Islande : Un référendum pour décider si l’on veut vraiment être européen… ou pas

Le gouvernement islandais propose un référendum le 29 août sur la reprise des négociations d’adhésion à l’UE, une décision qui pourrait faire trembler les glaciers. Mais est-ce vraiment une question de choix ou juste un coup de poker politique ?

Le 6 mars, la ministre des affaires étrangères islandaise, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, a annoncé que le peuple islandais serait appelé à trancher sur la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, suspendues depuis 2015. « Une décision importante attend le peuple islandais », a-t-elle déclaré, comme si le peuple islandais avait vraiment eu son mot à dire dans cette histoire depuis le début.

Ce qui se passe réellement

Pour ceux qui ont raté le train de l’histoire, l’Islande avait déposé sa candidature d’adhésion à l’UE en 2009, après une crise financière qui a fait trembler les fondations de son économie. Les négociations ont eu lieu entre 2010 et 2013, avant d’être suspendues, puis officiellement interrompues en 2015. Maintenant, le gouvernement propose de poser la question au peuple : faut-il poursuivre les négociations ? Oui ou non ? Un vrai choix de société, n’est-ce pas ?

Pourquoi cela dérange

La première ministre, Kristrun Frostadottir, affirme que l’Islande est suffisamment forte pour prendre cette décision. Mais qu’en est-il des 27 chapitres déjà ouverts et des 11 conclus ? Le chapitre sur la pêche, le plus épineux, reste encore à ouvrir. On se demande si le peuple islandais a vraiment envie de se retrouver à la table des négociations avec des pays qui ont des intérêts bien différents des siens.

Ce que cela implique concrètement

Si le référendum aboutit à un « oui », cela signifiera un retour aux négociations, avec toutes les implications que cela comporte, notamment en matière de souveraineté sur les ressources maritimes. Si c’est un « non », cela pourrait signifier un isolement accru, mais au moins, l’Islande pourra continuer à pêcher tranquillement sans avoir à rendre de comptes à Bruxelles.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les dirigeants islandais se présentent comme des champions de la démocratie, alors qu’ils n’ont pas hésité à suspendre les négociations pendant près de huit ans. On pourrait presque croire qu’ils essaient de gagner du temps pour voir quel camp est le plus fort avant de se mouiller. En attendant, les Islandais sont invités à choisir entre deux options, comme si cela suffisait à masquer les véritables enjeux derrière cette décision.

Effet miroir international

En regardant au-delà des fjords, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres pays qui jonglent avec des référendums pour masquer des décisions impopulaires. Que ce soit aux États-Unis, où le populisme fait des ravages, ou en Russie, où le mot « démocratie » est devenu un oxymore, l’Islande semble suivre une tendance inquiétante : celle de faire croire à une consultation populaire tout en gardant le contrôle.

À quoi s’attendre

Les sondages montrent que l’opinion publique est partagée. Une fois de plus, le peuple islandais se retrouve dans une situation où il doit choisir entre deux maux. Que se passera-t-il si le « non » l’emporte ? Un retour à l’isolement ou une nouvelle tentative de négociation dans quelques années ? L’avenir semble aussi incertain que la météo en Islande.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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