Israël : La peine de mort pour les Palestiniens, un nœud coulant au cou de la démocratie

Un détail peut résumer une dérive : le nœud coulant porté comme un insigne par certains élus israéliens lors du débat à la Knesset sur la peine de mort pour les Palestiniens accusés de « terrorisme ».

Le 30 mars, la Knesset a adopté une loi qui pourrait faire rougir d’envie les plus fervents partisans de l’extrême droite. Sous l’égide du ministre suprémaciste Itamar Ben Gvir, ce texte a été voté à 62 voix contre 48. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, lui-même sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, a donné son assentiment. Un recours a été déposé devant la Cour suprême, mais qui s’en soucie vraiment ?

Ce qui se passe réellement

Cette loi stipule que toute personne causant la mort d’autrui « dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité ». En d’autres termes, les Palestiniens de Cisjordanie peuvent s’attendre à une sentence de mort par défaut si un tribunal militaire qualifie leur acte de terrorisme. La peine de mort, qui n’a été appliquée qu’une seule fois dans l’histoire d’Israël, lors de l’exécution d’Adolf Eichmann en 1962, devient ainsi un outil de répression.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou (à gauche), et le ministre de la sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, lors d’une séance au Parlement israélien, à Jérusalem, le 29 mars 2026. OREN BEN HAKOON/REUTERS

Pourquoi cela dérange

À une époque où le terrorisme israélien s’étend dans les territoires occupés, cette loi apparaît comme un reniement des valeurs que l’État hébreu prétend défendre. En se distanciant des principes démocratiques, Israël se retrouve à la traîne des nations qui se battent encore pour les droits de l’homme. Cette loi ne fait que renforcer l’idée que l’État d’Israël, qui se vantait d’être la seule démocratie du Proche-Orient, est en réalité un acteur de l’oppression.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette loi sont alarmantes. Elle ouvre la voie à des exécutions extrajudiciaires déguisées en justice militaire, et ce, dans un contexte où l’armée israélienne est déjà accusée de complicités dans des violences systématiques. Les débats sur les assassinats extrajudiciaires, jadis passionnés, semblent désormais appartenir à un passé révolu.

Lecture satirique

Ironie du sort : les mêmes élus qui se pavanent avec des nœuds coulants sur leurs vestes se présentent comme les défenseurs d’une démocratie fragile. Leur discours sur la sécurité nationale semble déconnecté de la réalité, où la vie des Palestiniens est devenue une variable d’ajustement dans un jeu politique sordide. On pourrait presque croire que la démocratie, pour eux, est un concept à géométrie variable, à condition qu’elle ne menace pas leur pouvoir.

Effet miroir international

Cette dérive israélienne trouve un écho dans les politiques autoritaires à travers le monde, que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs. Les discours de haine et de division semblent être la nouvelle norme, et Israël, en adoptant cette loi, ne fait que rejoindre le club des nations qui piétinent les droits humains au nom de la sécurité.

À quoi s’attendre

Les prochaines semaines pourraient voir un renforcement des tensions dans la région, avec des conséquences tragiques pour les civils. Les promesses de paix et de coexistence semblent s’évanouir, remplacées par une escalade de la violence et de la répression.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Peine de mort pour les Palestiniens accusés de meurtre « terroriste » : une nouvelle étape dans la dérive du gouvernement Nétanyahou
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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