Israël : la peine de mort pour les Palestiniens, un retour à l’inhumanité

Un détail qui résume une dérive

Un nœud coulant, symbole macabre, porté fièrement par certains élus israéliens lors du débat à la Knesset sur un projet de loi établissant la peine de mort pour les Palestiniens accusés de meurtre dans le cadre d’actions « terroristes ». Ce texte, défendu par le ministre suprémaciste Itamar Ben Gvir, a été adopté le 30 mars avec 62 voix pour et 48 contre, soutenu par le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, lui-même sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Un recours a été déposé devant la Cour suprême.

Ce qui se passe réellement

Cette loi stipule que toute personne causant la mort d’autrui « dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’Etat d’Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité ». La peine de mort, présente dans le droit israélien depuis ses débuts, n’a été appliquée qu’une seule fois, en 1962, à Adolf Eichmann, un criminel de guerre nazi.

À l’heure où un terrorisme israélien s’étend dans les territoires occupés, l’adoption de ce texte est un reniement des valeurs que l’État hébreu prétend incarner. Cette loi discrimine et place Israël à l’écart des démocraties qu’il prétend rejoindre.

Pourquoi cela dérange

Il y a un quart de siècle, les assassinats extrajudiciaires de Palestiniens avaient suscité des débats passionnés en Israël. Aujourd’hui, le cycle de violence, exacerbé par les massacres du 7 octobre 2023, a mis fin à ces discussions. Les civils palestiniens, tués par des frappes, sont devenus des victimes collatérales d’une logique de guerre qui ne laisse plus de place à la réflexion éthique.

Ce que cela implique concrètement

L’instauration de cette peine de mort pour les Palestiniens de Cisjordanie, si la qualification d’acte de terrorisme est retenue par la justice militaire, ouvre la voie à une escalade de la violence et à une légitimation des exécutions extrajudiciaires. L’Autorité palestinienne a déjà dénoncé cette loi comme une tentative de légitimer de telles pratiques.

Lecture satirique

En somme, Israël, qui se présente comme la seule démocratie du Proche-Orient, semble avoir oublié qu’il soumet des millions de Palestiniens à l’arbitraire de l’occupation. La détention administrative sans inculpation est devenue la norme, et maintenant, la peine de mort pour des actes qualifiés de « terrorisme » s’inscrit dans une logique de déshumanisation.

Les pays européens, tels que l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, avaient mis en garde contre l’adoption de ce texte, mais leur appel est resté lettre morte. Ils se retrouvent désormais face à un choix : rester fidèles à leurs principes démocratiques ou se résigner à l’impuissance.

Effet miroir international

Cette dérive n’est pas sans rappeler les politiques autoritaires d’autres pays, où les droits humains sont bafoués au nom de la sécurité. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également leurs propres histoires de légitimation de la violence d’État.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, Israël pourrait s’enfoncer davantage dans une spirale de violence et d’isolement international, remettant en question son statut de démocratie.

Sources

Source : Le Monde

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