Israël : Gagne-t-il vraiment toutes ses guerres ?
Depuis le 28 février, Tsahal a éliminé des figures majeures d’un régime liberticide, mais la question demeure : qu’est-ce que cela signifie vraiment ?
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Depuis le 28 février, Tsahal, l’armée israélienne, a accompli ce qu’aucune autre armée au monde n’aurait pu faire, annonçant l’élimination de hauts responsables d’un régime assassin et liberticide, dont Ali Khamenei (Guide suprême), Ali Larijani (chef du Conseil suprême de sécurité nationale), Gholamreza Soleimani (chef des bassidji, les milices chargées de la sécurité intérieure), Ali Shamkhani (ancien secrétaire du Conseil de sécurité nationale), Aziz Nassirzadeh (ministre de la défense), et Mohammad Pakpour (commandant du corps des gardiens de la révolution islamique). En prime, le Liban du Sud a été débarrassé de la gangrène du Hezbollah.
Avec plus de 9 000 frappes, Israël a ciblé près de 3 000 sites en Iran, qui fait cinq fois la France. Téhéran, Ispahan, Arak, Qom, Karadj, Kermanshah, idem au Liban du Sud : aucune cible militaire, stratégique ou terroriste n’est épargnée. C’est une guerre sans doute pas juste mais nécessaire, et elle est d’une précision et d’une efficacité spectaculaires.
Ce qui se passe réellement
Mais est-ce qu’Israël a gagné ? À la télé, l’émission « Eretz Nehederet » (« pays merveilleux »), au maximum de l’humour sans filtre, enchaîne les sketchs de plus en plus vitriolés. Israël est une démocratie, on y vote beaucoup, mais c’est toujours le même premier ministre qui est élu. On y voit un faux Benyamin Nétanyahou minauder dans une cafétéria, il a bien cinq doigts mais a une tache sur le front, la tache indélébile de la faute biblique, celle de Caïn après qu’il a tué son frère Abel, celle du 7-Octobre, celle de son gouvernement d’extrême droite, celle de ses dix-sept ans de pouvoir cumulés et – indignité ultime – le retour de la peine de mort.
Pourquoi cela dérange
Dans un contexte où l’on célèbre des victoires militaires, les vérités sur le terrain sont plus nuancées. Les promesses de sécurité se heurtent à la réalité d’une population fatiguée par des conflits incessants. Les sketchs de l’émission révèlent une société qui, derrière le vernis de la démocratie, se débat avec des choix politiques de plus en plus discutables.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette guerre sont multiples : un climat de peur, un renforcement des discours extrêmes, et une population qui, au lieu de se sentir en sécurité, se retrouve dans un cycle de violence perpétuel. Les enfants, par exemple, ne vont plus à l’école comme avant, et les souvenirs d’un passé guerrier sont teintés de nostalgie amère.
Lecture satirique
Les contradictions sont flagrantes : d’un côté, une armée qui se vante de sa précision et de son efficacité, de l’autre, une société qui se demande si elle a vraiment gagné quelque chose. Les sketchs de Eretz Nehederet mettent en lumière ce décalage entre les discours politiques et la réalité vécue par les citoyens. La promesse d’une paix durable semble aussi lointaine qu’une étoile filante.
Effet miroir international
Ce tableau n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Les États-Unis, avec leurs guerres interminables, et la Russie, avec ses politiques expansionnistes, montrent que les victoires militaires ne se traduisent pas toujours par des succès politiques ou sociaux. La satire ici devient un outil puissant pour dénoncer ces incohérences.
À quoi s’attendre
Les tendances visibles suggèrent que la situation pourrait se détériorer davantage. Les tensions internes et externes risquent d’exacerber les conflits, et la population pourrait continuer à souffrir des conséquences de décisions politiques discutables.