Indemnisation des victimes à Kisangani : un audit pour éviter les fraudeurs… ou pour mieux les choisir ?

Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, relance le processus d’indemnisation des victimes de la « guerre de six jours » à Kisangani, mais avec un audit qui pourrait bien retarder encore la justice.

Le 7 avril, le ministre Ngefa a annoncé une relance tant attendue du processus d’indemnisation pour les victimes de la guerre de six jours à Kisangani. Mais attention, pas question de distribuer les fonds comme des bonbons : un audit rigoureux est exigé pour écarter les victimes fictives. Parce qu’après tout, qui aurait l’idée saugrenue de vouloir indemniser des gens qui ont réellement souffert ?

Ce qui se passe réellement

Lors d’un échange avec les victimes, le ministre a précisé que les indemnisations collectives seraient immédiates, mais que les paiements individuels nécessiteraient un assainissement de la base de données. L’objectif ? Que les fonds publics bénéficient uniquement à ceux ayant réellement subi des préjudices. Une belle promesse, n’est-ce pas ?

Un audit soutenu par les bénéficiaires

Étonnamment, cette démarche d’identification a trouvé un écho favorable chez certaines victimes. Atex Atembone, l’une des représentantes, a même salué l’initiative, arguant que cet audit permettrait de distinguer les vraies victimes des fraudeurs. Mais à quel prix ? Les fonds leur appartiennent de droit, et certains participants ont plaidé pour une relance sans délai. Le ministre, quant à lui, rappelle que l’État a l’obligation de protéger sa population tout en gérant ses finances. Une belle déclaration, mais qui semble un peu déconnectée de la réalité.

Pourquoi cela dérange

La contradiction est flagrante : d’un côté, l’urgence d’indemniser des victimes qui attendent depuis plus de 25 ans, et de l’autre, un audit qui pourrait bien devenir un prétexte pour retarder encore la justice. En somme, un processus qui semble plus bureaucratique qu’humanitaire.

Ce que cela implique concrètement

Pour des milliers de familles, cette indemnisation est une question sociale majeure. Les victimes de la guerre de six jours, qui n’ont toujours pas reçu leur acompte via le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), se retrouvent une fois de plus à la croisée des chemins, attendant que l’État daigne enfin agir.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir un ministre promettre des indemnisations tout en imposant un audit. Cela rappelle ces promesses électorales qui se perdent dans les méandres de l’administration. On pourrait presque croire que l’audit est une manière de dire : « Nous voulons aider, mais pas trop vite, surtout pas avant les prochaines élections. » Ironie du sort, les victimes sont les premières à subir les conséquences de cette lenteur administrative.

Effet miroir international

En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques autoritaires qui, sous prétexte de « protection » ou de « transparence », retardent l’accès à la justice. Les États-Unis et la Russie ont également leurs propres manières de gérer les crises, souvent au détriment des plus vulnérables. Un triste reflet de ce qui se passe à Kisangani.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, il est probable que les victimes devront encore patienter. L’audit pourrait bien se transformer en un long processus bureaucratique, laissant les familles dans l’incertitude. Espérons que cette situation ne devienne pas un exemple de ce que l’on appelle la « justice à la sauce administrative ».

Sources

Source : www.radiookapi.net

Visuel — Source : www.radiookapi.net
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