le texte a fait l’objet de discussions « pendant de nombreux mois, y compris avec l’ensemble des organisations représentatives des avocats » et insiste sur une réforme « conforme à l’État de droit selon le Conseil d’État ».
Justice Morte : Les Avocats de Valenciennes en Grève Contre la Loi SURE
Le barreau de Valenciennes sonne l’alarme : la loi SURE, promue par Gérald Darmanin, menace la défense des libertés fondamentales. Les avocats, en grève, se mobilisent pour faire entendre leur voix.
Le 13 avril, à Paris, les avocats du barreau de Valenciennes participeront à la journée « justice morte ». Une mobilisation qui ne fait que commencer, puisque leur préavis de grève a été reconduit. En cause, la loi SURE, ou « sanction utile, rapide et effective », qui promet d’accélérer les procédures criminelles, mais au prix de la justice.
Ce qui se passe réellement
Depuis le 3 avril 2026, les tribunaux sont en mode ralenti. Les avocats de Valenciennes, en première ligne, dénoncent une situation alarmante. Jean Thévenot, le bâtonnier, ne mâche pas ses mots : « Nous n’assurons même plus la défense des libertés. » La loi, selon lui, est un véritable coup de massue sur les droits fondamentaux.
« L’arrêt de la défense des libertés ? On n’a jamais fait ça. »
Jean Thévenot, bâtonnier de Valenciennes
La loi SURE, qui introduit un système de « plaider-coupable », permettrait à un criminel reconnu coupable d’être jugé sans plaidoirie, et d’obtenir une réduction de peine. En théorie, cela devrait désengorger les tribunaux. En pratique, cela ressemble plutôt à une justice expéditive, où les droits de la défense passent à la trappe.
Pourquoi cela dérange
Les avocats soulignent l’absurdité de cette loi. Philippe Simonet, bâtonnier de Lille, évoque une « fragilisation des droits de la défense ». Une justice « négociée » qui ne serait en réalité qu’une façade pour justifier des décisions rapides et sans véritable débat.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont déjà visibles : des milliers d’affaires criminelles en attente, des droits bafoués, et une justice qui ne fait plus son travail. Les avocats, en grève, veulent faire entendre leur voix avant qu’il ne soit trop tard.
Lecture satirique
Ah, la promesse d’une justice rapide ! Qui aurait cru qu’elle viendrait avec un tel prix ? Le gouvernement, en quête de résultats, semble prêt à sacrifier les droits fondamentaux sur l’autel de l’efficacité. Une ironie mordante, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
En observant cette dérive, on ne peut s’empêcher de penser aux politiques autoritaires ailleurs dans le monde. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont souvent été critiqués pour leurs atteintes aux droits de l’homme. La France, en prenant ce chemin, ne fait-elle pas un pas inquiétant vers une justice à deux vitesses ?
À quoi s’attendre
Si la mobilisation des avocats ne parvient pas à stopper la loi SURE, il est à craindre que la justice française ne devienne un lointain souvenir, remplacée par une machine à juger sans âme ni conscience.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr

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