Jusqu’à 50 $ par personne : la cabane à sucre, une tradition qui coûte de plus en plus cher

Préparez-vous à débourser pour un repas à la cabane à sucre, où le prix d’un brunch peut atteindre des sommets vertigineux. Une réalité qui soulève des questions sur notre rapport à la tradition et à l’économie.

Cette année, il faudra prévoir un budget plus conséquent pour la cabane à sucre, avec des repas complets atteignant jusqu’à 50 dollars par personne. Oui, vous avez bien lu, 50 dollars pour un brunch qui, jadis, était synonyme de convivialité et de simplicité. Mais qu’est-ce qui justifie une telle inflation des prix dans ce bastion de la culture québécoise ?

Ce qui se passe réellement

Selon des données obtenues par TVA Nouvelles, le prix d’un brunch de fin de semaine pour un adulte en 2026 tourne autour de 40 dollars, et peut même s’élever à 50 dollars dans certaines cabanes à sucre, avant taxes et pourboire. Plusieurs propriétaires, comme Mélanie Charbonneau de l’Érablière Charbonneau, expliquent que cette hausse est en partie due à l’explosion des prix du panier d’épicerie. « On ne peut pas vendre un repas à moindre coût qui nous revient. En restauration, on a entre 5 et 10 % de profit, donc ce n’est quand même pas beaucoup », souligne-t-elle.




Capture d’écran / LCN

Les frais d’exploitation, les salaires et le coût des ingrédients sont également en hausse. Maxime Constantin, propriétaire de la Cabane à sucre Constantin, explique que « faire tous nos produits de A à Z, ça […] c’est dispendieux, ça fait que ça devient lourd sur la facture ». Voilà une belle manière de dire que la tradition a un prix, et ce prix ne cesse d’augmenter.

Pourquoi cela dérange

Cette situation met en lumière une incohérence frappante : comment une tradition censée rassembler les gens autour d’un bon repas peut-elle devenir un luxe inaccessibile ? Les familles, qui autrefois se réjouissaient de ces moments de partage, doivent désormais faire des choix budgétaires. Cela soulève des questions sur notre rapport à la culture et à l’économie, et sur la manière dont les traditions peuvent être commercialisées.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : moins de familles peuvent se permettre de vivre cette expérience, et la cabane à sucre, symbole de la culture québécoise, risque de devenir un privilège réservé à une élite. Ce phénomène n’est pas isolé ; il reflète une tendance plus large où les traditions populaires se transforment en produits de luxe.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que l’on nous vante les mérites de la « culture locale », celle-ci devient de plus en plus inabordable. Les discours politiques sur le soutien aux traditions et à la culture semblent déconnectés de la réalité économique que vivent les citoyens. On nous promet des solutions, mais la seule chose qui augmente, c’est le prix de notre assiette de fèves au lard.

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les traditions sont souvent instrumentalisées pour justifier des politiques économiques inaccessibles. En Russie ou aux États-Unis, les discours sur le patriotisme et la culture nationale cachent souvent des réalités économiques douloureuses. Nous ne sommes pas si loin de ces dérives, lorsque nos traditions deviennent des marchandises.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions voir une fragmentation de notre culture, où seuls les plus riches pourront se permettre de célébrer nos traditions. Une société où la cabane à sucre devient un souvenir nostalgique, inaccessible à la majorité.

Sources

Source : www.journaldemontreal.com

Jusqu’à 50$ par personne: la cabane à sucre, une tradition qui coûte de plus en plus cher
Visuel — Source : www.journaldemontreal.com
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