Israël soutient l’arrêt des frappes en Iran décidé par Trump, avec une exception
Israël applaudit la décision de Trump de suspendre les frappes en Iran, mais attention, le Liban n’est pas inclus. Un cessez-le-feu à géométrie variable, ça vous dit?
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INTRODUCTION : Alors que le monde s’efforce de trouver un semblant de paix au Moyen-Orient, Israël se distingue par son sens unique de la diplomatie. En effet, le pays a décidé de soutenir le président américain Donald Trump dans sa décision de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines, mais avec une petite nuance : le Liban, ce pays souverain, peut continuer à recevoir des bombes. Qui a dit que la paix devait être universelle?
Ce qui se passe réellement
ADRI SALIDO / Getty Images via AFP
Des bâtiments détruits après une frappe aérienne israélienne le 7 mars 2026 à Nabi Chit, au Liban.
Israël a dit soutenir la décision du président américain Donald Trump de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz. Mais il a également assuré que la trêve n’incluait pas le Liban, et les frappes se poursuivent, ce mercredi 8 avril, dans le sud du pays.
« Israël soutient la décision du président Trump de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines, à condition que l’Iran rouvre immédiatement les détroits et mette fin à toutes les attaques contre les États-Unis, Israël et les pays de la région », a déclaré le bureau du Premier Ministre Benyamin Netanyahou dans un communiqué. Le pays avait été entraîné dans le conflit après que le Hezbollah, groupe soutenu par l’Iran, a lancé des attaques contre Israël.
« Le cessez-le-feu de deux semaines n’inclut pas le Liban », poursuit le texte. Cette affirmation contredit une annonce faite plus tôt par le Premier Ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit, assurant que le cessez-le-feu s’appliquait « partout, y compris au Liban et ailleurs ».
Une exception qui ne convainc pas sur la scène internationale. Emmanuel Macron a affirmé que si cessez-le-feu est « une bonne chose », il doit inclure « pleinement » le Liban. Le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, a estimé : « Il est inacceptable que la guerre d’Israël, l’invasion par Israël d’un pays souverain comme le Liban (…) se poursuivent. »
« Un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban »
De son côté, le Premier Ministre pakistanais Shehbaz Sharif a affirmé que les États-Unis, l’Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu « partout », y compris au Liban, à la suite d’une médiation pakistanaise visant à mettre fin à plus de cinq semaines de guerre au Moyen-Orient. « J’ai le plaisir d’annoncer que la République islamique d’Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés, ont accepté un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs, AVEC EFFET IMMÉDIAT », a écrit M. Sharif sur X en employant des majuscules à la fin de son message.
La veille, l’armée israélienne avait annoncé avoir achevé dans le sud du Liban le déploiement de ses troupes au sol jusqu’à une « ligne de défense avancée » contre les combattants du mouvement islamiste Hezbollah, sans plus de précision géographique. Au total, les frappes israéliennes au Liban ont tué 1 530 personnes depuis le début de la guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël le 2 mars, a indiqué mardi le ministère de la Santé libanais.
« Israël soutient également les efforts des États-Unis visant à faire en sorte que l’Iran ne représente plus une menace nucléaire, balistique et terroriste pour l’Amérique, Israël, les voisins arabes de l’Iran et le monde », ajoute le communiqué israélien.
L’Iran a soumis aux États-Unis un plan en dix points pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, incluant notamment « le principe de non-agression, la poursuite du contrôle iranien du détroit d’Ormuz, l’acceptation de l’enrichissement, la levée de toutes les sanctions primaires, la levée de toutes les sanctions secondaires », selon la télévision d’État iranienne et l’agence Mehr. Des discussions entre Téhéran et Washington sont prévues à partir de vendredi à Islamabad au Pakistan, auxquelles l’Iran a accepté de participer tout en précisant que « cela ne signifie pas la fin de la guerre ».
Pourquoi cela dérange
Il est fascinant de voir comment un cessez-le-feu peut soudainement devenir un concept flexible. La promesse de paix est là, mais elle est soigneusement conditionnée par des exceptions qui, comme par magie, ne s’appliquent pas aux pays qui ont le malheur d’être voisins. Le Liban, en particulier, semble être le bouc émissaire idéal pour les tensions géopolitiques. Qui aurait cru que la paix pouvait être si sélective?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette décision sont tragiquement claires : des milliers de vies perdues, des infrastructures détruites, et un cycle de violence qui se perpétue. Pendant que les grands de ce monde s’échangent des promesses de paix, les civils libanais continuent de payer le prix fort. En somme, la paix est un luxe que seuls certains peuvent se permettre.
Lecture satirique
Ironiquement, le discours politique autour de ce cessez-le-feu est un chef-d’œuvre de contradictions. D’un côté, on prône la paix et la diplomatie, de l’autre, on bombarde un pays voisin. C’est un peu comme dire « je suis végétarien » tout en se servant une belle entrecôte. La dissonance cognitive atteint des sommets, et on se demande si les politiciens ont un miroir pour se voir dans toute leur gloire.
Effet miroir international
Ce scénario rappelle étrangement d’autres régimes autoritaires qui, sous couvert de sécurité nationale, justifient des actions militaires contre des pays voisins. Les États-Unis, la Russie, et d’autres, ont tous leur propre version de cette pièce de théâtre tragique. Les promesses de paix semblent souvent être des outils de manipulation, utilisés pour masquer des intentions beaucoup moins nobles.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est probable que cette dynamique ne fera qu’empirer. Les tensions entre Israël et le Hezbollah continueront d’alimenter un cycle de violence, et les promesses de paix resteront lettre morte. Les acteurs internationaux devront faire face à la réalité que la paix ne peut pas être imposée par des frappes aériennes, mais plutôt par un dialogue sincère et inclusif.
Sources
Source : www.huffingtonpost.fr




