Incendie de Crans-Montana : Quand la négligence se transforme en impunité
41 morts, 115 blessés, et pourtant, les propriétaires du bar Le Constellation pourraient éviter la prison. Bienvenue en Suisse, où la négligence a des conséquences étonnamment légères.
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Un bien triste anniversaire. Ce samedi, cela fait 100 jours que l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana (Suisse) a fait 41 morts et 115 blessés.
Ce qui se passe réellement
Pour marquer le coup, nos confrères du média suisse Blick font le point avec Marianne Heer, 70 ans, présentée comme une ex-procureure et professeure de droit pénal à l’Université de Berne. Elle détaille surtout quelle peine attend les neuf prévenus, poursuivis pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. Y compris les propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti.
Pour elle, pas de doute, Jacques et Jessica Moretti peuvent échapper à la prison.
« L’attente d’une peine proportionnelle au préjudice est grande et ne sera probablement pas satisfaite »
En Suisse, le délit d’homicide par négligence est puni « d’une peine maximale de trois ans » de prison. « Les autres infractions pourraient alourdir la peine d’un an et demi. Soit un total de quatre ans et demi », écrivent nos confrères. « Quatre ans et demi de prison pour une négligence, je n’ai moi-même jamais vu cela! », s’exclame Marianne Heer. Elle s’explique : « Si aucune nouvelle preuve substantielle n’est mise au jour, les Moretti pourraient aussi s’en tirer avec une peine de prison avec sursis ou une amende. Une telle peine est possible jusqu’à deux ans, parfois même jusqu’à trois ans avec sursis ». « L’attente d’une peine proportionnelle au préjudice (et donc au nombre de victimes) est grande et ne sera probablement pas satisfaite », estime-t-elle.
Une affaire suivie dans le monde entier. Avec des enquêteurs qui doivent faire avec une pression qui vient de tous les côtés : des victimes, de leurs familles, des médias, de l’opinion publique…
Selon Marianne Heer, « il pourrait s’écouler une bonne année, voire plus, avant une inculpation ». En attendant, l’enquête suit son cours. Jacques Moretti devait être entendu mardi dernier. Prétextant des soucis de santé, son audition a été reportée.
Pourquoi cela dérange
Il est fascinant de constater que, dans un pays réputé pour sa rigueur et son efficacité, la négligence meurtrière pourrait être punie par une simple tape sur les doigts. La question se pose : la vie humaine a-t-elle un prix en Suisse ?
Ce que cela implique concrètement
Les victimes et leurs familles doivent faire face à une réalité cruelle : la justice pourrait ne pas être à la hauteur de leur douleur. Pendant ce temps, les responsables potentiels se frottent les mains, attendant que la tempête passe.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir comment la loi suisse semble s’adapter aux circonstances. « Négligence ? Pas de souci, un petit sursis et tout ira bien ! » Cela rappelle étrangement les promesses politiques de certains dirigeants qui, face à des crises, préfèrent la parole à l’action. En somme, un bel exemple de décalage entre promesse et réalité.
Effet miroir international
Dans un monde où les dérives autoritaires se multiplient, de la Russie aux États-Unis, il est crucial de se demander si la Suisse, avec sa légèreté judiciaire, ne prépare pas le terrain pour des dérives similaires. Après tout, si la négligence peut tuer sans conséquence, qu’en est-il des droits fondamentaux ?
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, il est probable que les Moretti ne soient jamais tenus responsables de leurs actes. Une situation qui pourrait encourager d’autres à agir avec la même légèreté, en pensant que la négligence est une voie sans issue.



