Intoxication alimentaire à l’Ehpad : sept ans d’attente pour la justice

Mise à jour le 2026-03-23 06:00:00 : Cinq résidents de l’Ehpad « La Chêneraie » sont morts en 2019 après une intoxication alimentaire. L’affaire n’a toujours pas été jugée.

C’est un bien triste anniversaire qui attend Céline et Emmanuel Courvoisier dans quelques jours. Le 31 mars prochain, cela fera 7 ans que leur maman Suzette est décédée d’une intoxication alimentaire dans l’Ehpad du groupe Korian où elle résidait.

Baptisé « La Chêneraie » et situé à Lherm (Haute-Garonne), cet établissement est toujours en fonctionnement. Il a été le théâtre d’un drame dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2019. Après avoir pris leur dîner ce soir-là, 26 résidents sont tombés malades, et cinq d’entre eux sont morts, dont Suzette Courvoisier, alors âgée de 75 ans.

Des prélèvements ont été réalisés au lendemain du drame dans les cuisines de l’Ehpad. Ils ont révélé de nombreuses négligences, dont la rupture de la chaîne du chaud et du froid. Une infection bactérienne aurait été présente sur la main d’une personne en charge de préparer des repas, contaminant la nourriture. Une armoire de maintien des plats au chaud signalée comme défectueuse dès 2017 mais toujours en service en mars 2019, n’aurait pas permis de maintenir les repas à la bonne température. « C’est incompréhensible de laisser une négligence pareille », s’indigne aujourd’hui Céline, l’une des deux filles de Suzette Courvoisier.

Quatre personnes ont été mises en examen dans l’affaire dont le directeur de l’établissement, pour homicides involontaires et violation d’une obligation de sécurité. Le cuisinier, le chef cuisinier ainsi que la responsable de la restauration font également l’objet de poursuites. Mais depuis sept ans, les faits n’ont toujours pas été jugés. Aucune date de procès n’a même été annoncée.

Une des personnes mises en examen a même demandé l’abandon des poursuites, invoquant un vice de procédure qui pourrait annuler une expertise essentielle du dossier. Une requête en nullité d’action a été formulée et une audience a eu lieu jeudi 19 mars 2026 au Palais de Justice de Toulouse pour déterminer si cette expertise est toujours valable.

Pour les proches des victimes, c’est l’incompréhension.

« C’est un peu la triple peine. On perd notre maman. Pendant sept ans la Justice a été à l’arrêt, et puis aujourd’hui, au-delà d’être arrêtée, on fait trois pas en arrière en nous disant : Mais non les analyses qui ont été faites en 2019 on ne peut pas les prendre en compte ! », s’exclame Emmanuel Courvoisier, le fils de Suzette Courvoisier.

Une situation difficile à concevoir pour lui et sa sœur Céline.

On attend que la Justice fasse son travail et puis juge. Qu’il manque une pièce au dossier ou qu’il manque une signature, ça ne remet pas en cause les faits

Emmanuel Courvoisier, fils de l’une des victimes.

« Les personnes qui sont mises en cause font feu de tout bois pour essayer de se départir de l’étau qui se resserre, mais hormis la question de la prestation de serment de l’expert en question, dont on ne trouve pas trace dans le dossier, pour le reste, la procédure est relativement claire, simple et je ne suis pas très inquiet », confie Me Nicolas Raynaud de Lage, l’avocat de la famille Courvoisier.

De son côté, Me Mauricia Courrégé, l’avocate d’une ancienne salariée de l’Ehpad mise en examen et à l’origine de la requête en inaction auditionnée ce jeudi, se défend de vouloir ralentir la procédure.

« Il y a un intérêt général à ce qu’on ait un dossier qui soit carré, qui soit correctement constitué. Quand une partie estime que les conditions légales ne sont pas réunies, elle demande à la chambre d’instruction de vérifier ce qu’il en est. Tout le monde a intérêt à ce que ça avance », assure-t-elle.

La décision de la chambre de l’instruction est attendue pour le 7 mai prochain. Elle déterminera si un procès pourra se tenir prochainement dans cette affaire.

Article rédigé à l’aide du reportage France 3 Occitanie de Cécile Fréchinos et Frédéric Desse.

Ce qu’il faut savoir

  • Le fait : Cinq résidents de l’Ehpad « La Chêneraie » sont morts en 2019 après une intoxication alimentaire.
  • Qui est concerné : Les résidents de l’Ehpad et leurs familles.
  • Quand : Le drame s’est produit dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2019.
  • Où : Lherm, Haute-Garonne, France.

Sources

Source : France 3 Régions

Visuel d’illustration — Source : france3-regions.franceinfo.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-03-23 06:00:00 — Site : france3-regions.franceinfo.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-03-23 06:00:00 — Slug : cest-la-triple-peine-sept-ans-apres-la-mort-de-cinq-personnes-a-lehpad-de-lherm-le-dossier-menace-dannulation

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