Joséphine Bacon : La voix qui dénonce 150 ans de paternalisme
À l’UQAM, une poète de 78 ans, Joséphine Bacon, s’élève contre 150 ans de lois oppressives, tout en célébrant la résilience de sa culture. Mais qui écoute vraiment ?
Table Of Content
Dans un hall lumineux du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM, Joséphine Bacon, poète et cinéaste innue de Pessamit, accueille avec un sourire éclatant. À 78 ans, elle n’a rien perdu de sa voix douce mais puissante. Son dernier livre, un hommage à ceux qui ont façonné son parcours, est une ode à la gratitude. Mais derrière cette douceur se cache une critique acerbe de l’histoire coloniale et des lois qui ont tenté d’effacer son identité.
Ce qui se passe réellement
Joséphine Bacon, aînée en résidence pour les premiers peuples, accompagne les étudiants autochtones, attentive à leurs récits. Née dans le Nutshimit, elle a été arrachée à son territoire pour être envoyée dans un pensionnat, un lieu de désespoir où la culture était étouffée. Elle a passé des décennies à enregistrer les récits des aînés, à redécouvrir les mots de ses ancêtres, tout en constatant l’érosion de sa langue, l’innu-aimun, qui voit son nombre de locuteurs diminuer chaque année. « S’il n’y a plus d’innu-aimun, ce serait comme s’éteindre », déplore-t-elle.
Son livre, *Les vertèbres de Joséphine*, est une collection de souvenirs et de poèmes, un voyage à travers une vie marquée par la résistance. Elle évoque la disparition des caribous, symbole d’un équilibre spirituel et matériel, et rappelle que la nature obéit à des cycles que l’homme peine à comprendre. « C’est à lui, Papakassikᵘ, qu’on demande la permission de trouver la harde », écrit-elle, soulignant une relation respectueuse avec le monde naturel.
Pourquoi cela dérange
Ce qui dérange, c’est que Joséphine refuse de se laisser enfermer par la Loi sur les Indiens, héritière de l’« Acte des Sauvages ». « Je suis libre. Dans mon écriture », affirme-t-elle, défiant ainsi le paternalisme qui a longtemps régné. Cette loi, qui visait l’assimilation, est un vestige d’un passé colonial que beaucoup préfèrent ignorer. Mais Bacon ne se contente pas de dénoncer : elle revendique une réappropriation du langage, transformant le terme « sauvage » en un étendard de liberté.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette lutte sont palpables. La langue et la culture innue sont en danger, mais l’espoir persiste. Joséphine voit un avenir où les enfants parlent l’innu-aimun avec fierté. Pourtant, cette réalité est souvent éclipsée par des discours politiques qui promettent des changements sans jamais les concrétiser. Les promesses de réconciliation sonnent creux face à l’érosion continue des langues et des cultures autochtones.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, alors que des lois comme celle sur les Indiens sont censées protéger les droits des autochtones, elles continuent d’être des instruments d’oppression. Les politiciens, souvent déconnectés de la réalité, se pavanent en promettant des réformes tout en maintenant des structures qui perpétuent l’injustice. « Aujourd’hui, être sauvage, c’est être libre », dit Bacon, mais combien de politiciens sont prêts à embrasser cette définition ?
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, les dérives autoritaires en Russie ou aux États-Unis résonnent avec l’histoire de Bacon. Les discours de haine et de division, tout comme les lois discriminatoires, sont des échos de l’oppression vécue par les peuples autochtones. Les promesses de liberté et d’égalité sont souvent balayées par des politiques qui favorisent le contrôle et l’assimilation.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, il est probable que les luttes pour la reconnaissance des droits autochtones continueront d’être un combat acharné. Les voix comme celles de Joséphine Bacon seront essentielles pour rappeler aux générations futures l’importance de la culture, de la langue et de la résistance.



