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Inass Touloub : 39 ans après sa mort, ses parents jugés à partir du 2 novembre

Retrouvée morte au bord de l’A10 le 11 août 1987, Inass Touloub est restée sans identité pendant plus de trente ans. L’enquête menée pour retrouver son nom s’est heurtée à l’absence de signalement et aux limites des moyens disponibles à l’époque. Ses parents doivent comparaître à partir du 2 novembre devant la cour d’assises de Blois, près de 39 ans après les faits.

Family portrait celebrating a child's second birthday with a cake.
Barde_Shots · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une fillette retrouvée au bord de l’autoroute

Explore the serene French coast with boats stranded on shore during low tide, under a bright blue sky.
Lionel Dumont · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Deux agents de Cofiroute découvrent le corps vers 15 heures, au kilomètre 135 de l’A10, entre Orléans et Tours. L’enfant est enveloppée dans une couverture bleue. Elle porte une robe de chambre par-dessus ses vêtements, mais a été laissée en bord de route, à la vue des passants.

Les premières constatations révèlent des violences répétées. L’autopsie met en évidence des brûlures, des hématomes d’âges différents, des fractures récentes et plus anciennes, ainsi que de nombreuses morsures. Selon le médecin légiste, la mort ne serait probablement pas survenue brutalement, mais après une succession de traumatismes.

Faute de nom, les enquêteurs la désignent comme « la petite martyre de l’A10 ». Son âge est estimé entre 3 et 5 ans. Malgré l’ampleur des recherches, personne ne signale sa disparition : ni sa famille, ni l’école, ni les services sociaux.

Des recherches sans piste durable

Le lendemain de la découverte, les gendarmes interrogent les habitants de Suèvres, le village le plus proche, et des communes voisines. Pour éviter de choquer la population, ils diffusent un portrait-robot plutôt qu’une image de l’enfant, dont le visage porte de nombreuses morsures.

Les investigations s’étendent aux registres d’état civil, aux services sociaux et aux établissements de santé. À la rentrée, les enquêteurs visitent 19 000 écoles maternelles et 63 000 écoles primaires. Ils croisent aussi les fichiers de la CAF de la région Centre avec ceux des établissements scolaires. À l’automne, 130 000 affiches sont distribuées en France et dans trente pays. Les appels reçus ne permettent pas d’identifier la fillette.

Pour le juge d’instruction Georges Domergue, l’absence de signalement et la durée des sévices orientent rapidement les enquêteurs vers l’entourage de l’enfant. « Identifier la fillette, c’est trouver ses tortionnaires », explique-t-il dans le récit de l’enquête. Mais chaque piste explorée débouche sur une impasse.

Une affaire relancée par l’ADN

En 1987, les enquêteurs ne disposent ni des images de vidéosurveillance des péages ni des téléphones portables, et l’ADN n’est pas encore utilisé dans les enquêtes criminelles. Des témoins disent avoir vu une voiture blanche s’arrêter sur le bas-côté et un homme en déposer un objet. Ces indications ne suffisent pas à identifier un suspect.

Après le départ de Georges Domergue en 1989, le juge continue à suivre le dossier. Un non-lieu est prononcé en 1991, faute de nouvelles pistes, et l’affaire est officiellement refermée. L’ADN prélevé sur la scène de crime permet toutefois une avancée le 27 avril 2017 : une correspondance est établie avec un homme qui se révèle être le frère d’Inass. Son identité est ainsi retrouvée après des décennies d’anonymat.

Rémy Maunier, qui dirigeait alors la Section de recherches d’Orléans et a supervisé l’enquête pendant quinze mois, dit avoir ressenti un « immense soulagement » lorsque la fillette a été identifiée. Il confie aussi que cette affaire ne l’a jamais quitté.

Les parents attendus devant les assises

Halima El Bakhti et Ahmed Touloub doivent comparaître à partir du 2 novembre devant la cour d’assises de Blois. La mère est poursuivie pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ; le père pour complicité. Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Ces poursuites ne préjugent pas de la décision de la cour.


Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Caroline Politi

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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