Transports en commun : La gratuité adoptée par plusieurs villes en France suscite des débats.
Transports en commun : À droite comme à gauche, la gratuité met la gomme
Moins de voitures, de bouchons et de gazole ; soutien au pouvoir d’achat ; revitalisation des centres-villes… C’est une me aussi écolo que transpartisane. Dans tout l’échiquier politique, on recourt à des arguments différents. Le modèle économique n’est cependant pas encore totalement efficient, comme le révèle l’étude de la Fondation Jean-Jaurès.
Le transport en commun gratuit – enfin, pour les usagers – a été un enjeu politique lors des dernières municipales et il le sera dans la campagne présidentielle qui a débuté, en raison des prix élevés des carburants et des contraintes sur le pouvoir d’achat.
La gratuité, c’est plus écolo, cela permet un meilleur report de la voiture vers le train, le bus ou le tramway ; cela soutient le pouvoir d’achat des plus modestes, favorise l’égalité devant les mobilités et équilibre les territoires. Toutefois, la question du modèle économique reste cruciale. La chambre régionale des comptes d’Occitanie a rendu en 2023 un rapport sur la gratuité des transports à Montpellier, marquant un tournant.
La gratuité des transports publics en France connaît une “progression remarquable, qui s’inscrit dans un mouvement de long terme entamé dès les années 1970”. En septembre 2024, 45 réseaux proposaient la gratuité totale, desservant plus de 370 communes et bénéficiant à environ deux millions d’habitants.
Le déploiement du dispositif sur de plus en plus de territoires peut susciter des attentes dans des zones voisines encore non dotées, comme celle de Sète, par exemple.
En 2023, cette dynamique s’est accélérée, notamment avec le passage à la gratuité de grandes agglomérations, dont la première métropole française, Montpellier, en décembre 2023. La Cour des comptes a publié un rapport en septembre 2025 sur la tarification des transports collectifs, notant une déconnexion entre le prix payé par l’usager et le coût de production des services de transport, soulevant des défis pour le financement des systèmes de mobilité.
Une question centrale se pose : “Est-ce le consommateur-usager qui doit payer les services qu’il consomme ou le contribuable ?” L’analyse des tendances politiques liées à la gratuité des transports montre une réalité plus nuancée que les débats idéologiques ne le suggèrent. Parmi les 35 villes qui pratiquaient la gratuité totale en 2022, 40 % étaient à droite, 37 % à gauche et 23 % au centre.
Cependant, parmi 110 communes de plus de 20 000 habitants, 60 % des listes prônant la gratuité étaient de gauche. Les propositions de campagne lors des élections municipales de 2020 révèlent une dynamique différente, avec 60 % des listes de gauche portant cette me.
La gratuité des transports est une idée ancienne, devenue relativement consensuelle. Les motivations pour la défendre varient selon l’idéologie. Une équipe de gauche qui promet la gratuité d’usage porte un message social et écologique, tandis que les élus de droite et du centre insistent sur l’efficacité économique et la revitalisation des centres-villes.
Le 21 décembre 2023, les transports en commun sont devenus gratuits dans la métropole de Montpellier, avec un coût estimé à 42 millions d’euros. Le modèle économique des transports en commun repose sur trois piliers : le prix payé par l’usager (21,4 %), le versement mobilité par les employeurs (51,3 %) et les collectivités (27,32 %).
La fin des recettes de la billettique doit être compensée par d’autres ressources. Les besoins de financement des politiques de mobilité sont déjà considérables, avec des estimations à 23 milliards d’euros supplémentaires d’ici dix ans pour les autorités organisatrices.
En conclusion, la gratuité des transports en commun soulève des enjeux multiples, tant politiques qu’économiques, qui nécessitent une réflexion approfondie pour asr un modèle viable.
Source : Fondation Jean-Jaurès
