Isaac De Razilly : L’Amiral Français qui a Déclenché une Guerre Civile au Maroc

Une mission de libération des captifs ou un plan colonial déguisé ? Isaac De Razilly, l’amiral français du XVIIe siècle, a transformé un acte de bravoure en un conflit dévastateur.

INTRODUCTION

Isaac De Razilly, ce noble aventurier de la marine française, a fait un saut au Maroc sous le règne de Louis XIII, avec des intentions qui, disons-le, ne sentaient pas la rose. En 1619, il part en mission d’observation militaire, mais quelques années plus tard, il se retrouve à Salé, prétendant libérer des chrétiens réduits en esclavage. Mais, comme souvent dans l’histoire, les apparences sont trompeuses. Près de la rivière Bouregreg, ses véritables ambitions coloniales se révèlent, déclenchant une guerre civile qui met à mal ces cités prospères.

Ce qui se passe réellement

George Joffe, professeur à l’Université de Cambridge, explique dans son ouvrage « Afrique du Nord : nation, État et région » que De Razilly n’avait pas seulement pour objectif de libérer des esclaves français. Non, il souhaitait également mettre un terme aux activités des corsaires marocains. Ces derniers, en ravageant les transports maritimes espagnols et français, apportaient un butin juteux à Rabat. En d’autres termes, l’amiral français s’est aventuré en Afrique du Nord pour faire ce que l’Espagne n’avait pas réussi : contrer la menace des corsaires de Salé.

Le 27 juin 1629, De Razilly met le cap sur le Maroc avec dix navires, mandaté pour obtenir la libération de captifs français. À son arrivée à Rabat, il se heurte au refus du Diwan, le conseil dirigeant la République de Salé. Dans ses mémoires, il affirme que 6 000 chrétiens auraient été capturés par les corsaires salétins entre 1618 et 1626. Face à l’intransigeance du Diwan, qui exigeait 100 canons et un million de livres, De Razilly impose un blocus maritime. Son escadron saisit et incendie sept navires corsaires après un mois et demi de siège.

Pourquoi cela dérange

Le blocus imposé par De Razilly affaiblit considérablement la République de Bouregreg, menant à une guerre civile entre Salé et Rabat. Ce conflit trouve son origine dans les pertes infligées par De Razilly, la pénurie alimentaire due au blocus et le refus du Diwan de négocier. En fermant l’accès aux ports, De Razilly étrangle économiquement les deux villes, qui dépendent de leurs activités maritimes. Acculés par les conséquences économiques, le Diwan finit par lever le drapeau blanc et négocier une trêve avec les Français.

Ce que cela implique concrètement

Le 2 octobre 1629, De Razilly et le Diwan de Salé signent une trêve de cinq mois. Les conditions incluent la libération de tous les captifs français, la levée du blocus et la fin des raids corsaires contre les Français. À l’issue du blocus, les corsaires de Salé ne retrouveront jamais leur puissance d’antan. Leur flotte se réduit considérablement, tout comme le nombre de corsaires opérant pour le Diwan.

Lecture satirique

Ah, la belle promesse de libération des captifs ! En réalité, De Razilly a réussi à libérer un grand nombre de captifs sans verser un centime, mais à quel prix ? Une guerre civile, une économie étranglée, et des villes prospères réduites à néant. Cela rappelle étrangement les discours politiques d’aujourd’hui, où les promesses de paix et de prospérité cachent souvent des intentions bien plus sombres.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des rives du Bouregreg, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques autoritaires contemporaines. Des dirigeants qui prétendent agir pour le bien de leur peuple tout en poursuivant des agendas cachés. La rhétorique de la « protection » et de la « libération » est souvent utilisée pour justifier des actions qui ne sont rien d’autre que des manœuvres de pouvoir.

À quoi s’attendre

Les conséquences de cette guerre civile ont été dévastatrices, et il est prudent de dire que les tensions entre les nations ne sont jamais vraiment résolues. Les leçons de l’histoire nous rappellent que les ambitions coloniales, même sous le couvert de la libération, laissent souvent des cicatrices indélébiles.

Sources

Source : www.yabiladi.com

Visuel — Source : www.yabiladi.com
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