Depuis plusieurs saisons, les collections Isabel Marant sont signées par une autre qu’Isabel Marant. En 2025, le flambeau a été remis des mains de la fondatrice de la marque à la visionnaire Kim Bekker qui se livre aujourd’hui dans les colonnes de Marie Claire.

Marie Claire : Vous avez travaillé aux côtés d’Isabel Marant de nombreuses années. Comment cette rencontre s’est-elle faite ?
Kim Bekker : J’ai grandi dans un petit village du sud de la Hollande, près d’Eindhoven, à Nistelrode. À la fin de mes études à l’Académie d’art et de design d’Arnhem, j’ai postulé chez Isabel Marant, mais mon français n’était pas suffisant pour gérer une équipe. Entre-temps, j’ai travaillé chez Chloé, pris des cours de français et j’ai renvoyé ma candidature ! Je me souviens très bien de notre première rencontre et de sa silhouette si iconique. L’échange a été simple et direct. Je suis devenue styliste senior pour la ligne principale et Étoile.

Vous êtes ensuite partie chez Saint Laurent, puis vous êtes revenue en 2021, et vous pilotez désormais seule la direction artistique. Qu’est-ce qui définit l’ADN Isabel Marant ?
C’est surtout une attitude qu’Isabel m’a transmise avec son langage corporel. Elle prend un tissu, le drape sur elle, fait des gestes. La dégaine compte autant que la coupe. Il y a des subtilités dans la construction qui apportent ce côté nonchalant. Quand une silhouette est trop lisse, on cherche à introduire un petit accident pour créer un contraste. Féminin et masculin, boyish avec des jambes nues, des matières fluides avec des pièces construites, des teintes franches et des couleurs délavées… Autant d’oppositions que l’on retrouve dans la collection printemps-été 2026.

Comment s’est passé le passage de flambeau ?
En 2021, j’ai été très touchée qu’Isabel me propose de partager la direction créative. La transition s’est faite progressivement : nous sommes sorties saluer ensemble dès 2023 pour amorcer le changement. À partir de la collection automne-hiver 2025-2026, Isabel a souhaité prendre du recul et j’ai présenté mon premier défilé en solo. Je ne cherche pas à transformer l’ADN, plutôt à y apporter mon regard. J’ai énormément de respect pour ce qu’Isabel a construit, alors oui, je ressens aussi de la pression !

La marque incarne une certaine idée de la Parisienne. Quelle image en avez-vous ?
Une fille nonchalante, élégante, sexy mais sans chercher à l’être. En France, il y a une liberté de mouvement, une indépendance dans la façon de s’habiller. La Parisienne est coiffée mais comme si elle ne l’était pas, maquillée mais à peine. Un je-ne-sais-quoi difficile à définir qu’Isabel, d’ailleurs, a longtemps exprimé par le geste plus que par les mots. Dans la dernière collection, j’ai cherché à convoquer cette sensualité : épaules larges, veste avec une taille marquée, jambes mises en valeur avec des collants plumetis ou dentelle.

Collection Isabel Marant pre-fall 2026

Collection Isabel Marant pre-fall 2026.

Vous venez de présenter votre collection automne-hiver 2026-2027 lors de la Fashion Week parisienne. Comment créez-vous cette énergie particulière pendant les défilés ?
Certaines maisons cultivent une image distante, nous avons choisi de montrer quelque chose de très vivant. En backstage, nous mettons de la musique, nous dansons. Les vêtements sont faits pour être portés avec bonheur. Même lorsque je crée, il y a de la musique dans mon bureau. L’attitude est centrale, du studio jusqu’au podium !

Isabel Marant : Quand la mode se transforme en ballet de succession

Kim Bekker prend les rênes d’Isabel Marant, mais la question demeure : la Parisienne est-elle vraiment prête pour ce changement de garde ?

Depuis plusieurs saisons, les collections Isabel Marant sont signées par une autre qu’Isabel Marant. En 2025, le flambeau a été remis des mains de la fondatrice de la marque à la visionnaire Kim Bekker qui se livre aujourd’hui dans les colonnes de Marie Claire. Mais est-ce vraiment un passage de témoin ou un simple coup de théâtre ?

Ce qui se passe réellement

Kim Bekker, originaire d’un petit village du sud de la Hollande, a fait ses armes chez Chloé avant de revenir chez Isabel Marant. Son parcours est un récit de persévérance : après avoir amélioré son français, elle a réussi à se faire une place dans le monde de la mode. Mais, au-delà de l’histoire personnelle, qu’est-ce qui définit l’ADN Isabel Marant ? Selon Bekker, c’est une attitude, un langage corporel, une dégaine qui mélange le féminin et le masculin, le construit et le fluide. Une recette qui semble prometteuse, mais qui pourrait aussi être un simple mélange d’ingrédients déjà vus.

Pourquoi cela dérange

Le passage de flambeau a été présenté comme une transition douce, mais n’est-ce pas là une manière de masquer une réalité plus brutale ? La mode, tout comme la politique, a ses propres règles de succession, souvent teintées d’incohérences. La pression sur Bekker est palpable, et elle le reconnaît. En effet, elle ne cherche pas à transformer l’ADN de la marque, mais à y apporter son regard. La question est : ce regard sera-t-il suffisant pour séduire une clientèle de plus en plus exigeante ?

Ce que cela implique concrètement

Les collections à venir, notamment celle de printemps-été 2026, promettent des silhouettes audacieuses, mais le risque de tomber dans la redite est omniprésent. La mode est un éternel recommencement, et la ligne entre l’innovation et le plagiat est souvent floue. La Parisienne, avec son allure nonchalante, pourrait bien se retrouver piégée dans un jeu de miroirs où chaque reflet est une promesse non tenue.

Lecture satirique

Dans un monde où les discours politiques sont souvent déconnectés de la réalité, la mode ne fait pas exception. Kim Bekker évoque une Parisienne « coiffée mais comme si elle ne l’était pas », une image qui pourrait facilement être appliquée à certains leaders politiques qui se présentent comme des réformateurs tout en conservant les mêmes vieilles méthodes. La mode, tout comme la politique, est une question de style, mais peut-on vraiment se fier à une nouvelle direction artistique qui ne fait que réchauffer de vieux plats ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, les changements de leadership dans les marques de mode peuvent être comparés aux transitions politiques dans des pays comme les États-Unis ou la Russie. Les promesses de renouveau sont souvent suivies de déceptions. La mode, tout comme la politique, est un théâtre où les acteurs changent, mais les scénarios restent souvent les mêmes.

À quoi s’attendre

Les collections à venir de Kim Bekker pourraient bien être un test décisif pour la marque. La tendance actuelle penche vers une mode qui célèbre l’individualité, mais la question demeure : cette individualité sera-t-elle vraiment au rendez-vous ou ne sera-t-elle qu’un écho des tendances passées ?

Sources

Source : www.marieclaire.fr

Visuel — Source : www.marieclaire.fr
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